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Chine 2008, feu !


Combien d'exécutions en Chine dûrant les JO 2008 ?
 
4 pays se partagent 94% des éxécutions : Chine, USA, Arabie Saoudite, Iran

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Presse internationale

Samedi 22 décembre 2001

Zacarias Moussaoui, 33 ans, soupçonné d’être le 20e membre des commandos qui ont détourné les quatre avions du 11 septembre, avait été arrêté avant les attentats. Il devra répondre le 2 janvier 2002, devant un tribunal fédéral, de six chefs d’inculpation, dont quatre passibles de la peine de mort.

« Al Qaida se retrouve aujourd’hui devant une justice qu’elle exècre et face à un jugement qu’elle redoute » : avec un bon sens de la formule, l’attorney général John Ashcroft (ministre américain de la Justice) a laissé prévoir un procès historique, sans attendre la conclusion de la plus vaste enquête criminelle jamais lancée à travers le monde.

La date était choisie. C’était trois mois tout rond après le carnage du 11 septembre et, accessoirement, à la veille d’une visite d’Ashcroft en Europe. L’inculpé et son dossier, vus de Washington, ne font pas l’ombre d’un doute non plus.

Détenu depuis trois mois comme simple témoin, Zacarias Moussaoui est soupçonné d’être le 20e des détourneurs d’avions, celui qui n’a pas pu commettre son forfait parce qu’il a été arrêté fortuitement.

Cette première inculpation recouvre «un itinéraire diabolique», a observé John Ashcroft.

Membre actif du complot, Zacarias Moussaoui « a participé aux mêmes entraînements, reçu les mêmes fonds et fait le même serment de tuer les Américains » que les pirates qui ont trouvé la mort aux commandes des quatre avions détournés.

Dans l’acte d’inculpation, Oussama ben Laden est nommément désigné comme coconspirateur de Zacarias Moussaoui. Le dossier, d’une trentaine de pages, a été rédigé en Virginie, par un «grand jury» d’instruction.

Les six chefs de conspiration retenus sont le terrorisme, la piraterie aérienne, la destruction d’aéronef, le recours à des armes de destruction massive, le meurtre de fonctionnaires américains et la destruction de biens.

Zacarias sera déféré début janvier devant un tribunal de Virginie, ce qui signifie qu’il sera jugé par un tribunal fédéral, et non pas par l’un des tribunaux militaires instaurés par le président George W. Bush.

Le Français avait été arrêté le 17 août, dans le Minnesota, pour infraction aux lois sur l’immigration. Il y avait attiré l’attention en cherchant à s’initier au pilotage des Boeing 747, « dans les virages uniquement ».

Pressé, excité, mauvais pilote, il se précipitait sur le simulateur de vol, refusant d’apprendre les techniques de décollage ou d’atterrissage, et payait ses leçons en liquide. Intrigués par son comportement, les responsables de l’école ont alerté le FBI.

Zacarias Moussaoui était en possession d’un faux passeport algérien et d’un visa américain périmé.

Le jeune Français est aussitôt arrêté pour infraction aux lois sur l’immigration. A l’époque, les autorités fédérales ne s’attardent pas sur le personnage. Washington refuse même au bureau local du FBI de perquisitionner chez lui et d’ouvrir son ordinateur. Pourtant la DST, le contre-espionnage français, alerte très vite les autorités fédérales.

Fiché en France depuis 1999

Né à Saint-Jean-de-Luz, Moussaoui est fiché par la police française depuis 1999. Le jeune homme est passé par des camps d’entraînement en Afghanistan. La DST le soupçonne, sans preuves formelles, d’appartenir au réseau Al Qaida.

Elevé dans une famille marocaine tranquille, Moussaoui a basculé dans l’islamisme radical lorsqu’il s’est installé en Grande-Bretagne, en 1992 pour poursuivre ses études commerciales et apprendre l’anglais.

A Londres, où il a vécu neuf ans, Moussaoui a suivi les prêches de cheik Abou Qoutada, un imam palestinien, aujourd’hui considéré comme le chef spirituel d’Al Qaida en Europe.

Très vite, sa famille ne le reconnaît plus. Au contact des fondamentalistes de Londres, son discours antioccidental se durcit. Jusqu’à son départ pour les Etats-Unis, en février.

Encouragé par Mohamed Atta, le chef des kamikazes, il prend des cours de pilotage. En octobre, Moussaoui a écrit à sa mère depuis sa prison de New York.

« Je me porte bien. Je n’ai pas peur (...). Ils fabriquent des preuves contre moi, mais ma vie n’est pas entre leurs mains. Allah a déjà écrit ce qui doit se passer. »



Jean-Jacques MEVEL à Washington
avec Alexandrine Bouilhet à Paris


Par Jean-Jacques MEVEL (Washington)/ Alexandrine Bouilhet (Paris)
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Mardi 1 juillet 2003

Avec les attentats meurtriers de Casablanca le 16 mai 2003, une illusion s’est dissipée. Celle d’un Maroc à part, d’un royaume singulier : arabe, mais protégé des tourments du Proche-Orient par sa proximité avec l’Europe ; musulman, mais immunisé contre l’islamisme radical par un monarque descendant en ligne directe du prophète Mahomet et doté du statut de commandeur des croyants. L’heure est au blindage sécuritaire et à la restriction des libertés.

En moins d’une heure, le 16 mai dernier, l’image de ce Maroc rassurant aux yeux de l’Occident a volé en éclats. Cinq cibles dans le centre de Casablanca, la capitale économique du royaume, 43 morts - dont 13 jeunes kamikazes venus des bidonvilles - et une centaine de blessés : le Maroc a basculé ce soir-là dans une violence aveugle dont les autorités commencent tout juste à mesurer les conséquences. En dépit des paroles rassurantes des dirigeants, elles s’annoncent désastreuses sur le plan politique et économique. Un Maroc idéalisé, celui d’un royaume ancestral qui aurait réussi la synthèse miraculeuse de la modernité et de la tradition, a littéralement explosé. Il y aura un Maroc d’avant le 16 mai et un Maroc d’après le 16 mai 2003.

Les premières retombées sont déjà là, bien palpables. C’est vrai sur le plan économique. De petits signes en portent témoignage, comme ces projets de films à gros budget brusquement annulés par des majors américaines pour des raisons de sécurité. Le royaume, qui avait investi dans ce secteur d’avenir, a perdu son statut de terre promise pour les cinéastes anglo-saxons. Plus inquiétant : sous couvert d’anonymat, un ministre a reconnu que, conséquence des attentats du 16 mai, le taux de la croissance économique risquait d’être réduit de moitié cette année. Les touristes européens, les investisseurs étrangers, les travailleurs émigrés doutent de l’avenir du royaume et rechignent à faire comme si de rien n’était.

Mais c’est sur le plan sécuritaire que le changement apparaît le plus spectaculaire. Douze jours après les attentats, dans un bref discours lu d’un ton appliqué à la radio et à la télévision, le roi Mohammed VI a décrété « la fin de l’ère du laxisme ». « L’heure de vérité a sonné [pour] ceux qui exploitent la démocratie dans le but de porter atteinte à l’autorité de l’Etat », a-t-il dit. Et le souverain de dénoncer « certains milieux » accusés de faire un « mauvais usage de la liberté d’opinion » et de se cantonner « dans une opposition systématique aux orientations des pouvoirs publics ».

Le roi n’a pas été plus précis, mais tout le monde a compris le message : les islamistes, toutes tendances confondues, la presse indépendante, les organisations de défense des droits humains sont dans le collimateur du régime. Ils étaient de plus en plus mal vus (1) ; ils seront désormais combattus sans s’embarrasser des moyens.

L’affaire Lmrabet

A dire vrai, le Palais royal veut mettre un point final à un « laxisme » qui n’a jamais existé. Au contraire, depuis des mois, une reprise en main était perceptible dont témoigne, jusqu’à la caricature, la dramatique histoire du journaliste Ali Lmrabet, condamné à quatre ans de prison ferme (peine ramenée à trois ans en appel) pour, entre autres motifs, « outrage à la personne du roi ». Qu’on juge de son crime : dans les colonnes de son journal, Demain Magazine, il a osé publier un photomontage égratignant des responsables politiques, reproduire des extraits de l’interview d’un « républicain » marocain favorable à l’autodétermination des Sahraouis et, enfin, donner des indications chiffrées sur le budget du Palais royal. Il est vrai que ce dernier - beaucoup plus élevé que celui, par exemple, de la famille royale espagnole - est traditionnellement voté sans discussion par le Parlement et que la presse a pour consigne de ne pas en parler.

Le cas d’Ali Lmrabet est un exemple des dérives autoritaires du régime. D’autres, qui ont rencontré moins d’écho à l’extérieur, visent les services de sécurité, accusés d’avoir recours aux enlèvements et à la torture, comme naguère au cours des années les plus noires du règne de Hassan II. La révélation par la presse américaine que, pour des raisons d’efficacité, la CIA n’a pas hésité à sous-traiter aux Marocains l’interrogatoire de détenus de Guantanamo, accusés de terrorisme, n’est pas faite pour améliorer l’image d’une monarchie qu’on disait réconciliée avec la démocratie. « Le Maroc est en train de renouer avec les pratiques du passé dans ce qu’il a de plus archaïque, de plus injuste et de plus inhumain », déplore l’écrivain Abdelhak Serhane, l’une des rares voix encore libres.

Désormais, le régime a les coudées franches. Dans la foulée des attentats, le Parlement a adopté une loi antiterroriste qui, en des temps moins confus, aurait fait descendre dans la rue les démocrates tant le nouveau texte marque un renforcement des pouvoirs de police. Est considéré comme terroriste « tout acte prémédité, individuel ou collectif, ayant pour but de porter atteinte à l’ordre public par la terreur et la violence ». Vague, la définition autorise tous les abus.

Les autres articles vont dans le sens d’une restriction des libertés : la garde à vue a été portée à douze jours (trois jours renouvelables quatre fois) ; les perquisitions à domicile sont désormais possibles à toute heure du jour et de la nuit ; les règles qui encadrent l’interception du courrier, les écoutes téléphoniques et la violation du secret bancaire sont assouplies. Enfin, un alourdissement des sanctions pénales a été adopté. Celui qui encourait vingt ans de prison en risque dorénavant trente ; celui qui encourait un emprisonnement à vie risque d’être sanctionné par la peine de mort. « Il y a un durcissement très net du régime », observe le président de l’Association marocaine des droits de l’homme, M. Amine Abdelhamid.

Rares sont les voix à oser critiquer le tour de vis sécuritaire. Les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD) qui siègent à la Chambre des représentants (l’équivalent de la Chambre des députés), où ils constituent la principale force de l’opposition, avaient osé critiquer en termes vifs le projet de loi. Au printemps, ils faisaient part de leur intention de voter contre le texte « liberticide ». C’était avant les attentats-suicides. L’émotion soulevée par les explosions du 16 mai a eu raison de leurs bonnes résolutions, et c’est à la quasi-unanimité (une seule abstention) que le texte a été voté par la Chambre des représentants. La Chambre des conseillers (une sorte de Sénat) lui a emboîté le pas comme un seul homme.

Cet unanimisme cache mal la fracture mortelle qui traverse le royaume, divise l’opinion et malmène ses élites. Le débat de fond concerne l’islamisme politique, sa responsabilité dans les attentats de Casablanca et, au-delà, sa place dans une société tiraillée par des aspirations difficiles à concilier. Lorsque des textes circulent sous le manteau qui font l’apologie d’un « gouvernement islamique tiré exclusivement des textes du Coran et de la tradition », la tentation existe de faire l’amalgame et de vouloir rejeter les islamistes de tous bords. Le Maroc bien-pensant n’échappe pas à ce penchant annonciateur de vents mauvais pour le pays. En témoigne l’exemple récent de l’Algérie ou celui d’autres Etats du Proche-Orient, confrontés à des situations voisines. Chaque fois, le pouvoir en place s’est appuyé sur les « démocrates laïques » pour éradiquer les islamistes et, la besogne achevée, il s’est retourné contre ses anciens alliés...

Parce qu’il est le seul parti islamiste autorisé par le Palais, le PJD focalise les attaques menées par les « éradicateurs » contre les « barbus ». « C’est la politique du PJD qui a incité des jeunes à commettre ces actes ignobles », accuse la présidente de la Ligue démocratique pour les droits de la femme (LDDF), Mme Najat Ikhich. Les responsables du PJD « n’ont cessé depuis la légalisation de leur mouvement d’utiliser la religion à des fins politiques », écrivait récemment le quotidien des anciens communistes, Al Bayane, tandis qu’un autre journal appelait les pouvoirs publics à mettre fin au « laxisme » dont se seraient rendues coupables les autorités.

Dans une claire allusion aux islamistes du PJD, le quotidien des socialistes, Libération, montrait du doigt sans les nommer ceux qui pratiquent « le terrorisme dans sa forme soft, civile » et font peser « une chape de plomb sur le paysage culturel et social ». Pour faire bonne mesure, le numéro deux du Parti socialiste marocain (USFP), M. Mohamed El Yazhri (candidat pour diriger le parti de Mehdi Ben Barka), n’a pas hésité à exiger publiquement des islamistes du PJD qu’ils demandent pardon aux Marocains pour les crimes commis par les kamikazes du 16 mai. Que le PJD se soit tout de suite désolidarisé des attentats, qu’il prône depuis toujours la non-violence, qu’il ne perde pas une occasion de dire son attachement au trône, apparemment, ne suffit pas à apaiser les esprits.

La « marche contre le terrorisme » organisée fin mai à Casablanca a illustré jusqu’à la caricature l’incapacité des « démocrates laïques » à dialoguer avec les islamistes modérés. Fallait-il ou non accepter la participation des islamistes ? Leur faire une place ou les ostraciser ? La question a agité les organisateurs venus de la société civile, suscité des débats confus, engendré querelles et anathèmes. Finalement, les « barbus », poussés par les pouvoirs publics, ont préféré demander à leurs partisans de rester à la maison. Moyennant quoi, la manifestation dans le centre de Casablanca - une agglomération de plus de 5 millions d’habitants - n’a réuni que quelques dizaines de milliers de personnes, employés municipaux compris. Même s’ils répugnent à l’admettre, le résultat est en deçà des espoirs des organisateurs.

L’islamisme politique fait d’autant plus peur à la frange occidentalisée de la société qu’il est probablement majoritaire à l’échelle du pays. Bien entendu, ce n’est pas ce que montrent les résultats des élections législatives de septembre 2002, qui ont placé les « barbus » derrière les socialistes de l’USFP, et les nationalistes de l’Istiqlal. Mais que vaut un scrutin réputé « libre et honnête » dont les résultats bureau de vote par bureau de vote n’ont jamais été publiés - une première dans l’histoire du Maroc ?

A défaut de chiffres, il reste les informations distillées par les uns et les autres. Toutes vont dans le même sens : le vert des islamistes est la couleur dominante du royaume. Et si les chiffres n’avaient pas été « arrangés » par l’administration, ce n’est pas une quarantaine de sièges qu’aurait remportés le PJD, mais 70, alors même que la formation islamiste ne présentait de candidats que dans 56 circonscriptions sur les 96 que compte le royaume...

Il faut tordre le cou à un autre mensonge, celui de la participation. Les témoignages des journalistes espagnols - venus en nombre quand la presse française ne s’est guère intéressée au scrutin -, les confidences anonymes de responsables politiques se rejoignent pour dire qu’un électeur sur trois seulement s’est déplacé à l’occasion des législatives, et non pas un sur deux comme le prétend le ministère de l’intérieur.

Rejet de tous les partis laïques

Cinq ans après, l’espoir soulevé par l’« alternance » - l’alliance du trône et de la gauche pour « sauver le pays de la crise cardiaque », pour reprendre les mots de Hassan II au soir de son règne - est retombé. La sanction est sévère pour la classe politique. Des socialistes aux nationalistes, de la droite à la gauche, tous les partis politiques « laïques » sont rejetés par les Marocains, tandis que le Palais, avec ses fastes et son opacité, n’a jamais paru aussi lointain. Le « roi des pauvres », la « génération Internet » (pour qualifier les jeunes conseillers du monarque) : autant de slogans creux sortis de l’imagination de publicitaires et qui, dans le Maroc d’aujourd’hui, ne provoquent plus que haussements d’épaules et sourires entendus.

Les islamistes du PJD se sont accommodés du kidnapping électoral dont ils ont été victimes l’an passé. La conquête du pouvoir politique n’est pas leur priorité. Ce qu’ils veulent - ils ne s’en cachent pas - c’est « islamiser la société ». D’où leurs campagnes sans nuance contre les symboles de l’Occident sous toutes ses formes : le cinéma et ses scènes érotiques, les groupes de hard rock et leur « rites sataniques », la présence d’établissements scolaires français... Voilà la priorité. Secondaires, les consultations électorales sont négociables avec le Palais. Pour les élections locales prévues en septembre prochain, il y a fort à parier que les islamistes du PJD, pour « protéger le processus démocratique », comme ils disent, sauront faire preuve de souplesse et, une nouvelle fois, limiter le nombre de leurs candidats.

Mais à côté de cet islamisme de connivence, qu’incarne aussi, dans une large mesure, la puissante association Justice et bienfaisance (al adl wal ihsane) du vieux cheikh Yassine, existe un autre courant, radical celui-là. Issu du wahhabisme saoudien, il se nourrit des prêches de prédicateurs aussi jeunes qu’exaltés tressant à longueur de sermons les vertus de M. Oussama Ben Laden. Avec le temps, il a essaimé en une multitudes de groupuscules indépendants les uns des autres. Ils sont présents à Fès, ont pignon sur rue à Tanger, à Casablanca. C’est dans ce milieu opaque, mal cerné par les services de sécurité, qu’ont été recrutés les kamikazes du 16 mai.

Leur idéologie est sans nuance. Distribué à la sortie des mosquées de Casablanca, il y a quelques mois, un tract émanant de cette mouvance fustigeait la société marocaine « qui a perdu ses repères » et ses dirigeants - au premier rang desquels le « sultan infidèle » -, qualifiés de « renégats » et d’« apostats ». « Le djihad est nécessaire pour changer la situation et faire que la loi de Dieu remplace la loi infidèle. » Dans le combat qui s’annonce, poursuivait le texte, « il est légitime de tuer tous ceux qui protègent un mécréant, fussent-ils mécréants. (...) Nulle protection n’est due aux femmes et enfants car les enfants des mécréants font partie d’eux ».

Qu’un tel discours trouve un écho dans la société n’étonne pas vraiment les sociologues à l’écoute de la société, des mouvements profonds qui la travaillent, des frustrations qui l’animent. Les inégalités sociales de plus en plus tranchées dans le royaume, le mépris des gouvernants, la désinvolture du Palais royal alimentent la désespérance d’une jeunesse qui, diplômée ou pas, ne rêve que de s’exiler. Ce n’est pas un hasard si les kamikazes du 16 mai venaient des bidonvilles de Casablanca et si, parmi eux, plusieurs avaient quitté l’Université convaincus de l’inanité des diplômes.

Le message sanglant du 16 mai sonne comme un avertissement. « Que nous arrive-t-il donc ? », s’interroge Abdelhak Serhane. La question mérite réflexion. Y répondre par des mesures sécuritaires prépare des lendemains douloureux...

Ali El Sarafi

Par Ali El Sarafi
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Jeudi 9 octobre 2003

Pour ou contre la peine de mort ? Voici un sujet rarement débattu en Afrique et qui laisse parfois perplexe...Partisans de la loi du Talion ou de la Rédemption, ils ont souhaité s’exprimer. Témoignages.

Yolande, Ivoirienne vivant au Sénégal
« Je suis contre la peine de mort. Pour moi, ça ne résout pas les problèmes. Les bourreaux sont aussi criminels que les condamnés à mort. Je suis militante auprès d’Amnesty International. Dans les ONG, le débat sur la peine de mort existe. Personnellement, c’est en me documentant et en regardant des films sur le sujet que je me suis forgée cette conviction personnelle. De plus, je suis chrétienne et je crois au pardon. En prison, le criminel à une chance de se repentir et de se réinsérer dans la société. Une fois mort, c’est trop tard. »

André, Côte d’Ivoire
« Je ne suis ni pour, ni contre. Je ne vois pas pourquoi il y aurait un débat. Pour moi, la peine de mort est la conséquence logique de certains actes. J’ai plusieurs filles, et si il leur arrivait quoi que ce soit, je réclamerais justice. Je ne comprends pas pourquoi les condamnés à la peine capitale attendent des dizaines d’années dans le couloir de la mort alors qu’il faudrait les exécuter au plus vite. Et puis d’abord, je ne souhaite à personne de séjourner 20 ans dans la Maca [
*]...si on peut vivre là-bas aussi longtemps. En Côte d’Ivoire, la situation économique s’est beaucoup dégradée depuis la guerre. Les gens commettent des crimes pour survivre. Pour que le chaos ne règne pas dans le pays, il faut maintenir la peine de mort dans les textes de loi, même si elle n’est pas toujours appliquée. Sinon, il existe la justice du peuple, et là, lorsque le délinquant est pris, sa seule chance de survie est de courir au poste de police. »

Salah, Maroc
« Je suis un homme de gauche, et, en tant que tel, je suis contre la peine de mort. Ça ne sert à rien, c’est un acte qui salit les mains. La peine de mort, ce n’est ni plus ni moins qu’un crime légal. Au Maroc, avant les attentats terroristes de Casablanca, la peine capitale n’avait été appliquée que trois fois, notamment en 1993, où un commissaire avait été exécuté pour crimes sexuels et barbarie : « l’affaire Tabit ». Même pour ce crime odieux, la condamnation à mort ne se justifie pas, c’est pour moi un principe. Au sujet des condamnés terroristes, je pense que les Marocains estiment qu’ils n’ont que ce qu’ils méritent. »

Roseline, Congo
« La peine de mort est une régression. Je préfère la solution de la prison à vie. De toute façon les gens se font justice eux-mêmes. Mon frère a péri lors d’un braquage. En temps normal, la famille de la victime se serait vengée sur les parents du criminel. Ces derniers auraient à leur tour répliqué. Un puits sans fond. Pour trouver les assassins de mon frère, j’ai préféré la voie de la justice. Même si le résultat est nul, je reste contre la peine de mort. »

Crespin, Congo
« Je suis pour la peine de mort. Au sortir de la guerre, j’ai vu des maisons brûler, des gens mourir à la suite d’atroces vengeances. C’était une justice expéditive. Car la justice actuelle met trop de temps et ne satisfait pas les plaignants. Ils cherchent alors à satisfaire leur rancune par leur propres moyens. La menace de la peine de mort changerait cet état de fait. C’est pourquoi j’admire la politique de la peine capitale des Etats-Unis. Au Congo, cela éviterait les exécutions sommaires. Et si des innocents subissent la mort, c’est un risque à encourir. »

Mounira, Bénin
« D’un point de vue religieux, je suis contre la peine de mort. J’ai été élevée avec des principes catholiques tels que tu ne tueras point ou tu ne jugeras pas les gens. Néanmoins, d’un point de vue humain, et devant certains crimes particulièrement barbares, je ne peux réfréner l’idée qu’une condamnation capitale est méritée. Dans le cas des multirécidivistes, il faut bien les empêcher de nuire. Même s’ils se tiennent à carreau pendant des années derrière les barreaux, en sortant, ils peuvent continuer à assouvir leurs pulsions les plus sanguinaires. Mais, après réflexion, la peine de mort n’est jamais une solution. Les hommes ne sont pas des mouches, c’est n’est pas parce qu’ils sont nuisibles qu’il faut les écraser ! »

Térence, Gabon
« J’ai été choqué dans mon enfance par les fusillades publiques sur le boulevard du bord de mer à Libreville. Pour moi, c’est un énième acte de vengeance et de sauvagerie. Mais je me questionne sur le rôle de la justice. Récemment, le gardien de ma résidence a été assassiné. On a retrouvé les meurtriers, preuves à l’appui. Malgré tout, quinze jours plus tard, ils étaient libres. »

[*] Maison d’arrêt civile d’Abidjan

http://www.afrik.com/article6664.html

Par Sabine Girbeau
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Jeudi 14 avril 2005

"Il y aurait aujourd'hui, selon les estimations des associations marocaines des droits de l'homme, cent cinquante personnes dont neuf femmes qui croupissent dans les couloirs de la mort des prisons marocaines", rapporte l'hebdomadaire de Casablanca La Vie économique. La dernière exécution remonte à 1993 et, depuis le 1er mars 2005, une brèche a été ouverte : la peine de mort a été abolie pour les mineurs. Or, s'il n'exécute plus, pourquoi le Maroc perpétue-t-il la peine de mort ? C'est pour tenter de répondre à cette question que sept associations, rassemblées sous l'intitulé de Coalition nationale pour l'abolition de la peine de mort (CNAPM), ont décidé d'unir leurs efforts et de mener une campagne en vue de son abolition.

Dans leur argumentaire, "les abolitionnistes reprennent les paroles de Robert Badinter, qui, en sa qualité de garde des Sceaux, avait présenté la loi abolissant la peine de mort en France", continue le journal, qui rappelle que, puisque le Code pénal marocain s'inspire très largement des lois françaises, la peine de mort n'a aucune raison d'y figurer. Le débat entre partisans et détracteurs ne fait que commencer et, pour la CNAPM, il faut d'abord réveiller l'opinion publique, qui ne semble guère s'y intéresser. Soixante-deux pays dont le Maroc maintiennent la peine de mort dans leur législation, cependant, ce dernier figure dans les 32 pays qui n'exécutent plus depuis au moins dix ans. En Afrique, le Sénégal a voté son abolition en mars 2005. (Courrier international - 14 avr. 2005)

Législation pénale

Mobilisation contre la peine capitale au Maroc

"Tous contre la peine de mort au Maroc ", tel est le thème de la  campagne nationale que compte organiser le comité national de coordination pour l'abolition de la peine de mort au Maroc. La présentation du programme de cette campagne qui est prévue pour ce jeudi, sera marquée par la présence de M. Michel Taube, Président du Secrétariat exécutif de la Coalition mondiale contre la peine de mort. Au Maroc, les discussions sur l'abolition de cette sentence ne datent pas d'aujourd'hui. Le processus s'est enclenché en 2003 lors de la journée mondiale contre la peine de mort. L'Observatoire marocain des prisons a convié alors quelques ONG nationales et internationales pour une journée de débat sur le sujet. Un Comité de coordination a été mis sur pied, composé de cinq associations et il s'est transformé après en Coalition nationale pour l'abolition de la peine de mort. Aujourd'hui, le Maroc se trouve parmi les 62 pays dans le monde à maintenir la peine capitale dans sa législation pénale. Mais depuis plus de 10 ans, il figure parmi les 32 pays qui ne l'exécutent plus ( le commissaire Tabit était le dernier condamné à mort a être exécuté et la dernière condamnation à mort a été prononcée par la Chambre criminelle de la Cour d'Appel d'Agadir à l'encontre du serial killer de Taroudante Abdelhadi Hadi en octobre 2004). Au niveau africain, la Namibie, le Mozambique, Djibouti, l'Afrique du Sud et la Guinée-Bissau ont évincé la peine de mort de leurs législations durant les années 90. Le Sénégal, lui, est passé à l'action en mars 2005. L'essentiel des arguments des partisans de l'abolition de la peine capitale se situe au niveau de l'erreur judiciaire étant donné que dans telles conditions, l'erreur est irréparable. A cet argument les avocats ajoutent qu'en général, un jugement, quel qu'il soit, n'est en aucun cas synonyme de vérité.


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Lundi 2 mai 2005

Une campagne nationale visant à obtenir la suppression de la peine capitale au Maroc a été lancée, jeudi dernier à Rabat, sous le thème "ensemble pour l'abolition de la peine de mort".

Lors d'une conférence de presse, le Comité national pour l'abolition de la peine de mort a indiqué que cette campagne a pour objectifs "d'inciter l'Etat à annoncer officiellement le gel de l'application de la peine de mort, à approuver le 2e protocole facultatif annexe relatif à l'abrogation de la sentence capitale" et d'oeuvrer à préparer un projet de loi portant annulation de la peine de mort dans le code pénal marocain. Des Organisation non-gouvernementales (ONG) se sont regroupées au sein de ce comité. L'Association marocaine des droits humains (AMDH), l'Organisation marocaine des droits humains (OMDH), le Forum vérité et justice, le Centre pour les droits des gens (CDG), l'Observatoire marocain pour les prisons (OMP), l'Association des barreaux du Maroc et la section marocaine de Amnesty International ont donc décidé d’unir leurs forces.

Efforts des pays africains

D'après le comité, cette campagne tend également à "assurer la mobilisation pour le soutien et la conclusion de partenariats avec les médias en vue de publier des études, des articles et des sondages sur ce sujet et appeler le gouvernement à approuver le deuxième protocole facultatif et à améliorer la situation des condamnés à mort en les traitant sur le même pied d'égalité avec les autres prisonniers en attendant la révision de la sentence capitale". Au cours de cette conférence de presse, le président de la Coalition mondiale contre la peine de mort, Michel Taube a indiqué que la célébration cette année de la journée internationale contre la peine de mort, le 10 octobre, sera axée sur le soutien des efforts des pays africains et des ONG pour l'abolition de la peine capitale.

Débat

Créée à Rome en mai 2002, la Coalition mondiale contre la peine de mort regroupe des ONG, des associations de juristes, des syndicats, des collectivités locales et plusieurs autres organisations. Ce sujet n’est pas sans déranger une partie de la classe politique. Après un débat animé au cours de l'émission moubachara maakoum (NDLR: En direct avec vous), diffusé mercredi soir sur la deuxième chaîne de télévision nationale 2M, le ministère de la Justice marocain a fait part de sa préoccupation, ne souhaitant pas que le sujet soit source de désunion nationale. L’Etat est en quête d'une issue appropriée pouvant concilier la nécessité impérative de garantir aux citoyens la sécurité et la stabilité les plus absolues et l'intérêt de corriger la culture de la vengeance symbolisée par la condamnation à mort des homicides.

Par Souad Rodi
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CoalitionsMaghreb

LE MAROC
Née le 10 octobre 2003, la Coalition Nationale pour l'Abolition de la Peine de mort au Maroc (CNAPM) rassemble aujourd'hui 7 ONG :

L'Observatoire Marocain des Prisons / L' AMDH / Le Forum marocain pour la Vérité et la Justice / L'OMDH / Le Centre pour les Droits des Gens (CDG) / L'association des barreaux d'avocats au Maroc / Amnesty International section marocaine.
LA TUNISIE
a également sa Coalition nationale contre la peine de mort, fondée à Tunis le 14 juin 2007 par 7 ONG de défense des droits de l'Homme et une centaine de personnalités des arts, du spectacle et des lettres.
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L'ALGERIE
Le 10 octobre 2009, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme) crée l'Alliance algérienne contre la peine de mort. Un premier pas vers l'abolition !

 

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Hani Ramadan légitime la lapidation « la lapidation constitue une punition, mais aussi une sorte de purification » écrivait-il dans Le Monde en 2002. Comme en 2008, Hani Ramadan, frère de Tariq, était encore l'invité du Congrès de l'UOIF 2009 aux côtés de l'extrême droite lepéniste (Soral, Dieudonné...).
Mais qu'est-ce que la lapidation exactement ? Cliquez sur l'image pour voir la vidéo (insoutenable) proposée par Iran Resist.

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