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Derniers chiffres officiels

113 condamnés à mort attendent leur exécution dans les "couloirs de la mort" au Maroc (2014)
En 2012, 6 peines de mort ont été prononcées au Maroc et 10 en 2013.

Une situation en totale contradiction avec :

  • - les engagements pris par le Maroc avec les instances de droits de l'Homme,
  • - les recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER)
  • - la nouvelle constitution qui se réfère au droit à la vie et au droit international.

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Nouvelle constitution marocaine

EXTRAITS

Article 20 : “ Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droi t”.

Article 22 : “ Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique. (...) ”

Abolition !

Le Maroc sera-t-il le second pays arabe (après Djibouti) à abolir la peine de mort? Le royaume pratique depuis 1993 (date de la dernière exécution) un moratoire de fait.
Le débat
est lancé. Juristes, syndicats et partis politiques sont interpellés. Les associations plus que jamais mobilisées.
Le Maroc renforcera-t-il encore son image de pays soucieux des droits de l'homme en abolissant définitivement la peine de mort ?
liste des articles -

ACTU

L'Afrique en marche vers l'abolition. Le Burundi et le Togo abolissent. Le Kenya commue toutes les condamnations à mort (4000). Le Gabon a définitivement aboli la peine de mort (loi votée en février 2011), suivi du Bénin (en août 2011).

Ailleurs : Les élus du Sénat et de la Chambre des représentants du Maryland (Est des Etats-Unis) devraient voter dans les prochains jours une proposition de loi visant à abolir la peine de mort(fév/mars 2013) 

En Tunisie, bien qu'ayant signé le 20 décembre 2012, avec 109 autres Etats, le moratoire des Nations Unies sur l'application de la peine de mort, la Tunisie continue à condamner à mort. En février 2013, le 12 fév 2013, la chambre criminel de la cour d'appel de Sousse condamnait le tueur en série Kamel Lahouel.

En Algérie, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDDH) reçoit en nov. 2011 le feu vert de la présidence de la République pour entamer un programme national devant aboutir à l'abolition de la peine de mort dans la législation algérienne. Mais pourquoi cette proposition de référendum ?
Au Maroc, le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'IER dont l'abolition de la peine de mort. Un Collectif d'ONG appelait en mai 2011 le gouvernement à adopter l'abolition de la peine de mort et à l'inscrire dans la constitution. La Coalition mondiale contre la peine de mort a tenu son assemblée générale du 24 au 26 juin 2011 à Rabat.Le texte intégral de la réforme de la constitution proposée.
Art. 20 : "Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit".
 

- Le Réseau des parlementaires abolitionnistes ont annoncé officiellement, le 4/04/13 lors d'une rencontre avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, leur participation au 5ème Congrès mondial contre la peine de mort  organisé par ECPM à Madrid du 12 au 15 juin 2013.  

Mai 2014 : Les détenus franco-marocains emprisonnés au Maroc ne sont plus transférés en France en raison de la suspension des accords de coopération judiciaires entre les deux pays. Ils envisagent de recourir à la grève de la faim pour être entendus. Parmi eux, plusieurs se disent victimes de tortures. Le Maroc semble craindre pleuvoir les plaintes pour torture, après l'affaire des plaintes contre le chef de la DGST Abdellatif Hammouchi

- La peine de mort en 2012 : la carte du monde

28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 11:30

Le Maroc est encore une fois cité dans l'affaire des « black sites » (sites secrets de détention). Selon le dernier rapport d'Amnesty International, le Royaume aurait bel et bien participé au transfert secret de prisonniers dans le cadre d'opérations de "restitution" orchestrées par la CIA.

Dans ce rapport, "Etats-Unis hors de portée des radars : vols secrets torture et disparition" qui a été rendu public le 6 avril dernier, le Maroc figure en bonne place. Dans le chapitre réservé aux "transferts vers la torture", L'ONG s'étale sur le cas de Mohammed Haydar Zammar, l'un des membres présumés de la "cellule de Hambourg". Ce ressortissant allemand d'origine syrienne a été interrogé par les autorités allemandes après les attentats du 11 septembre, puis relâché pour insuffisance de preuves. Il a ensuite voyagé au Maroc où il passa quelques semaines avant de prendre des vacances sur l'Ile Maurice. A son retour, en décembre 2001, il est arrêté à l'aéroport Mohammed V par des agents de renseignements marocains "agissant, selon toute vraisemblance, sur la base d'informations fournies par l'Allemagne". Il y passera deux semaines où il sera "interrogé par des agents des services de renseignements marocains et américains, puis transféré à Damas à bord d'un avion Gulfstream V affrété par la CIA, apparemment pour qu'il y soit questionné sous la torture", peut-on lire dans le rapport. Dans cette partie réservée au cas Zammar, Amnesty International apporte des preuves de l'implication du Maroc dans cette opération, notamment en citant le témoignage de Robert Baer, un ex-agent de la CIA. Celui-ci affirme clairement que "les Etats-Unis ont obtenu la collaboration du gouvernement marocain pour que Zammar soit interpellé au Maroc, transféré en Jordanie puis en Syrie ». Le rapport revient également sur les fameux voyages organisés par la CIA et les itinéraires empruntés par les avions. Là encore, le Maroc est présent.

L'ONG le cite dans les itinéraires de trois des quatre avions utilisés dans cette opération. Au total, il s'agit, selon l'ONG, de 22 voyages ayant transité par Rabat et de deux par la ville de Marrakech. Le dernier document d'Amnesty coïncide avec le procès de Binyam Mohammed, qui accuse ouvertement les Marocains de l'avoir torturé pendant dix-huit mois. Lors d'une première audience, tenue début avril au tribunal de Guantanamo, l'avocat de ce citoyen britannique d'origine éthiopienne a répété devant le juge que Binyam a admis toutes sortes de choses pour échapper à la torture qu'il aurait endurée au Maroc.

Binyam enfonce le clou

Binyam lui, a répété en substance ce qu'il avait auparavant déclaré à la presse, notamment à "The Observer", comme aux organisations de droits de l'homme. Il parle de différents procédés de torture dont il a été victime lors de son passage sur le territoire marocain : suspension, blessures à l'arme blanche… Dans une de ses récentes déclarations, Clive Stafford Smith, l'avocat britannique de Binyam ne cache pas sa colère et sa frustration. « Si vous pensez que des gens ont subi des traitements cruels à Guantanamo, ce n'est rien en comparaison avec ce qui se passe ailleurs. Un de mes clients s'appelle Binyam Mohammed. Il a été remis au Maroc. Nous avons les numéros de vols. Nous disposons même des noms des soldats à bord du vol. Il a été torturé pendant 18 mois. On lui a tailladé le pénis avec une lame de rasoir, bon dieu ! Et maintenant, l'armée américaine est en train de le juger à Guantanamo », s'insurge-t-il lors d'une interview accordée à "Democracy Now".

Binyam qui a été interpellé par la police pakistanaise, le 10 avril 2002 à Karachi, dit avoir été transféré au Maroc trois mois plus tard. Il y aurait été torturé pour admettre ses liens avec José Padilla, celui que le gouvernement U.S accusait d'avoir planifié un attentat à la bombe sale. Le même Padilla a été acquitté par la suite par la justice américaine ! Pour l'éventuelle présence de sites secrets au Maroc, comme pour les détentions secrètes de présumés membres d'Al Qaïda sur notre sol, la réaction du gouvernement marocain a été catégorique.

Le porte-parole du gouvernement, M. Nabil Benabdallah, a carrément accusé le Journal Hebdomadaire qui a publié nombre d'articles sur ce sujet de faire dans le factice. « Cet hebdomadaire se prête à un jeu dangereux et pernicieux susceptible de semer le trouble au sein de l'opinion publique à travers la publication d'informations mensongères d'une grande gravité, sans prendre la peine de les vérifier au préalable », avait-il déclaré à l'agence MAP en janvier dernier.
Même son de cloche chez l'ex-ministre de l'Intérieur, El Mostapha Sahel, qui n'a pas hésité à montrer "son indignation face à ce genre d'informations irresponsables", tout en déplorant que « certains médias n'hésitent pas à publier de fausses informations sans se soucier de leur impact sur l'opinion publique ni sur l'image du Maroc ». Une image qui se trouve maintenant sérieusement mise à mal par un rapport d'une ONG au-dessus de tout soupçon et par des témoignages devant une cour de justice américaine !

Au total, il s'agit de 22 voyages ayant transité par Rabat et de deux par la ville de Marrakech.

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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 01:36

- Un nouveau code pénal en gestation au Maroc
- Plus de la moitié des affaires judiciaires constituent de la petite délinquance

La 21e édition du Conseil des ministres de la Justice des pays arabes a été marquée par la présence de Ahmed Abdelhamid Moubarak El Khaldi, le premier membre du gouvernement Hamas à avoir foulé le sol marocain. Il a même présidé la séance d’ouverture des travaux du Conseil.

 

Organisée à Marrakech, les 26 et 27 avril, cette édition a eu pour thème «La politique criminelle dans le monde arabe». Les ministres de la Justice des pays arabes n’étaient pas les seuls à avoir répondu présents, puisque plusieurs personnalités de la ville de Marrakech (le wali et le préfet de police notamment), des procureurs, des présidents de tribunaux, des parlementaires et des avocats ont assisté à la séance d’ouverture.
Selon Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, «les travaux de cette édition visent à trouver de bonnes assises à la politique criminelle dans le monde arabe.

Cette politique devrait se baser sur le droit comparé et se conformer aux conventions internationales». Parmi les thèmes-phares traités lors de cette édition: la cybercriminalité, le terrorisme et le blanchiment d’argent. Mais c’est la peine de mort qui risque de provoquer un houleux débat eu égard à l’influence de la Chariâa Islamia sur les politiques pénales de la majorité des pays arabo-musulmans.

 «La peine capitale suscite actuellement une polémique tant au niveau arabe que mondial», souligne Bouzoubaâ. Selon lui, il existe trois courants. Le premier est constitué des partisans du maintien de cette peine et le deuxième milite énergiquement pour sa suppression. «Entre les deux, il y a ceux qui revendiquent un maintien de la peine capitale tout en la réduisant à un minimum d’infractions», souligne-t-il.

Le ministre a également évoqué la prochaine mise en circuit d’approbation d’un nouveau code pénal au Maroc. Celui-ci prévoit une réorganisation des types d’infractions avec la disparition de certaines infractions devenues caduques et l’incrimination de pratiques nouvellement apparues. Allusion faite aux infractions propres au XXIe siècle telles que la cybercriminalité ou encore l’immigration (d’ailleurs le ministre a précisé que 20.000 personnes ont été poursuivies pour immigration clandestine au Maroc).

«Le tout, en réduisant, le plus possible, le recours aux peines privatives de liberté». Pour illustrer ses propos, Bouzoubaâ explique qu’en 2005, 58,9% des affaires pendantes devant les tribunaux du Royaume constituaient des dossiers de petite délinquance. De plus, 35,6% des peines prononcées ne dépassent pas deux ans d’emprisonnement. D’où l’importance de la médiation pour désengorger les tribunaux.

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Published by Naoufal Belghazy - dans Presse Maroc
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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 00:36

La présidente philippine, Gloria Arroyo, a déclaré samedi dans un message pascal qu'aucun condamné à mort ne serait plus exécuté.

Elle a ajouté que la peine capitale serait commuée en détention à perpétuité.

Mme Arroyo, catholique fervente dans un pays à majorité catholique, avait imposé un moratoire des exécutions après son arrivée au pouvoir en 2001. Mais elle avait levé la mesure en 2003 après une série de crimes qui avaient choqué l'opinion.

Les autorités philippines n'ont procédé à aucune exécution depuis.

Une abolition de la peine de mort supposerait toutefois une décision du Congrès. L'archipel compte quelque 1280 condamnés à mort.

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14 avril 2006 5 14 /04 /avril /2006 21:02

Mohamed Madani
Professeur de sciences politiques à Rabat « Les juges sont formés à la makhzanienne »

Depuis l'affaire Lmrabet, en passant par les grâces "royales" post-salafistes, jusqu'aux dernières grâces en faveur des militants sahraouis, on a l'impression que la justice fonctionne d'une certaine manière et que, par la suite, la monarchie remet en cause ce fonctionnement. C'est devenu assez répétitif…

Ce sujet doit être abordé à travers plusieurs niveaux d'analyse. Il y a d'abord le discours, assez général, sur la justice, considérée comme défaillante. Il est véhiculé par les ONG, la presse, et même par des composantes de l'Exécutif. Ce discours met l'accent sur ces défaillances à des degrés divers …

Un autre discours met en avant l'inadaptation de la justice aux "nouvelles donne" (le terrorisme, le sécuritaire, la lutte contre la criminalité, etc.) Et il y a, enfin, le rapport Roi-justice. C'est un rapport très complexe puisqu'il pose la problématique de la séparation des pouvoirs. Pour schématiser, on dira qu'il y a en même temps un chef de l'Etat moderne, président du conseil supérieur de la magistrature mais qui est en même temps Imam. La justice n'est donc pas seulement une "fonction" régalienne de l'Etat.

Vous voulez dire que c'est un système figé et qui ne peut se réformer ?

La réforme devient de plus en plus difficile car les problèmes sont structurels. Ils sont liés au fonctionnement du système. Il y a des tendances lourdes : dépendance vis-à-vis de l'exécutif, dysfonctionnements majeurs, corruption. Ces problèmes sont aggravés par le fait que ces derrières années, il y a une forte demande appelant l'institution judiciaire à intervenir et à se saisir d'un certain nombre de dossiers qui relevaient jusque-là d'autres acteurs (exécutif, technocratie, Parlement etc.). Ainsi par exemple, du côté de l'Etat, il y a une tendance visant à donner à la justice de nouvelles fonctions (exemple : la régulation de la presse). Auparavant, cette régulation était assurée par le ministère de l'Intérieur. Aujourd'hui, on peut parler de passage à un autre mode de régulation. Dans ce processus de régulation nouveau, la justice est appelée à jouer un rôle important, notamment à l'égard de la presse. Il est censé être moins frontal et plus sophistiqué que l'intervention directe de l'administration.

Mais on voit les conséquences…

Oui, ce mode de régulation montre ses limites, car la justice marocaine n'est pas bien équipée et les juges sont formatés à la makhzenienne. Cela empêche le système judiciaire de remplir sa fonction de transcrire l'objectif de l'Etat. La justice est habituée à fonctionner de manière dépendante. Le nouveau mode de fonctionnement suppose une relation assez subtile, une certaine dépendance moins prononcée vis-à-vis de l'Etat, avec une possibilité de s'approprier les directives des centres de pouvoir. Car il y a dépendance et dépendance. On n'a pas cette autonomie relative qui permette au système de s'approprier les instructions des sommets de l'Etat et de les appliquer de manière un peu plus fine, un peu plus nuancée. En intervenant, le Pouvoir affaiblit davantage les juges. L'Etat donne aux juges de nouvelles tâches sans qu'il y ait une réforme profonde du système. Conséquence, l'Etat doit intervenir directement pour réparer…, mais ses interventions affaiblissent un peu plus le système judiciaire. Cela crée une sorte de cercle vicieux. Le système judiciaire n'arrive pas à assumer, et dérape. C'est ce que montrent ces moments de mise à l'épreuve que sont les procès.

Quelles sont les incidences sur l'institution monarchique ?

Cet affaiblissement du système judiciaire rejaillit sur l'ensemble du système. Ce qui accentue la spirale de délégitimation.

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10 avril 2006 1 10 /04 /avril /2006 00:00
RABAT (AP) - A l'occasion de l'Aïd Al-Mouloud (anniversaire de naissance du prophète), le roi Mohammed VI a accordé sa grâce, partielle ou totale, à 879 personnes condamnées, indique lundi un communiqué du ministère marocain de la Justice.

Parmi les personnes graciées, figurent une trentaine de "salafistes" présumés (islamistes radicaux), arrêtés, jugés et condamnés au lendemain des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca (45 morts et plusieurs dizaines de blessés), apprend-on de source gouvernementale.

En novembre dernier, une précédente grâce royale avait bénéficié à 164 islamistes radicaux condamnés pour leur implication directe ou indirecte dans ces attentats kamikazes.

A la fin 2005, un haut responsable de la police marocaine avait confié à l'Associated Press que plus de 3.000 personnes proches de la mouvance islamiste radicale avaient été interpellées depuis le 16 mai 2003. AP
 
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9 avril 2006 7 09 /04 /avril /2006 00:00
Une reine de beauté de Vancouver a lancé une pétition pour demander à l'ONU et aux autorités iraniennes de surseoir à l'exécution d'une adolescente qui a poignardé à mort un homme qui tentait de la violer.

Nazanin Afshin-Jam affirme qu'elle ne peut s'empêcher de ressentir toute l'horreur de cette histoire et qu'elle fera tout en son pouvoir pour empêcher la jeune Iranienne, aujourd'hui âgée de 18 ans, d'être envoyée à l'échafaud.

Jusqu'à maintenant, la reine de beauté de 26 ans, admise au Canada à titre de réfugiée avec sa famille alors qu'elle n'était qu'une enfant, a recueilli 8000 noms sur sa pétition.

Selon l'organisation Amnistie Internationale, la jeune Iranienne, âgée de 17 ans au moment des faits, avait admis avoir poignardé à mort un des trois hommes qui tentaient de l'agresser sexuellement elle et sa nièce de 16 ans, dans un parc de Karaj, en Iran, en mars 2005. Elle a subséquemment été reconnue coupable de meurtre et condamnée à la pendaison.

"Cette histoire m'a carrément horrifiée et dégoûtée quand j'en ai pris connaissance, affirme Mme Afshin-Jam. Elle continue de me hanter."

La jeune femme a été choisie Miss Monde Canada en 2003. Elle a affiché sa pétition sur son site Internet il y a dix jours.

"Avec suffisamment de pression sur la scène internationale, on pourra au moins empêcher l'exécution et, peut-être, amener les autorités iraniennes à libérer la jeune femme", espère-t-elle.

  

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LIENS

- La pétition en ligne :
http://www.petitiononline.com/Nazanin/
- Le site de Nazanin Afshin-Jam : http://www.hrmrecords.com/nazanin/
- Sur le site Iran résist 
- Pétition contre l'exécution des femmes en Iran sur le site de
ECPM
- Ensemble contre la peine de mort :   
Femmes et peine de mort en Iran 
- Iran : les femmes victimes d'une justice lapidaire.



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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 00:00
Centre de réinsertion des jeunes détenus

La vie ne s’arrête pas à la prison, ni au fait d’en avoir fait ! A l’intérieur de ce bâtiment à la façade grise, moche, même monstrueuse, des centaines de jeunes détenus, enfants et adolescents, continuent de vivre leur vie. Leur désormais «ordinaire» qui ne leur ferme en rien les portes de l’avenir. Dans cette prison pour mineurs, on apprend un métier, on fait des études, du dessin ou du jardinage… rien de monstrueux !
Le temps semble s’arrêter devant cette énorme porte en fer, à peine trouée d’un côté pour permettre au gardien d’entrevoir les visiteurs. Une dizaine de femmes chargées de paniers et autres sacs ont commencé à arriver depuis la matinée. Formant des petits groupes, elles ne manquent pas de sujets de conversation. Car derrière ce mur, chacune à un fils emprisonné. Nous sommes devant le centre de réinsertion de jeunes détenus de Aïn Sebâa à Casablanca. 11h précise, la porte s’ouvre pour les quelques visiteurs. Les visites étant permises tous les jours à l’exception du week-end. Les familles ne se bousculent pas pour autant. Pas moins de 1055 jeunes prisonniers sont enfermés dans ce bâtiment. Le nombre de visiteurs ne dépasse pas une petite dizaine par jour. Parmi les détenus, aussi jeunes soient-ils, il y en a qui ont passé des mois dans cette prison sans jamais avoir reçu la visite d’un seul proche.

Houssine en est un. Cet enfant de 13 ans n’a jamais reçu une seule visite, même pas de ses propres parents, depuis son incarcération il y a 9 mois. “Ils habitent loin dans la campagne. Ils ne peuvent pas se déplacer pour me voir”, explique-t-il sans rancune. Petit chouchou du centre et de sa «Mama Assia», Houssine est a priori un gentil garçon, discret, presque timide. Derrière son air visiblement calme et réservé, le petit cache décidément un sacré caractère nerveux. Preuve en est la raison de son incarcération : “J’ai commis un meurtre!”, lance-t-il, timidement, mais sans état d’âme… “Je travaillais dans le commerce de poisson. Un matin j’avais commencé normalement ma journée de travail lorsqu’un gars est venu me déranger, il m’a provoqué et poussé à bout. Je lui ai mis le couteau que j’avais dans la main à l’intérieur du ventre”. Le détenu, très jeune, complètement inconscient certainement en effectuant cet assassinat attend toujours que le jugement final le concernant tombe. En attendant, il ne perd pas son temps. Les neuf mois qu’il a passé dans le centre lui ont permis de suivre des cours de menuiserie dans le cadre de la formation professionnelle ouverte à tous les jeunes détenus. L’enfant habile se balade désormais avec son luth. Son désormais motif de fierté, puisqu’il a réussi à le fabriquer lui-même. “Maintenant que j’ai l’instrument, j’ai envie de me mettre à apprendre de la musique. Je voudrais devenir musicien”, confie-t-il tout sourire.

«Mama Assia», une bouffée d’oxygène quotidienne

Dès qu’elle apparaît derrière les barreaux, les adolescents montrent des signes de joie. Assia El Ouadie ne laisse pas passer un jour sans aller à la rencontre de ses enfants des différents centres de détention de mineurs qu’elle dirige. A peine arrivée, Assia commence par faire un saut très rapide à son bureau où elle vérifie l’avancement des demandes de sorties de certains pour les fêtes. “A présent, les enfants peuvent enfin bénéficier de leur droit à la sortie pendant quelques jours, le temps de passer certaines fêtes avec leurs familles”, signale-t-elle.

Le droit de certains prisonniers à sortir pour les fêtes existe pourtant depuis longtemps dans la loi marocaine sans jamais être appliqué. Certaines conditions sont tout de même à remplir. Pour se voir accorder ce privilège, le détenu demandeur doit ainsi avoir déjà fait l’objet d’un jugement final, avoir purgé au moins la moitié de sa peine et, enfin, présenter l’assurance d’avoir une famille pour l’héberger à l’extérieur. Tout en examinant les demandes, Assia El Ouadie parle affectueusement du centre, de ces centaines d’enfants et d’adolescents qu’elle materne. “Notre travail ici est simple : faire sentir et surtout faire comprendre à ces jeunes qu’ils ne sont pas différents de ceux restés à l’extérieur. Qu’ils ne sont que des êtres humains susceptibles de commettre des fautes. Des fautes, ils en ont commis mais peuvent tout aussi bien se faire pardonner. Généralement, nous arrivons à leur transmettre ce message à notre niveau, encore faut-il que la main leur soit tendue à l’extérieur… ce n’est souvent pas le cas malheureusement !”, regrette El Ouadie. La main leur est effectivement rarement tendue à l’extérieur. Une fois dehors, ils sont agressés par les jugements de leur entourage. Souvent prénommés “ouled lhebss” (les enfants de prison), il leur devient difficile de s’intégrer socialement, encore moins professionnellement. La réintégration scolaire devient, pour sa part, des plus difficiles…

La tournée d’Assia El Ouadie fait le plus grand bien aux jeunes détenus. Dès qu’elle dépasse les barreaux de fer pour se mélanger avec les centaines de jeunes détenus, ces derniers se précipitent l’un après l’autre, pour lui faire une demande, se plaindre d’un problème, partager une bonne nouvelle venue de l’extérieur, ou alors simplement se contenter de l’embrasser affectueusement sur la tête. Le premier réflexe de la directrice était de s’assurer auprès de l’un des éducateurs que «ses» enfants avaient bien chanté l’hymne national la matinée.

Et c’est parti pour une longue tournée de 2 bonnes heures dans l’ensemble des pavillons du centre. Elle commence par la cuisine, où certains jeunes semblaient absorbés par leurs marmites. Une dizaine de détenus se sont ainsi improvisés cuistots. De la bonne ambiance dans l’air, nécessaire pour supporter la charge du travail qui les attend : faire à manger à plus de 1000 jeunes, dont la plupart sont des adolescents en pleine croissance.
On s’est soigneusement réparti les tâches. Les uns s’occupent donc de préparer le pain par centaines d’unités, d’autres épluchent les légumes, d’autres encore s’occupent de nettoyer instantanément la cuisine pour éviter d’être encombrés. Au menu de cette journée, “des tajines aux sept légumes”, annonce fièrement l’un des garçons complètement absorbé devant une petite montagne de pommes de terre. Ils n’oublient pas les bonnes manières en invitant chaleureusement leurs visiteurs à rester pour le déjeuner…

L’activité ne manque pas !
A l’heure où cette dizaine de bénévoles s’occupent à préparer à manger à leurs co-détenus. Certains fainéants comme il y en a partout s’amusent à jouer du baby-foot dans une salle de jeu, ou encore papotent tranquillement entre copains dans les couloirs du centre.
D’autres, par contre, ne sont pas moins occupés. Le temps qu’ils auront à rester enfermés dans le centre, il y a moyen de le rentabiliser en apprenant un métier ou simplement en poursuivant ou démarrant les études.

L’activité artistique n’est pas des moindres. Ce matin, le professeur de dessin et de peinture est fidèle à son engagement tout à fait bénévole au sein du centre. Abderrahmane Masik, «Haj Abderrahmane», comme l’appellent ses élèves, divise sa classe en deux niveaux, celui des débutants et des plus avancés. “Je leur fais dessiner des choses gaies, qui portent un peu d’optimisme”. Ce jour-là, les quelques artistes en herbe devaient dessiner une table sur laquelle étaient interposés un téléphone fixe et une plante verte. “Le téléphone signifie les bonnes nouvelles et la plante est signe de vie et de fraîcheur. Je ne veux plus les voir dessiner des barreaux ou un torse nu avec une bougie brûlant dessus. Ce genre de dessins classiques toujours liés aux prisonniers. Je veux qu’ils dessinent la vie et l’espoir”, insiste Abderrahmane Masik.

A la sortie du pavillon, un petit jardin parfaitement bien entretenu donne bien de la vie au centre. Une belle ouverture colorée soigneusement proportionnée. Au fond du jardin, les travaux ne sont pas encore terminés… Derrière un si beau travail, trois enfants de la ville de Ben Slimane, incarcérés pour une affaire de vol d’une épicerie dans leur ville. “Cela fait exactement un mois et un jour que nous sommes ici”, précise l’un d’entre eux. Un mois aurait suffi pour les faire intégrer à la vie du centre. “En arrivant, ils étaient complètement effrayés de l’idée de séjourner ici. Ils n’arrêtaient pas de pleurer”, se rappelle Assia El Ouadie. “Quand j’ai appris que chez eux ils travaillaient dans l’agriculture, j’ai pensé qu’il ne fallait surtout pas les enfermer, mais leur donner l’occasion de ne pas s’éloigner de leur environnement. Les trois adolescents ont donc désormais pour tâche de s’occuper du jardinage au sein du centre”, enchaîne-t-elle.

Pour l’anecdote, Assia se rappelle les premiers jours de ces trois enfants lorsqu’on leur a proposé de s’occuper de l’entretien du jardin. La première réaction de l’aîné du trio aurait été de préciser : “A Ben Slimane, on travaillait à 35 dirhams la journée. Combien on nous payerait ici ?”… Les responsables du centre auront pris le temps qu’il faut pour expliquer aux enfants, sans les brusquer, que tout travail ici ne peut être rémunéré. “Vous êtes ici chez vous, tout ce que vous le faites vous le faites pour vous…”, leur signale d’un ton maternel leur désormais «Mama Assia».
Le jardin mène donc au troisième pavillon réservé aux activités de la formation professionnelle. Plusieurs salles autour d’un patio indiquent plusieurs types d’activités auxquelles les jeunes détenus peuvent s’inscrire au choix. Dans la cour, une voiture «Renault 4» est dans tous ses états. Les étudiants inscrits aux cours de mécanique s’en servent comme modèle. Ils la décortiquent, puis la réparent et rebelote. Cette voiture se trouve être leur outil de travail, dont le moteur, les pneus, la carcasse, les portes, et autres pièces, sont faits et défaits sans cesse à chaque fois que les apprentis mécaniciens devaient passer à la pratique.

Étudier en prison, c’est possible
La vie appartient bien à ceux qui se lèvent tôt, et ceci est d’autant plus valable pour les jeunes prisonniers. S’ils sont tous dans l’obligation (ou presque) de se rendre aux classes tous les jours, peu nombreux sont ceux qui se montrent assidus. Certains préfèrent faire la grasse matinée, mais rien n’échappe à l’administration pédagogique du centre qui se trouve être, dorénavant, sous la houlette directe du ministère de l’Education nationale.

Voilà, en effet, un bout de temps que la direction des prisons ne s’occupe plus de l’aspect pédagogique des études au sein du centre. “On a longtemps revendiqué un tel fonctionnement. Les fonctionnaires de la direction des prisons ne sont pas en mesure de tout chapeauter. Il faut que les gens de l’Education nationale s’occupent de l’enseignement, que ceux de la Formation professionnelle s’occupent des ateliers et autres activités et que les professionnels de la Santé publique aient également un bureau au sein du centre. Nous avons réussi à réaliser les deux premiers objectifs, mais les négociations sont actuellement en cours avec le ministère de la Santé pour les faire venir à l’enceinte même du centre”, explique Assia Al Ouadie.

Des problèmes persistent cependant affectant la qualité et la fréquence des cours au sein du centre. Le personnel enseignant au sein du centre est financièrement lésé : “Ils perçoivent leurs salaires avec beaucoup de retard, obtiennent difficilement des augmentations, encore moins des promotions”, s’indigne Assia El Ouadie. Ceci explique bien les grèves répétitives des enseignants du centre…
Parmi eux, il n’y a pas que des personnes détachées du ministère de tutelle. Hamid Farah, professeur des maths dans le centre depuis quelques mois, n’est autre qu’un ancien détenu. Condamné à la peine de mort en 1991, il a bénéficié de la grâce royale il y a 8 mois de cela. Hamid Farah n’a pas pour autant quitté le milieu carcéral.

Il y revient régulièrement, bénévolement, pour assurer les cours de mathématiques aux jeunes du centre. “Pendant les 13 ans que j’ai passé en prison, j’ai été autodidacte, raconte-t-il. Il faut dire qu’il y a dix ans, l’ambiance était tout autre dans une prison même pour mineurs. Nous étions détenus dans des conditions beaucoup plus difficiles. On n’avait pas les mêmes opportunités dont bénéficient ces jeunes aujourd’hui. Ni ateliers, ni classes, ni activités artistiques ni formation professionnelle. Je me rappelle que même les journaux, on se les procurait clandestinement parce qu’on n’avait pas le droit d’en lire au sein de la prison», développe-t-il.

Et c’est tant mieux si les jeunes détenus ont aujourd’hui plus de chance et de possibilité de d’épanouir dans un pareil centre. A signaler que cette année, cinq de ses jeunes détenus se préparent à passer les examens du baccalauréat et envisageraient même de s’inscrire, si tout va bien pour eux, dans des branches universitaires. Ils auront éventuellement la possibilité de suivre des cours universitaires, toujours à l’intérieur des locaux du centre.

Le centre est doté d’un pavillon administratif et social, divisé en deux services, et qui s’occupe exclusivement du suivi social de ces jeunes. D’abord le service de préparation à la réinsertion (SPR). “Parce que la réinsertion de ces jeunes dans la société commence dès le premier jour de leur détention”, précise un accompagnant social dans ce service.
Le deuxième service s’intéresse au «post-carcéral» qui a pour tâche d’accompagner les sortants. Puisque, explique-t-on, il n’est pas question de lâcher les détenus dans la nature sans leur assurer un suivi social, et même psychologique si besoin est. Ce service fait même des tentatives d’insertion professionnelle au profit des détenus ayant bénéficié d’une formation professionnelle pendant la durée de leur détention.
“Un chef d’entreprise qui souhaite garder l’anonymat nous a fait l’immense faveur d’intégrer dans son entreprise 22 jeunes sortants du centre. Il s’apprête actuellement à en intégrer 8 autres. Nous lui sommes très reconnaissants au nom de ses jeunes avec lesquels nous gardons d’ailleurs très étroitement contact”, de conclure, fièrement, Assia El Ouadie.
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 Assia El Ouadie : Une main de fer dans un gant de velours !

Assia El Ouadie a une personnalité qui frappe, un caractère qui marque et des manières qui rassurent ! Par sa sagesse, son regard, ses façons discrètes mais fermes, sa générosité débordante… «Mama Assia», pour les jeunes détenus, a ce petit quelque chose de rassurant. Cette chose qui fait qu’elle arrive à remplacer, le temps qu’il faut, la maman de chacun des détenus du centre, «ses» enfants pendant toute la durée de leur détention, et même à leur sortie…
Que ce soit le centre de réinsertion des jeunes détenus de Aïn Sebaâ, ou toutes les autres maisons de réformes qu’elle dirige à travers le Maroc, Assia El Ouadie le fait d’une main de fer mais dans un gant de velours auquel les jeunes prisonniers sont d’ailleurs bien sensibles. Car derrière l’affreuse muraille du centre, la vie continue, chaleureuse, familiale et utile pour ceux qui savent en profiter. Et cela, c’est en très grande partie grâce au militantisme de cette femme de cœur. Juriste de formation, magistrat de profession pendant plusieurs années, cette native de la ville de Safi, en 1949, a été pour beaucoup dans le changement du monde pénitentiaire au Maroc, notamment pour les mineurs.

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Published by Lamia Bouzbouz - dans Prisons
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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 00:00
Palmarès 2006 du 4è Festival International du Film des droits de l'Homme

Paris, le 31 mars 2006

Le 4è Festival International du Film des droits de l'Homme s'est conclu hier par l'annonce du palmarès. Un palmarès qui attribue le Grand prix du documentaire de création au film de Peter Raymont « J'ai serré la main du diable » (Canada, 2004) qui retrace le parcours du général Roméo Dallaire, chef d'état major des troupes de l'ONU lors du génocide rwandais de 1994.
Ses appels impuissants à la communauté internationale ne furent jamais entendus. Il publia ses mémoires en 2003 sous un livre portant le même titre. Ce film en est le récit filmé. « J'ai serré la main du diable » a été diffusé dans 45 pays (dont la Belgique) mais reste inédit en France. Il a été projeté dans sa version longue lors du FIFDH.
L'autre film lauréat dans la catégorie « Dossiers et Grands reportages » récompense le film de Erling Borgen « L'Ambassadeur » (Norvège, 2005) qui trace le portrait de John Negroponte et à travers lui, celui de la politique américaine en Amérique centrale.
Enfin, le jury des programmes courts a récompensé "L'ami y'a bon" (France, 2005) de Rachid Bouchareb.
Le Festival se félicite du succès grandissant auprès du grand public et donne rendez-vous l'année prochaine à toutes celles et ceux qui se sentent concernés par le combat pour le respect et la promotion des droits humains.


Palmarès complet

Catégorie « Documentaires de création »  (jury présidé par Claude Ribbe)

Grand Prix : J’ai serré la main du diable de Peter Raymont
Le témoignage du général Roméo Dallaire à la têtes des forces de l’ONU pendant le génocide rwandais en 1994.
(film inédit en France)

Prix spécial du jury : Voisins de Rouven Rech
Dans la périphérie de Buenos Aires, une haute clôture grillagée sépare la riche zone résidentielle de Nordelta et le quartier pauvre de Las Tunas.


Catégorie « Dossiers et grands reportages »  (jury présidé par Yves Billon).

Grand Prix : L’ambassadeur de Erling Borgen
Le parcours controversé de John Negroponte, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Irak et responsable des opérations secrètes américaines en Amérique latine dans les années 80.
(film inédit en France)

Prix spécial du jury : Bori Bana de Luc Damiba et Abdoulaye Dialo
Hommage à Norbert Zongo, un homme qui a consacré sa vie à la recherche de la vérité et dont l’assassinat a plongé le Burkina Faso dans une crise profonde.
(film inédit en France)

Catégorie « programmes courts »   (jury présidé par Patric Jean)

Grand Prix : L’ami y’a bon de Rachid Bouchareb
L’histoire d’Aby qui quitte le Sénégal pour la France en 1940 afin de voler au secours de « la mère patrie ».

Prix spécial du jury : Soyons attentifs de Thierry Sebban
Un homme, un train de banlieue dans la nuit et tout peut arriver même l’inpensable…


Prix du jury des étudiants d’Ile de France 
Lamine la fuite de Samia Chala
L’histoire d’un homme dont la seule obsession est de quitter l’Algérie et de rejoindre la vitrine qu’offre l’Occident.
(film inédit en France)

Prix Terre des Hommes pour les droits économiques, sociaux et culturels :
Les fils de la montagne d’argent de Juan S. Betancor
Le portrait des mineurs de Cerro Rico de Potosi qui, depuis plus de 450 ans, vénèrent El Tio, le seigneur de la mine, et lui sacrifient leurs poumons dans les sombres dédales des tunnels de la mine.


Prix du reportage radio* pour les droits de l'Homme  (jury présidé par Silvain Gire).
L’école, dernier refuge de Marie Eloy
Comment des enfants sans repères, vivants sous une tente ou dans un squat insalubre trouvent en l’école un dernier refuge.

*Ces reportages seront prochainement en ligne sur le site du reportage radio (http://prixradio.over-blog.com) ainsi que sur le site de la FIDH (http://www.fidh.org).
 

Dans le cadre du festival, était également projeté le film
VIVRE A TAZMAMART


Plutôt que de montrer Tazmamart - où de 1973 à 1991 cinquante-huit hommes ont "disparu" - Davy Zylberfajn filme la parole de cinq anciens détenus dans des lieux baignés de soleil. L'alternance entre témoignages et paysages laisse deviner les images qui défilent dans la mémoire de ces hommes qui ont résisté à des conditions de détention effroyables, en tentant malgré tout de se construire une vie à Tazmamart.
Sur le film et le réalisateur

Sera-t-il possible de voir ce films et les autres au Maroc ? Peut etre par l'intermédiaire des instituts culturels étrangers ...

Les films lauréat seront projetés dans plusieurs salles d'Ile de France d'avril à juin 2006. Pour la liste des salles, merci de consulter le site du FIFDH www.festival-droitsdelhomme.org


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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 23:57

Les détenus mis en cause après les attentats du 16 mai 2003, étaient en grève de la faim pour réclamer une amélioration de leurs conditions de détention.

Cette grève de la faim de 48 heures, entamée le 2O mars dernier par plusieurs détenus, vise à sensibiliser la direction générale des prisons aux revendications des prisonniers salafistes, a déclaré Abderrahim Mouhtadi, responsable de l'association Ennasir, association de soutien aux détenus du 16 mai dernier. Les grévistes de la faim exigent une amélioration de leurs conditions de détention, incluant un meilleur accès aux soins et aux médicaments, a indiqué Mouhtadi. Ils demandent également à être transférés dans des prisons proches de leur famille.

Si ces revendications ne sont pas prises en compte, les grévistes devront entamer une grève de la faim ouverte.

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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 23:27

Le procès du 11 septembre ! Voilà ce qu’est en train de devenir le procès du Français Zacarias Moussaoui en Virginie (Etats-Unis).

Voilà ce dont rêvait Moussaoui dans son délire suicidaire, voilà ce que désirent une majorité d’Américains avec l’administration Bush à leur tête. D’ici quelques jours, les jurés devront prendre une première décision : Moussaoui est-il éligible à la peine de mort ? Si les jurés y répondent négativement (principalement parce que le Français, quand bien même en aurait-il eu l’intention, n’a commis aucun crime), il sera automatiquement condamné à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de remise de peine ni de sortie (aux Etats-Unis, les détenus condamnés aux plus longues peines finissent leurs jours en prison !).

Si les jurés décident que Moussaoui est éligible à la peine capitale, alors commencera une ultime phase du procès, celle des « mitigations », des circonstances atténuantes. Alors la vie du Français (lire l’article de Sébastien Poulet-Goffard) sera étalée sur la place publique, ses avocats (dont le Français François Roux) devront convaincre les jurés que le passé, le parcours, la psychologie de Moussaoui offrent des raisons d’atténuer la sentence. Et à nouveau, dans quelques semaines, les jurés devront définitivement trancher : la vie (en prison) ou la mort.

Mais l’essentiel est-il vraiment là ? S’il ne s’était trouvé une juge courageuse et scrupuleusement attachée aux droits de la défense (même contre l’avis du prévenu et contre les pressions de l’administration fédérale), on peut raisonnablement craindre que Moussaoui aurait été jugé de façon expéditive par une justice militaire, accusatrice et opaque. En matière de justice pénale, dans la lutte contre le terrorisme (Guantanamo entache sérieusement la démocratie américaine) et les jugements d’autres crimes politiques (on pense au procès de Saddam Hussein), les Etats-Unis croient encore et toujours que la peine de mort est la peine adéquate et juste contre les pires criminels qui soient.

Mais Moussaoui nous le prouve lui-même : comme tous les fanatiques, il veut mourir ! De la façon la plus spectaculaire et en provoquant le maximum de dommages. Mettre à mort un terroriste, c’est lui offrir sur un plateau ce qu’il cherche. Il en va de même pour les dictateurs que la justice pénale internationale ne condamne plus à mort. Ne partageons pas cette quête eschatologique avec nos ennemis ! Sachons retenir le glaive de la justice et opposer aux excès de ces criminels la pondération et l’intelligence de la justice des hommes. La peine de mort est vaine et contre-productive ; là où la justice devrait calmer les passions, la peine capitale ajoute de la haine à la haine. Telle est la position des Européens et de la majorité des démocraties dans le monde. Juger et punir, oui ! Mais dans le respect de nos valeurs fondamentales.

De tout cela, les avocats de Moussaoui sont certainement convaincus. Si le procès va jusqu’à l’étude des circonsances atténuantes éventuelles, posons la question : y aura-t-il un avocat pour poser ces questions de principe aux jurés et devant les caméras du monde entier, pour instruire le procès de la peine de mort, pour expliquer aux Américains que, quand bien même leur émotion et les faits rapportés à l’audience les inclineraient à condamner Moussaoui à mort, ils devraient, ils pourraient écarter la peine capitale ? Dans l’intérêt supérieur des Etats-Unis, dans le but de renforcer les assises de nos démocraties, à cause de la vanité et de la contre-productivité de cette peine barbare, Moussaoui ne doit pas être condamné à mort. En Europe, nul doute qu’un Robert Badinter aurait développé un tel argumentaire. La justice américaine se prête moins aux combats d’idées mais un tel procès, exceptionnel et si sensible, pourrait aider à sensibiliser l’opinion publique américaine à des arguments partagés par une majorité d’Européens.

Avec les avocats qui essaient de sauver Moussaoui contre lui-même et la vengeance d’une nation meurtrie, c’est le combat pour la justice et contre la peine de mort qui est en train de se jouer aux Etats-Unis, dans des proportions médiatiques et un écho psychodramatique rarement atteints. Verdict dans quelques semaines.

Michel Taube, Président d'
Ensemble Contre la Peine de Mort
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Derniers Articles

CoalitionsMaghreb

LE MAROC
Née le 10 octobre 2003, la Coalition Nationale pour l'Abolition de la Peine de mort au Maroc (CNAPM) rassemble aujourd'hui 7 ONG :

L'Observatoire Marocain des Prisons / L' AMDH / Le Forum marocain pour la Vérité et la Justice / L'OMDH / Le Centre pour les Droits des Gens (CDG) / L'association des barreaux d'avocats au Maroc / Amnesty International section marocaine.
LA TUNISIE
a également sa Coalition nationale contre la peine de mort, fondée à Tunis le 14 juin 2007 par 7 ONG de défense des droits de l'Homme et une centaine de personnalités des arts, du spectacle et des lettres.
article

 

 

 

 

 

L'ALGERIE
Le 10 octobre 2009, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme) crée l'Alliance algérienne contre la peine de mort. Un premier pas vers l'abolition !

 

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Algérie, Tunisie, Maroc.
Qui abolira en premier ?

* L'Algérie est le seul pays arabe à avoir voté pour la résolution en faveur d'un moratoire sur la peine de mort adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2007

* La Tunisie. Le président Ben Ali s'était engagé à ne jamais signer l'exécution d'un condamné à mort (interview du Figaro Magazine, nov. 2007). Le gouvernement de transition a annoncé qu'il allait signer le 2ème protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort .

* Le Maroc Le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation comprenant l'abolition de la peine de mort. Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) mis en place par le roi en mars 2011 devrait agir en ce sens.  

 

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Etat des lieux de la peine de mort au Maroc (vidéo)  http://www.dailymotion.com/video/xl8sln_mustapha-znaidi-au-rassemblement-de-soutien-a-troy-davis-a-paris-21-09-2011_news 

 

TORTURE / Sur les 141 pays au monde accusés par Amnesty International de pratiquer la torture, le Maroc figure parmi les cinq États où la pratique de la torture est la plus systématique.

Hchouma !

 
Top 5 des pays exécuteurs : Chine (2400 exécutions!), Iran, Irak, Arabie saoudite, États-Unis  (2013). 
La Chine, l’Iran et les États-Unis ont constamment figuré sur la liste des 5 pays ayant exécuté le plus grand nombre de prisonniers depuis les six dernières années. La Chine est responsable, et de loin, du plus grand nombre d’exécutions.