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Derniers chiffres officiels

113 condamnés à mort attendent leur exécution dans les "couloirs de la mort" au Maroc (2014)
En 2012, 6 peines de mort ont été prononcées au Maroc et 10 en 2013.

Une situation en totale contradiction avec :

  • - les engagements pris par le Maroc avec les instances de droits de l'Homme,
  • - les recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER)
  • - la nouvelle constitution qui se réfère au droit à la vie et au droit international.

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Nouvelle constitution marocaine

EXTRAITS

Article 20 : “ Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droi t”.

Article 22 : “ Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique. (...) ”

Abolition !

Le Maroc sera-t-il le second pays arabe (après Djibouti) à abolir la peine de mort? Le royaume pratique depuis 1993 (date de la dernière exécution) un moratoire de fait.
Le débat
est lancé. Juristes, syndicats et partis politiques sont interpellés. Les associations plus que jamais mobilisées.
Le Maroc renforcera-t-il encore son image de pays soucieux des droits de l'homme en abolissant définitivement la peine de mort ?
liste des articles -

ACTU

L'Afrique en marche vers l'abolition. Le Burundi et le Togo abolissent. Le Kenya commue toutes les condamnations à mort (4000). Le Gabon a définitivement aboli la peine de mort (loi votée en février 2011), suivi du Bénin (en août 2011).

Ailleurs : Les élus du Sénat et de la Chambre des représentants du Maryland (Est des Etats-Unis) devraient voter dans les prochains jours une proposition de loi visant à abolir la peine de mort(fév/mars 2013) 

En Tunisie, bien qu'ayant signé le 20 décembre 2012, avec 109 autres Etats, le moratoire des Nations Unies sur l'application de la peine de mort, la Tunisie continue à condamner à mort. En février 2013, le 12 fév 2013, la chambre criminel de la cour d'appel de Sousse condamnait le tueur en série Kamel Lahouel.

En Algérie, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDDH) reçoit en nov. 2011 le feu vert de la présidence de la République pour entamer un programme national devant aboutir à l'abolition de la peine de mort dans la législation algérienne. Mais pourquoi cette proposition de référendum ?
Au Maroc, le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'IER dont l'abolition de la peine de mort. Un Collectif d'ONG appelait en mai 2011 le gouvernement à adopter l'abolition de la peine de mort et à l'inscrire dans la constitution. La Coalition mondiale contre la peine de mort a tenu son assemblée générale du 24 au 26 juin 2011 à Rabat.Le texte intégral de la réforme de la constitution proposée.
Art. 20 : "Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit".
 

- Le Réseau des parlementaires abolitionnistes ont annoncé officiellement, le 4/04/13 lors d'une rencontre avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, leur participation au 5ème Congrès mondial contre la peine de mort  organisé par ECPM à Madrid du 12 au 15 juin 2013.  

Mai 2014 : Les détenus franco-marocains emprisonnés au Maroc ne sont plus transférés en France en raison de la suspension des accords de coopération judiciaires entre les deux pays. Ils envisagent de recourir à la grève de la faim pour être entendus. Parmi eux, plusieurs se disent victimes de tortures. Le Maroc semble craindre pleuvoir les plaintes pour torture, après l'affaire des plaintes contre le chef de la DGST Abdellatif Hammouchi

- La peine de mort en 2012 : la carte du monde

7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 17:54

À son rythme, le procès de l'attentat de Marrakech se poursuit, et ce sont les avocats des victimes qui se sont exprimés hier.

Chaque jeudi, dans la salle vaste et sobre du tribunal de Salé, près de Rabat, le tribunal examine les responsabilités de neuf jeunes hommes venus de Safi, une ville de province, au sud du pays. Parmi eux, Adil El Atmani est renvoyé pour avoir posé la bombe qui a fait dix-sept morts, dont la petite Camille Dewailly, d'Herlies, dans la banlieue de Lille.

C'est à lui principalement que voulaient s'adresser les membres de la famille Dewailly, par l'intermédiaire de leur avocat, Me Frank Berton.

Isabelle, la mère de Camille, avait une nouvelle fois fait le déplacement, en compagnie de sa belle-soeur Nathalie, qui était également dans le café Argana le jour de l'attentat, et qui a été blessée ; de même que Bastien, le grand frère de Camille, dont c'était là le premier déplacement au tribunal de Salé.

En accord avec les autres parties civiles, la famille Dewailly avait décidé de ne pas s'associer à d'éventuelles réquisitions de peine de mort. Car c'est effectivement la peine capitale que risquent les accusés, même si on sait que celle-ci, dans les faits, n'est plus appliquée au Maroc depuis 1992.

« Protégez la démocratie marocaine, ne les condamnez pas à mort car ils veulent montrer qu'ils sont morts en martyrs, a dit Me Berton. Ne leur offrez pas cette occasion. La lâcheté mérite la prison à perpétuité. Il faut qu'ils finissent dans l'oubli. »
Puis, citant Robert Badinter, il a rappelé qu'en France, on célébre actuellement le trentième anniversaire de l'abolition.

« J'ai également rappelé les paroles du père d'Adil El Atmani », raconte l'avocat lillois. Cet homme vivant à Lyon qui avait renié le geste présumé de son fils de manière cruelle : « Si j'avais su qu'il ferait une chose pareille, je l'aurais tué de mes mains.»

 

Émotion dans la salle

Me Berton raconte une salle tendue, pendant sa plaidoirie, et saisie par l'émotion quand il a demandé à Bastien, adolescent toujours convalescent, de se lever dans la salle silencieuse : « Je voulais qu'El Atmani se rende compte de ce qu'il a fait. » Alors, il a brandi une nouvelle fois la photo de la petite Camille, 10 ans, tuée net par la bombe. « Et j'ai cité une sourate du Coran, qui dit : "Ne tuez jamais injustement. Allah vous l'interdit". » Le verdict devrait être prononcé vers le 20 octobre.

 

E. D.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 04:45

Mohammed VI veut inscrire le «droit à la vie» dans la Constitution de son pays, où la dernière exécution remonte à 1993.

 

Le Maroc pourrait être le premier pays du monde arabo-musulman à supprimer la peine de mort. Le texte de la nouvelle Constitution, sur laquelle les électeurs se prononcent par voie de référendum vendredi, ouvre en effet un boulevard aux abolitionnistes. La brèche est ciselée en deux phrases de l'article 20: «Le droit à la vie est le droit de tout être humain. La loi protège ce droit.»

L'absence de référence directe à une interdiction du recours au châtiment suprême avait suscité, après le discours du roi le 17 juin, des interrogations. Le texte faisait-il référence au «droit à la vie», comme on l'entend en Occident avec le débat sur l'avortement, ou visait-il la peine capitale? Interrogé par Le Figaro, Abdelatif Mennouni, le président de la commission de réforme de la Constitution, est formel: l'article est destiné à en finir avec les exécutions.

 

Dernier supplicié

 

«Notre ambition est de promouvoir les aspirations de la société civile en matière de liberté et de droits fondamentaux. On a pensé en rédigeant l'article 20 à permettre l'abolition de la peine de mort. Ce sera au final, comme dans la plupart des pays qui ont pris une telle initiative, au Parlement de se prononcer et d'avaliser la proposition qui sera soumise», explique Abdelatif Mennouni. «Après le référendum, la balle sera dans le camp du Parlement. C'est aux députés de prendre leurs responsabilités», confirme de son côté Driss El Yazimi, le président du Conseil national des droits de l'homme au Maroc (CNDHM).

 

Fortement incitée par l'Union européenne à statuer, l'Assemblée nationale paraît divisée. La crainte du terrorisme fait reculer certains élus tandis que les islamo-conservateurs du Parti pour la justice et le développement (PJD), l'une des principales forces politiques du pays, sont antiabolitionnistes en vertu de leur interprétation de la charia. Le même mouvement a également fait pression et obtenu gain de cause pour voir supprimer la référence à la «liberté de conscience», prévue dans la première mouture de la nouvelle Constitution.

 

Présente dans de nombreux articles du Code pénal, la peine capitale n'a pas été appliquée depuis 1993. Le dernier supplicié est le commissaire Thabet, un policier auteur de viols de jeunes femmes de la bonne société marocaine. Il a été fusillé comme 527 autres personnes sous le règne de Hassan II.

 

Condamnés à mort trois ans plus tard, deux islamistes franco-marocains de la banlieue parisienne n'ont pas été passés par les armes et sont toujours détenus. Ils avaient été défendus au cours de leur procès, à Fès, par un jeune avocat français qui a fait depuis son chemin au Parti socialiste: Arnaud Montebourg. Dans la région, l'Algérie et la Tunisie se sont abstenues ces dernières années de toute exécution judiciaire. En dépit d'un recul général, la pratique reste bien ancrée dans des pays arabo-musulmans comme l'Arabie saoudite, le Yémen ou la Syrie.

 

Thierry Oberlé

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 18:28

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a octroyé, mardi 21 juin, au Maroc le statut de "Partenaire pour la démocratie", souhaitant que d'autres pays de la région puissent bientôt la rejoindre.

 

Cette décision "nous conforte dans nos choix stratégiques", a souligné le président de la Chambre des conseillers (chambre haute) du Maroc, Mohamed Cheikh Biadillah. Le président de la Chambre des représentants (chambre basse), Abdelouahed Radi, a quant à lui remercié l'organisation paneuropéenne pour ce "signe encourageant et de confiance", bien que le Maroc ne soit "pas ici pour recevoir un certificat de bonne conduite", a-t-il souligné.

"Je peux vous assurer que les droits de l'homme sont respectés pareillement sur tout le territoire" a-t-il affirmé aux parlementaires réunis à Strasbourg. "La nouvelle Constitution proclame solennellement le droit à la vie", a-t-il assuré, alors que le royaume observe un moratoire sur la peine de mort. Les Marocains doivent se prononcer par référendum le 1er juillet sur des amendements constitutionnels annoncés vendredi par le roi Mohammed VI, qui renforcent notamment le rôle du premier ministre.

ASSISTANCE À L'ORGANISATION DES PROCHAINES ÉLECTIONS

Le président de l'APCE, Mevlut Cavusoglu, a évoqué les outils dont dispose le Conseil de l'Europe, dont le Centre Nord-Sud installé à Lisbonne et la Commission de Venise dont le Maroc est en fait déjà membre depuis un an. "Nous pouvons prêter assistance à l'organisation des prochaines élections et envoyer des observateurs", a-t-il rappelé.

Rapporteur du projet de partenariat, l'Italien Luca Volontè a souhaité que "la Tunisie demain et qui sait l'Egypte, et dans quelques années la Libye ou la Syrie entament un partenariat qui ne signifie d'ailleurs pas une adhésion".

La résolution adoptée mardi engage le Maroc à promouvoir la participation équilibrée des femmes et des hommes à la vie publique et politique, la liberté de religion, la démocratie locale et régionale. Elle demande à Rabat de supprimer la peine de mort du code pénal, de lutter contre la corruption et de garantir l'indépendance et l'impartialité des juges. La délégation marocaine – six parlementaires et leurs suppléants – ne disposera pas de droit de vote à l'APCE, qui regroupe 47 Etats européens.

 

Le Monde+AFP 21/06/11

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:02

Sous la pression de la rue, mais pas seulement, le roi Mohammed VI a annoncé une « réforme constitutionnelle », qui peut faire du Maroc le pays le plus démocratique du monde arabe. Il n'est pas sûr qu'elle suffise à apaiser le mécontentement social.

 

Et maintenant un « printemps marocain » ? « Tout dépendra de la réponse du pouvoir ! », prédisait un diplomate la semaine dernière à Rabat, commentant les manifestations qui ont mobilisé 60.000 personnes dans 25 villes, le 20 février. La réponse est venue. Et même s'il n'a pas suffi à désamorcer la contestation -comme en témoignent les heurts violents de dimanche, à Casablanca -, le discours du roi marque un virage historique : si la « réforme constitutionnelle » annoncée mercredi soir par Mohammed VI « est bien conduite à son terme, elle fera du Maroc le pays le plus démocratique du monde arabe », apprécie-t-on sur place.

Le roi a donc parlé et accordé ce qui était réclamé... depuis la première Constitution de 1962. Le rôle du Premier ministre sera constitutionnalisé et celui du gouvernement réévalué. La séparation claire des pouvoirs est enfin sur les rails : « L'agenda sera celui du gouvernement et non plus celui du Palais », explique Larabi Jaïdi, universitaire et consultant au Creadh (Centre de recherche et d'études appliquées en développement humain). Au lendemain d'un discours qui fait une telle nouvelle place aux libertés publiques, qu'on pourrait imaginer qu'elle aboutisse à une abolition de la peine de mort, certains entrevoient même à terme un Etat fédéral, puisque l'institution de présidents élus dans le cadre de la future régionalisation a été annoncée.

Pas grand monde au Maroc aurait parié sur de telles concessions. Analystes, diplomates, société civile, opposants, milieux d'affaires et politiques, dans leur large majorité, ne sentaient pas une situation révolutionnaire à la tunisienne ou à l'égyptienne, et une petite musique, distillée au Maroc comme en France, vantait même l'idée d'une « exception » marocaine... « Nous n'avons pas affaire à une situation révolutionnaire. Si révolution il y a, elle sera institutionnelle », expliquait Luis Martinez, directeur scientifique à l'Ecole de gouvernance et d'économie de Rabat. On y est. A quelle logique Mohammed VI a-t-il donc répondu ? Visiblement pas à la seule pression de la rue. Retour sur image.

Si le pays « partage avec tout le monde arabe une hostilité aux régimes en place, car il souffre d'exclusion politique, économique et sociale », comme le souligne Mohamed Darif, professeur de sciences politiques à l'université Hassan-II de Casablanca, « on ne sent pas la même densité de colère, car il n'y a pas la même pression », reconnaît Driss Ksikes, jeune directeur du Cesem (Centre d'études sociales, économiques et managériales) à Rabat. Ici, il n'y a pas de détestation. La raison ? Une histoire, des structures politiques qui ont sécrété les fameuses « soupapes » qui font la différence avec la grande région allant du Maghreb au Moyen-Orient.

Première soupape : la monarchie. Claire, sa légitimité s'impose à tous et dans tous les domaines : le roi est chef religieux, arbitre entre tribus, et chef de l'Etat. « C'est une monarchie très enracinée, avec ses modes de régulation spécifiques. On est loin des régimes d'origine militaire et à parti unique », explique Larabi Jaïdi. Le souverain fédère et est « extrêmement populaire », constatent les politologues étrangers en poste au Maroc. « Jeune, dynamique », le « roi des pauvres », également surnommé « Inaugurator », « est quasiment chaque jour sur le terrain pour lancer des projets sociaux, télévisions à l'appui », soulignent-ils. « S'il y avait un référendum, la majorité des Marocains voteraient pour lui », ironise Mohamed Darif. On lui pardonne donc tout... et les gouvernements ont jusqu'ici fait paratonnerre.

 

Une volonté de modernité économique

 

Deuxième soupape : la - prudente -ouverture politique entamée par Hassan II, trois ans avant de disparaître en 1999. C'est l'« Alternance », qui a porté la gauche au gouvernement. Une politique poursuivie par Mohammed VI, qui a notamment mis en place l'instance Equité et réconciliation -véritable thérapie collective à la sud-africaine postapartheid, destinée à solder les « années de plomb » -, poussé à la naissance d'un droit de la femme et de la famille, et adopté un discours prosocial. Plus ou moins timides, des relais sont là : une société civile plutôt dense (on recense des milliers d'associations et ONG), des syndicats et des manifestations fréquentes ( « La rue est très animée ici », euphémise une Marocaine) et une presse aussi vivante... que régulièrement frappée d'interdictions. « Ce qui est réclamé en Tunisie ou en Egypte a été fait ici il y a quinze ans », souligne Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS basé à Rabat. « Ce fut une période très forte politiquement. Les Marocains ont aujourd'hui l'espoir d'y revenir, en se disant que c'est possible, car cela a déjà existé ! », explique Larabi Jaïdi.

 

Troisième soupape : un volontarisme économique... qui a le don d'énerver les voisins algériens ainsi que les Tunisiens. « C'est sur le plan économique que le roi a placé la modernité du royaume », rappelle Kamel Lahbib, secrétaire général du Forum des alternatives. Grands chantiers d'infrastructures et de logistique (autoroutes, TGV Tanger-Casablanca, port de Tanger Med, parcs industriels...), plans en tout genre (pacte d'émergence industrielle, plan Maroc vert agricole, Vision 2020 pour le tourisme, plan solaire...) se mêlent à une ouverture selon un axe Nord-Sud : au Nord, des accords commerciaux avec l'Union européenne et les Etats-Unis ; au Sud, une stratégie de conquête du continent africain, avec à la clef 3 milliards d'euros d'investissements étrangers par an et un taux de croissance du PIB de 4,5 % en moyenne depuis 2004. « Je n'ai jamais vu le Maroc aller aussi vite », affirme Nadia Salah, directrice des rédactions du groupe « L'Economiste », alors que le pays devient plate-forme financière et hub aérien et commercial. Classé « investment grade » par les agences de notation, il peut emprunter pour moins cher que certains membres de la zone euro. Désireux de couper au passage l'herbe sous les pieds des islamistes - qui d'ailleurs ne demandent pour la plupart qu'à être inclus dans le jeu politique -, Rabat a également aligné des grands plans sociaux : Initiative nationale de développement humain (INDH) de lutte contre la pauvreté, plan Villes sans bidonvilles, Stratégie pour l'emploi 2020...

 

Le 20 février aura montré que ces soupapes ne suffisaient plus. A Rabat et Casablanca, les élites politiques et économiques s'en inquiétaient. Le palais aussi, visiblement.

 

Des réseaux de privilèges

 

Car si l'économie est en plein boom, elle patine aussi. D'abord parce que l'effet d'entraînement des investissements publics tarde à se faire sentir. « Le capitalisme marocain est relativement fatigué. Des self-made-men ont bâti des empires, mais il n'y a pas de relève. Il faut une régénération des entrepreneurs », regrette par ailleurs Mohamed el-Kettani, PDG d'Attijariwafa Bank, la première banque marocaine. « Le pays s'est désindustrialisé », constate encore Mohamed Horani, président de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc). Surtout, « les grands projets structurants ont créé des réseaux de privilèges et autant d'exclus », note un économiste. Les ressentiments sont lourds et font écho aux critiques générales visant la présence de l'entourage du roi et du roi lui-même dans l'économie. La famille royale est partout, jusque dans l'éolien, en passant par la banque, la grande distribution, le tourisme, les nouvelles technologies ou la téléphonie mobile, rappelle-t-on comme une litanie au Maroc. « Il y a un problème de concentration et de gouvernance. Il faudrait donner davantage de pouvoir au Conseil de la concurrence », expliquent des patrons. « Les oligopoles et l'immense secteur informel empêchent l'économie de décoller », conclut un haut fonctionnaire.

 

Panne de la transition démocratique

 

Autre signal au rouge, les indicateurs sociaux ne sont toujours pas bons. Le chômage des jeunes - dont ces fameux « chômeurs diplômés » -peut atteindre 40 % et le revenu par tête ne représente que la moitié de celui de la Tunisie et est au coude-à-coude avec celui de l'Egypte. En 2010, le Maroc arrivait derrière la Tunisie, la Jordanie, l'Algérie, l'Egypte et la Syrie au classement de l'indicateur de développement humain des Nations unies fondé sur la santé, le savoir et le niveau de revenu. « On sent un grand mécontentement social, qui touche d'ailleurs plus la classe moyenne que les pauvres », note Nadia Salah. Cette classe, qui justement fait les révolutions, est en train de s'épuiser. Elle se ruine dans l'éducation de ses enfants et « ne peut que constater l'écart béant et grandissant avec les classes supérieures, frustrée de ne pouvoir partager ni la richesse ni davantage de pouvoir », souligne un grand commis de l'Etat. « Elle est "limite" et, en cas de choc économique, c'est l'incertitude », s'inquiète un observateur étranger.

L'horizon politique est quant à lui depuis des années sinistré. « La transition démocratique est en panne », se plaignait-on partout. Les retombées sécuritaires et les pressions américaines à la suite des attentats de 2003 à Casablanca comme la volonté du jeune roi de s'imposer face aux anciennes générations ont provoqué le retour de l'autoritarisme. « Le roi a voulu s'imposer comme acteur central dans l'espace politique, il revendique une monarchie exécutive : il règne et gouverne », explique Larabi Jaïdi. Résultat : jusqu'ici, il n'y a pas au Maroc de concurrence entre projets de société. « Avant les élections de 2007, le roi a signifié aux partis : c'est moi qui fais le projet de société et c'est vous qui êtes en concurrence pour l'exécuter », se souvient un intellectuel marocain. Résultat : un gouvernement réduit à « attendre les orientations d'en haut » ; des politiques qui se perdent dans des stratégies personnelles ; atomisés et affaiblis, des partis qui ne jouent plus leur rôle ; fatigués, des Marocains qui tournent le dos à l'espace public (le taux de participation électorale dépasse péniblement les 30 %) et des réformes que le palais identifiait lui-même comme indispensables qui n'aboutissent pas : réforme de l'éducation (catastrophique), réforme d'une justice unanimement décriée (qui ferait enfin passer les Marocains de sujets à citoyens) et réforme de la gouvernance (qui libérerait l'espace économique et social). Le système était tout simplement devenu autobloquant. Et le mouvement social réclamant une redistribution des pouvoirs aura « réveillé tout le monde ».

Les événements n'auront peut-être fait qu'accélérer le rythme d'un agenda royal (trop ?) longuement mûri à l'ombre de tous ces périls. « Le roi s'appuie en fait aujourd'hui sur l'opinion publique pour booster les réformes qu'il avait en tête. Il peut les imposer à l'ensemble des acteurs », estime Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS basé à Rabat. « Jeune, il doit également penser à son règne et à sa dynastie. » Mohammed VI voit peut-être encore plus loin : déjà seul à bénéficier d'un « statut avancé » auprès de l'Union européenne, le Maroc peut espérer de nouveaux liens encore plus forts avec l'Europe en lui offrant aujourd'hui de nouvelles convergences démocratiques. Ce qui scellerait une position géopolitique originale. « A quand une nouvelle demande d'adhésion à l'Europe ? » plaisantait-on la semaine passée à Rabat...

 

Daniel Bastien, Les Echos

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 21:54

Sous la pression de deux pays - le Maroc et le Mali - les Nations-Unies ont supprimé la référence explicite aux homosexuels de la résolution condamnant les exécutions arbitraires. Le Centre LGBT de Paris appelle à «un réveil laïc des institutions».

 

Les Nations-Unies ont voté, le 12 novembre,pour exclure la référence explicite à l'orientation sexuelle dans un texte appelant tous les pays à protéger la vie des individus. Et ce, sous la pression de deux pays: le Maroc et le Mali.

La résolution, proposée par la Commission des droits de l'homme de l'Assemblée générale des Nations-Unies, a pour but de dénoncer et d'enquêter sur les exécutions extra-judiciaires arbitraires, motivées par la haine et la discrimination. Une première mouture du texte mentionnait «les préférences sexuelles» parmi les motifs de discrimination. Mais un amendement, présenté par ces deux pays africains, supprimait cette mention explicite (voir ci-dessous). Il a été adopté par 79 voix contre 70, avec l'appui de la majorité des pays africains et arabes, et a été approuvé par l'Assemblée générale de l'Onu par 165 voix en faveur et dix abstentions.

Cette résolution est votée par l'Assemblée générale des Nations-Unies tous les deux ans. Depuis dix ans, elle comprenait une référence à l'orientation sexuelle. La Finlande, la France et la Suisse ont regretté la disparition de cette formulation.

 

Appel à «un réveil laïc des institutions»

 

«C'est un jour de honte dans l'histoire de l'Onu» a commenté l'activiste anglais Peter Tatchell. C'est une «évolution dangereuse et inquiétante» selon l'organisation IGLHRC, qui «élimine la reconnaissance de la vulnérabilité particulière rencontrée par les lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres. Une reconnaissance cruciale au moment où 76 pays à travers le monde criminalisent l'homosexualité, cinq considèrent que c'est un crime capital, et des pays comme l'Ouganda envisagent d'ajouter la peine de mort à leurs lois criminalisant l'homosexualité», a-t-il ajouté.

onu-amendement-mali-marocEn France, le Centre LGBT de Paris-Ile de France ne sera pas le seul à considérer le retrait explicite de la référence à l’orientation sexuelle comme scandaleux et particulièrement préoccupant. «A l’évidence, il s’agit de donner des gages aux intégrismes religieux. (…) Les évangélistes américains ont bien travaillé, ne parvenant à leurs fins dans leur propre pays, ils ont fait de l’Afrique un laboratoire de haine à l’encontre des homosexuels et des lesbiennes.» L'association «en appelle à un réveil laïc des institutions françaises, européennes et mondiales. Il est temps d’agir vite et fort et de tenter de renverser cette situation avant qu’il ne soit trop tard.»

 

Paul Parant, Têtu, 20 nov 2010

 


 

Pas d'homos à l'échaffaud (Ensemble contre la peine de mort)

Dépénalisation de l'homosexualité demandée au Maroc par des associations de droits de l'homme

 

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 15:04

Aucun condamné à mort n'a été éxécuté depuis 1993

 

L'Union européenne a appelé aujouhrd'hui le Maroc, son partenaire privilégié en Afrique du Nord, à "abolir" la peine de mort et a fait comprendre qu'une telle décision "serait la démonstration de valeurs partagées dans le cadre du statut avancé" dont bénéficie le royaume.

  

Dans un communiqué, les 27 ont exprimé leur souhait que "le gouvernement marocain abolisse la peine capitale". "Une telle décision serait la démonstration de valeurs partagées avec l'UE qui constituent la base du développement de nos relations, dans le cadre du statut avancé" octroyé au Maroc en 2008.

Le Maroc est le seul partenaire méditerranéen qui jouit d'un tel statut qu'on lui a octroyé en 2008. La Tunisie pourrait être la suivante à l'obtenir.

La peine de mort est toujours en vigeur, mais depuis 1993, aucun condamné n'a été exécuté. Le dernier condamné à la peine capitale était, en juillet, Tareg Hauari, de 26 ans, qui avait assassiné, en avril dernier, un couple espagnol près de Tanger.

Tout juste avant l'été, Bruxelles avait déjà formulé une autre demande au Maroc qui l'a incommodé encore plus. A la demande du Bureau Juridique du Parlement Européen, la commissaire européenne, Maria Damanaki, demanda à Rabat si l'accord de pêche en vigueur entre le Maroc et l'UE, qui inclue les eaux du Sahara Occidental, bénéficiait la population de l'ancienne colonie espagnole.

Rabat n'a pas répondu à cette question et, probablement, ne le fera pas, comme l'a rappelé le porte-parole du gouvernement marocain, Khaled Naciri, "Le Maroc exerce sa souveraineté et administration dans ce territoire". Par conséquent, ne doit pas être l'objet d'enquêtes spécifiques de la part de l'UE.

Si le Maroc refuse de répondre à cette exigence de la Commission Eurpéenne, il est probable que l'accord de pêche no soit pas rénové. Il est en vigueur depuis 2007 et expire dans 5 mois. Actuellement, 119 bateaux – dont 100 sont espagnols- pêchent dans ces eaux , l'exécutif européen octroie 36,1 millions d'euros annuellement.

Une poignée d'euro députés, majoritairement de gauche, ont demandé mardi au Parlement Européen de ne pas rénover l'accord de pêche avec Rabat si les eaux du Sahara occidental n'étaient pas exclues de son domaine.

 

El Pais, 8/10/2010 traduit.


Texte original :

La UE pide a Rabat que suprima la pena de muerte para poder ahondar su relacion

 Ningun condenado a la pena capital ha sido ejecutado en Marruecos desde 1993.

 

La Unión Europea pidió hoy a Marruecos, su socio privilegiado en el norte de África, que abrogue la pena de muerte y dio a entender que eso ayudaría a ahondar aún más la relación entre Bruselas y Rabat.

 

Los Veintisiete formularon en un comunicado su deseo de que "el Gobierno marroquí derogue la pena capital". "Tal decisión sería la demostración de la existencia de valores compartidos con la UE que constituyen la base del desarrollo de nuestras relaciones en el marco del estatuto avanzado" que fue concedido a Marruecos en 2008.

Marruecos es el único socio mediterráneo de la UE que goza de tal estatuto que le fue otorgado en 2008. Túnez podría ser el siguiente en obtenerlo.

 

La pena de muerte sigue vigente en Marruecos, pero desde 1993 ningún condenado ha sido ejecutado. El último condenado a la pena capital fue, en julio, Tareg Hauari, de 26 años, que en abril pasado asesinó cerca de Tánger , a un matrimonio español.

Justo antes del verano Bruselas ya formuló otra petición a Marruecos que le produjo aún una mayor incomodidad. A instancias de la asesoría jurídica del Parlamento Europeo , la comisaria europea de Pesca, María Damanaki, preguntó a Rabat sí el tratado pesquero vigente entre la UE y Marruecos, que abarca a las aguas del Sáhara Occidental, beneficiaba a la población de la antigua colonia española.

 

Rabat no ha contestado a esta pregunta y probablemente no lo hará porque, como recordó el jueves el portavoz del Gobierno marroquí, Khaled Naciri, "Marruecos ejerce su soberanía y administración en ese territorio". En consecuencia no debe de ser objeto de averiguaciones específicas por parte de la UE.

Si Marruecos se resiste a responder a esa exigencia de la Comisión Europea, es probable que el acuerdo pesquero con la UE no sea renovado. Entró en vigor en 2007 y vence dentro de cinco meses. Actualmente 119 barcos -cien de ellos españoles- faenan en esas aguas por lo que el órgano ejecutivo comunitario abona a Rabat 36,1 millón de euros anuales además de otras contraprestaciones.

Un puñado de eurodiputados, en su mayoría de izquierdas, pidieron además el martes en el Parlamento Europeo que no se renovase el tratado pesquero con Rabat si las aguas del Sáhara no quedaban expresamente excluidas de su ámbito.

 

Ignacio Cembrero

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 23:44

Le meurtrier présumé du buraliste de Magny-les-Hameaux va être enfin jugé, aujourd’hui, au Maroc. « A priori. Maintenant, je suis prudent », tempère Marc Villefayot, l’avocat des parties civiles. Prévu en mars dernier, le procès avait été suspendu au moment du délibéré. La cour d’assises de Fès avait estimé que «l’accusé était dans l’incapacité mentale de se défendre ».

Mais un médecin vient de le déclarer apte à comparaître. « On l’espère en tout cas, résume Pierre, le père du buraliste, qui va se déplacer pour la troisième fois au Maroc. C’est difficile à vivre. Tout remonte à la surface à chaque fois. »

Le 9 février 2006, Hubert Garcia-Bardidia disparaît juste après l’heure de fermeture de son bureau de tabac à Magny-les-Hameaux. Alertés par la famille, les gendarmes inspectent l’établissement. Il manque la recette du jour (1 800 €), des tickets de la Française des jeux, des cartes téléphoniques et des cartouches de cigarettes.

Il encourt la peine de mort

Après avoir envisagé une fugue du jeune père de famille, les enquêteurs s’intéressent à Saïd Msyehi, 30 ans. Ce client de Garcia-Bardidia lui devait 500 € et, surtout, il a pris l’avion le lendemain de la disparition du buraliste. Depuis le Maroc, son pays d’origine, Saïd contacte les gendarmes.

D’après le procès-verbal tiré de la conversation téléphonique, « il bégaye, demande si nous avons des nouvelles d’Hubert ». Deux mois plus tard, Saïd est interpellé. Entendu par la police judiciaire de Fès, il passe aux aveux et indique où trouver le corps du malheureux buraliste, dans un bois de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.

Il raconte avoir voulu voler Garcia-Bardidia pour pouvoir financer son retour au Maroc où l’attendait sa femme enceinte. Grimé, il fait du stop au passage de Garcia-Bardidia, qui ne le reconnaît pas et s’arrête. Sous la menace d’un couteau, Saïd contraint Hubert à retourner au bureau de tabac, le dépouille et l’emmène en forêt. Là, d’après lui, sa victime se serait jetée sur lui, l’obligeant à « le poignarder » pour se défendre. Une thèse qui fait bondir la famille du buraliste. Saïd Msyehi précisera même l’avoir « égorgé pour l’exterminer ». Jugé pour enlèvement, séquestration et meurtre, il encourt la peine de mort.
Matthieu Suc

(22/10/08, le Parisien)

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 18:53
La Coalition mondiale contre la peine de mort a choisi le Maroc pour lancer un moratoire universel contre la peine capitale, en perspective à la journée mondiale contre cette peine, célébrée le 10 octobre a constaté APA à Rabat.

Lors d’une conférence de presse tenue à Rabat, un appel à un moratoire universel sur les exécutions a été lancé par la Coalition mondiale contre la peine de mort.

La Coalition présentera à l’Assemblée générale des Nations unies une pétition signée par plus de cinq millions de personnes à travers le monde entier appelant à un moratoire sur les exécutions et à l’abolition de la peine de mort.

Odile Sidem-Poulain, ancienne secrétaire générale de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme a précisé que le choix du Maroc vient en considération de « plusieurs signes encourageants ».

La campagne internationale a pour but d’appeler les Etats à adopter au niveau des Nations Unies une résolution pour un moratoire universel sur les exécutions de la peine de mort.

Quatre autres conférences de presse sont prévues durant le mois d’octobre à Porto Rico, Kinshasa, Lisbonne et New York pour inviter les pays à voter en faveur de la résolution qui sera soumise à la 62 ème Assemblée générale de l’ONU.

Plusieurs ONG marocaines agissent pour l’abolition de la peine de mort toujours en vigueur au Maroc malgré la suspension d’exécution dont la dernière remonte à 1993 contre un commissaire de police inculpé de viols de plusieurs victimes.

La population carcérale marocaine compte 129 condamnés à mort dont quatre femmes.

A ce jour, 131 pays ont aboli la peine capitale ou ont renoncé à l’appliquer.

Selon les chiffres de l’ONU, 1591 prisonniers ont été exécutés en 2006 notamment en Chine, aux Etats unis, en Iran, en Irak et au Pakistan.

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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 00:00

La situation des droits de l'homme au Maroc s'est nettement améliorée depuis quelques années. Les bagnes clandestins, notamment celui de Tazmamart, où certains prisonniers ont passé plus de 20 ans et d'où beaucoup d'autres ne sont jamais revenus, ont été fermés. Tous les exilés célèbres ont été autorisés à rentrer au pays...

En 2004, Amnesty International dénonce néanmoins une augmentation des cas de torture depuis 2002, année du lancement d'une campagne de lutte contre le terrorisme. Le centre de détention de Témara, situé à une quinzaine de de kilomètres de Rabat et géré par la DST (direction de surveillance du territoire), est particulièrement mis en cause. De nombreux témoins évoquent des tortures systèmatique dans ce centre où la détention est secrete et non reconnue par les autorités, au mépris de législation marocaine et internationale.

« En dépit de progrès récents dans le domaine des droits humains, le Maroc refuse toujours de réagir aux allégations persistantes de torture et de mauvais traitements. Au centre de Témara, les personnes détenues ont été mises au secret, parfois pendant plusieurs mois : des prisonniers ont été interrogés menottés et les yeux bandés, certains dénudés ou suspendus au plafond dans des positions douloureuses. D’autres ont fait état de passages à tabac ou de menaces d’arrestation et de viol de leur épouse ou de leurs proches de sexe féminin. Certains détenus ont été condamnés à mort après des procès manifestement inéquitables. » (extrait de Confluence Méditerranée, n°51 Automne 2004)


La liquidation des « années noires » du règne d’Hassan II
(début des années 1970-début des années 1990) ne fait que commencer.

Dans ce but, le roi a autorisé la création d'une commission baptisée « Équité et réconciliation » (novembre 2003). Mais cette instance agira en dehors de tout cadre judiciare. Il restera impossible de demander des comptes aux agents de l'État responsables des viloations des droits de l'homme.

l'indemnisation des familles des « disparus » (les prisonniers politiques liquidés par les forces de sécurité) a commencé, mais l’État n’a retenu que quelques dizaines de dossier alors qu’on estime à quelque 1500 le nombre de « disparu » (estimation moyenne) sous Hassan II. Par ailleurs, les victimes sont dans l'impossibilité de contester le montant de cette indemnisation.

les poursuites à l’encontre des tortionnaires n'ont pas encore été entreprises. Il est vrai, que Dris Basri, le ministre de l'Intérieur des années noires, et exécuteur des basses besognes, n'a quitté son poste qu'en... novembre 1999.

Aucune instruction n'a jamais été ouverte pour élucider le crime de Mehdi Ben Barka, exécuté en 1965 avec par des officiel marocain avec les complicités française. En 2001, la justice marocaine a tout fait pour empêcher le premier repenti des services spéciaux marocains a venir témoigner devant le juge français qui a rouvert l'affaire 35 ans après les faits. En France, le « secret défence » pèse toujours sur une partie du dossier.

Des problèmes demeurent : Amnesty International continue de dénoncer des cas de détention arbitraires (plusieurs dizaines de prisonniers politiques, notamment des Sahraouis), de torture, de procès inique, de recours à la violence de la part des autorités... La peine de mort est maintenue.

La liberté d'expression, réelle sur bien des sujets, s'arrête là où commence la raison d'État. Deux sujets tabous subsistent :

- la monarchie, les pouvoirs du roi, sa fortune colossale, ce qui se passe dans le Palais...

- le caractère marocain du Sahara occidental, qu'il convient d'appeler les « provinces sahariennes »...

« En septembre 1999, des Étudiants, des personnes licenciées et des handicapés sahraouis ont organisé un sit-in pacifique à Laayoune, au Sahara occidental, pour exprimer des revendications socioéconomiques. Ce mouvement a été violemment réprimé par les forces de sécurité tout comme une marche de protestation organisée quelques jours plus tard en réaction à ces brutalités. Plusieurs dizaines de Sahraouis ont été roués de coups; nombre d'entre eux ont été grièvement blessés, certains soufrant notamment de fractures. Des dizaines de personnes ont été arrêtées. Selon certaines informations, des sévices et des actes de torture auraient été infligés à des détenus ». extrait du rapport 2000 d'Amnesty International.

Voir la fiche sur les médias

À la suite des attentas de mai 2003, un tour de vis sécuritaire a été donné par les autorités : rafles, torture, procès non-stop, condamnations de 850 personnes, dont 16 à la peine de mort, réorganisation et renforcement des appareils de sécurité...

Les organisations de défense des droits de l’homme au Maroc

FVJ, Forum vérité et justice, une association nouvellement créée en novembre 1999 par des victimes de la répression et d’anciens exilés pour faire la lumière sur toutes les violations passées des droits de l'homme au Maroc. Il se bat pour la réhabilitation des victimes et contre l’oubli. Dirigée par Driss Benzekri, un enseignant qui a passé 17 ans de sa vie en prison. Ce forum a organisé en octobre 2000 un pèlerinage sur le site du bagne de Tazmamart (situé à 60 km d’Er-Rachidia).

OMDH, Organisation marocaine des droits humains : Créée en 1988, l’un de ses fondateurs, Omar Azziman, est entré au gouvernement en 1993, où il était chargé du dossier des droits de l'homme. L’OMDH est proche des socialistes.

AMDH, Association marocaine des droits de l’homme.

CCDH, Conseil consultatif des droits de l’homme : organisme officiel où se côtoient des magistrats, des ONG, mais aussi des représentants du ministère de l’Intérieur (partie prenante dans la plupart des violations des droits de l’homme !).

UFA, Union de l'action féminine : né en 1987, bataille pour la réforme de la mudawana, le Code du statut personnel marocain.

ADFM, l’Association démocratique des femmes du Maroc : un des mouvements les plus actifs au sein de la Chabaka, un réseau de soutien au projet gouvernemental de réforme du statut de la femme, qui regroupe quelque 200 organisations non gouvernementales et dont Amina Lemrini assure la coordination.

Bibliographie

Tazmamart cellule 10 par Ahmed Marzouki (Paris-Méditerranée, 2001) : Un des prisonniers du sinistre bagne de Tazmamart décrit par le détail ses 18 ans d’enfermement dans des conditions terribles. Il raconte aussi la mort de ses camarades les uns après les autres… Un livre-choc, le plus gros succès d’édition que le Maroc ait jamais connu.

On affame bien les rats par Abdelaziz Mouride (Paris-Méditerranée, 2001) :La première BD marocaine  : une chronique vécue des années noires de la dictature d'Hassan II. Un détenu raconte son séjour dans la terrible prison de Derb Moulay Cherif à Casablanca.

La Chambre noire par Jaouad M’didech (Eddif, 2001) : Ce livre ressuscite une partie du calvaire de l'auteur qui a passé plus de quatorze ans en prison après avoir été sauvagement torturé dans le centre d'interrogatoire de Derb Moulay Chérif à Casablanca.

La Prisonnière par Malika Oufkir et Michèle Fitoussi (Le Livre de poche, 2000) : Le témoignage de la fille aîné du général Oufkir qui passa son enfance à la Cour d’Hassan II puis à la suite de la trahison de son père fut embastillée avec sa mère et ses frères et sœurs pendant 18 ans sur ordre du souverain. Cet ouvrage raconte ces deux périodes marquantes de la vie de Malika Oufkir passant d’une prison dorée aux terribles geôles du dictateur.

Les Jardins du roi par Fatéma Oufkir (Michel Lafon, 2000) : Le récit de la vie de la veuve du général Oufkir, l’homme de confiance d’Hassan II, qui fut abattu pour trahison. Fatéma a vécu la vie à la Cour, puis les effroyables geôles marocaines. Tel était un des aspects les plus sordide d’un régime qui enferma une épouse et ses 6 enfants durant 18 ans pour les «  punir  » de la trahison de leur mari et père.

Cette aveuglante absence de lumière par Tahar Ben Jelloun (Le Seuil, 2000) : Le récit romancé par le grand écrivain marocain des 18 années passées dans le bagne-mouroir de Tazmamart. Tahar Ben Jelloun s’appuie sur le récit d’un des survivants, Aziz Binebine. Le livre qu’il en tire est une formidable évocation d’un des aspects les plus sordides du règne d’Hassan II, mais la collaboration avec le témoin a provoqué une sérieuse polémique.

Lettre ouverte à mon tortionnairepar Salah El-Ouadie : Le texte se temine par «  Sans haine ni rancune  » signé Salah el Ouadie.

Tazmamart par Christine Daure-Serfaty (Stock, 1992) : C'est le livre qui a dénoncé le bagne dont les autorités marocaines niaient jusqu’à l’existence.

Mort Vivant par Midhat René Bourequat (Pygmalion, 2001), Sous-titre  : Témoignage, Rabat 1973, Paris 1992. C'est le témoignage de plus de dix ans de bagne par l'un des trois frères Bourequat enlevé par la police parallèle du roi du Maroc en 1973. Paru en 1992, le livre a été réédité en 2001.

Dix-huit ans de solitude, Tazmamart par Ali Bourequat (Michel Lafon, 1993) : L'auteur, l'un des trois frères Bourequat enlevés par les hommes d'Hassan II, raconte ses dix-huit années d'enfer dans l'un des plus sinistres bagnes où le souverain marocain enfermait ceux lui déplaisaient.

Notre ami le roi par Gilles Perrault, Gallimard, Collection Folio-actuel, 1998 C'est le livre qui a dénoncé les exactions du roi Hassan II et a fait l'effet d'une bombe dans les relations franco-marocaines. On peut dire avec du recul qu'il a contribué à l'assouplissement du régime, permis la libération des prisonniers des bagnes et par-là même, sauvé leur vie.

Une histoire reste à écrire : celle des centaines de Saharaouis jetés dans les bagnes secrets du roi Hassan II entre 1975 et le début des années 1990. Le Forum Vérité et Justice n'a répertorié à ce jour que 400 survivants

 

 

 

 

 

http://www.bibliomonde.net/pages/fiche-geo-donnee.php3?id_page_donnee=42

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5 octobre 2006 4 05 /10 /octobre /2006 01:04

CASABLANCA, 5 oct (IPS) - Un projet de loi qui abolirait la peine capitale au Maroc pourrait être soumis au parlement au cours des tous prochains mois, a déclaré un membre d'un grand parti politique marocain.

Députée du parti d'opposition, le Front des forces démocratiques (FFD), Bouchra Khiari, qui est en train de prendre les devants de la proposition visant à mettre fin à la peine capitale, a dit à IPS que le projet de loi ''est prêt et a été soumis au secrétariat général du gouvernement''.

S'il est approuvé par le gouvernement, le projet de loi devrait être alors présenté à une commission parlementaire et soumis plus tard au parlement pour un vote.

A part son groupe, Khiari attend le soutien d'autres partis comme l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Le FFD a été créé en 1997 par des membres dissidents du PPS. Mais cela n'affecterait pas la position du PPS vis-à-vis du projet d'abolition.

''La question concerne toute la société marocaine et l'ensemble du processus de démocratisation dans le pays. Nous soutenons l'abolition sur cette base, bien loin d'une quelconque opinion politique limitée'', a déclaré à IPS, Malika Oulialy, membre du comité central du PPS.

''L'abolition va dans le même sens que l'édification d'une société démocratique qui respecte la liberté et les droits, une société qui respecte d'abord le droit à la vie'', a ajouté Oulialy.

Le FFD organisera une conférence sur la peine de mort au cours de la dernière semaine d'octobre. A ce moment, Khiari a dit qu'elle espérait en savoir un peu plus sur les partis qui, en dehors de l'USFP et du PPS, apporteront leur soutien au projet ou ceux qui pourraient s'y opposer.

Si l'abolition de la peine de mort est adoptée par le parlement, le Maroc sera un leader parmi les Etats d'Afrique du nord et du monde arabe musulman. Sur le plan interne, la loi serait l'une des nombreuses réformes que le pays est en train d'entreprendre.

Depuis l'accession au trône du roi Mohamed VI en 1999, le parlement a approuvé une série de changements, dont un nouveau code de la famille qui donne plus de droits aux femmes et une nouvelle loi sur les poursuites pénales, qui offre aux suspects plus de garanties judiciaires.

Le projet d'abolition au Maroc est soutenu par toutes les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l'Homme, et a été recommandé par l'Instance Equité et réconciliation (IER). L'IER a été créée par le roi Mohamed VI pour faire la réconciliation avec les victimes de violations des droits humains durant le règne de son père Hassan II de 1961 à 1999.

La peine capitale semble n'avoir aucune place dans le Maroc d'aujourd'hui, a déclaré à IPS, Ahmed Kouza, un membre d'Amnesty International dans le royaume. ''Dans le passé, la peine de mort était infligée aux opposants politiques''.

L'IER estime à 528 le nombre de personnes tuées durant le règne du roi Hassan II aussi bien dans des exécutions judiciaires qu'extrajudiciaires.

Le membre d'Amnesty a indiqué que les criminels devraient être perçus comme des ''cas pathologiques qui devraient être guéris de l'agressivité et réintégrés plus tard dans la société''. La peine de mort, a ajouté Kouza, ''ne laisse aucune opportunité pour la correction et la réintégration des détenus dans la société''.

La résistance au projet est attendue de certains groupes islamiques qui croient que la loi de la charia impose que la peine de mort soit appliquée dans des crimes comme le meurtre et l'adultère. En particulier, le Parti de la justice et du développement (PJD), le seul parti islamique reconnu par le gouvernement, pourrait combattre le projet de loi.

Des responsables du parti PJD ont rejeté plusieurs demandes d'entretien avec IPS. Toutefois, ce parti n'a que 42 membres dans un parlement de 325 sièges, donc le PJD ne peut pas bloquer l'adoption.

''Je pense que les islamiques s'opposeront au projet d'abolition de la peine de mort parce qu'une telle opposition concorde tout à fait avec leurs fondements idéologiques'', a souligné Oulialy, du PPS.

Pour ce membre du comité central du PPS, l'opposition à l'abolition de la peine de mort pour des motifs religieux pose un problème constitutionnel.

''La constitution dit que le Maroc est un pays islamique. Par conséquent, aucun parti politique ne peut avoir un monopole sur la religion'', a-t-elle estimé.

Oulialy, qui est musulmane, a ajouté : ''L'islam a interdit de tuer. Donc, il n'y a aucune contradiction entre l'islam et la culture des droits de l'Homme''.

L'abolition est une demande sociale et ''concerne toute la société marocaine. Ceci est manifeste dans le fait que la demande d'abolition elle-même était venue pour la première fois d'un groupe d'ONG'', a souligné Oulialy.

Au même moment, tout comme l'implication des partis politiques dans la lutte pour l'abolition, une action civile est également cruciale pour la question de l'éducation de la société.

''Il est nécessaire que la société civile continue d'aller de l'avant. Des conférences et autres activités devraient se tenir pour accroître une prise de conscience de la question'', a-t-elle ajouté. (FIN/2006)

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Derniers Articles

CoalitionsMaghreb

LE MAROC
Née le 10 octobre 2003, la Coalition Nationale pour l'Abolition de la Peine de mort au Maroc (CNAPM) rassemble aujourd'hui 7 ONG :

L'Observatoire Marocain des Prisons / L' AMDH / Le Forum marocain pour la Vérité et la Justice / L'OMDH / Le Centre pour les Droits des Gens (CDG) / L'association des barreaux d'avocats au Maroc / Amnesty International section marocaine.
LA TUNISIE
a également sa Coalition nationale contre la peine de mort, fondée à Tunis le 14 juin 2007 par 7 ONG de défense des droits de l'Homme et une centaine de personnalités des arts, du spectacle et des lettres.
article

 

 

 

 

 

L'ALGERIE
Le 10 octobre 2009, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme) crée l'Alliance algérienne contre la peine de mort. Un premier pas vers l'abolition !

 

 _________________________

 

 

Algérie, Tunisie, Maroc.
Qui abolira en premier ?

* L'Algérie est le seul pays arabe à avoir voté pour la résolution en faveur d'un moratoire sur la peine de mort adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2007

* La Tunisie. Le président Ben Ali s'était engagé à ne jamais signer l'exécution d'un condamné à mort (interview du Figaro Magazine, nov. 2007). Le gouvernement de transition a annoncé qu'il allait signer le 2ème protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort .

* Le Maroc Le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation comprenant l'abolition de la peine de mort. Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) mis en place par le roi en mars 2011 devrait agir en ce sens.  

 

________

 

Etat des lieux de la peine de mort au Maroc (vidéo)  http://www.dailymotion.com/video/xl8sln_mustapha-znaidi-au-rassemblement-de-soutien-a-troy-davis-a-paris-21-09-2011_news 

 

TORTURE / Sur les 141 pays au monde accusés par Amnesty International de pratiquer la torture, le Maroc figure parmi les cinq États où la pratique de la torture est la plus systématique.

Hchouma !

 
Top 5 des pays exécuteurs : Chine (2400 exécutions!), Iran, Irak, Arabie saoudite, États-Unis  (2013). 
La Chine, l’Iran et les États-Unis ont constamment figuré sur la liste des 5 pays ayant exécuté le plus grand nombre de prisonniers depuis les six dernières années. La Chine est responsable, et de loin, du plus grand nombre d’exécutions.