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Derniers chiffres officiels

113 condamnés à mort attendent leur exécution dans les "couloirs de la mort" au Maroc (2014)
En 2012, 6 peines de mort ont été prononcées au Maroc et 10 en 2013.

Une situation en totale contradiction avec :

  • - les engagements pris par le Maroc avec les instances de droits de l'Homme,
  • - les recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER)
  • - la nouvelle constitution qui se réfère au droit à la vie et au droit international.

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Nouvelle constitution marocaine

EXTRAITS

Article 20 : “ Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droi t”.

Article 22 : “ Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique. (...) ”

Abolition !

Le Maroc sera-t-il le second pays arabe (après Djibouti) à abolir la peine de mort? Le royaume pratique depuis 1993 (date de la dernière exécution) un moratoire de fait.
Le débat
est lancé. Juristes, syndicats et partis politiques sont interpellés. Les associations plus que jamais mobilisées.
Le Maroc renforcera-t-il encore son image de pays soucieux des droits de l'homme en abolissant définitivement la peine de mort ?
liste des articles -

ACTU

L'Afrique en marche vers l'abolition. Le Burundi et le Togo abolissent. Le Kenya commue toutes les condamnations à mort (4000). Le Gabon a définitivement aboli la peine de mort (loi votée en février 2011), suivi du Bénin (en août 2011).

Ailleurs : Les élus du Sénat et de la Chambre des représentants du Maryland (Est des Etats-Unis) devraient voter dans les prochains jours une proposition de loi visant à abolir la peine de mort(fév/mars 2013) 

En Tunisie, bien qu'ayant signé le 20 décembre 2012, avec 109 autres Etats, le moratoire des Nations Unies sur l'application de la peine de mort, la Tunisie continue à condamner à mort. En février 2013, le 12 fév 2013, la chambre criminel de la cour d'appel de Sousse condamnait le tueur en série Kamel Lahouel.

En Algérie, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDDH) reçoit en nov. 2011 le feu vert de la présidence de la République pour entamer un programme national devant aboutir à l'abolition de la peine de mort dans la législation algérienne. Mais pourquoi cette proposition de référendum ?
Au Maroc, le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'IER dont l'abolition de la peine de mort. Un Collectif d'ONG appelait en mai 2011 le gouvernement à adopter l'abolition de la peine de mort et à l'inscrire dans la constitution. La Coalition mondiale contre la peine de mort a tenu son assemblée générale du 24 au 26 juin 2011 à Rabat.Le texte intégral de la réforme de la constitution proposée.
Art. 20 : "Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit".
 

- Le Réseau des parlementaires abolitionnistes ont annoncé officiellement, le 4/04/13 lors d'une rencontre avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, leur participation au 5ème Congrès mondial contre la peine de mort  organisé par ECPM à Madrid du 12 au 15 juin 2013.  

Mai 2014 : Les détenus franco-marocains emprisonnés au Maroc ne sont plus transférés en France en raison de la suspension des accords de coopération judiciaires entre les deux pays. Ils envisagent de recourir à la grève de la faim pour être entendus. Parmi eux, plusieurs se disent victimes de tortures. Le Maroc semble craindre pleuvoir les plaintes pour torture, après l'affaire des plaintes contre le chef de la DGST Abdellatif Hammouchi

- La peine de mort en 2012 : la carte du monde

18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 00:28

Dix jours après la spectaculaire évasion de la prison centrale de Kénitra de neuf détenus islamistes - dont un condamné à mort et quatre à perpétuité - les autorités marocaines se refusent toujours à fournir une explication officielle. «La nature des complicités dont ont bénéficié les évadés islamistes à l’intérieur des prisons est problématique, explique une source proche de l’administration pénitentiaire. La corruption ne peut pas tout expliquer, on a aussi pu fermer les yeux par complaisance, ce qui serait beaucoup plus grave.»

Four à pain. Reconstitué en grande partie par la presse, le scénario de l’évasion suscite de nombreuses interrogations. Logés dans deux cellules mitoyennes, les détenus, (parmi eux un maçon de 35 ans), avaient alors profité en novembre de la mise en place d’un lavabo, réclamé «pour pouvoir effectuer leurs ablations quotidiennes», pour relier leurs cellules en perforant un trou de 50 cm dans le mur mitoyen, rapporte le journal TelQuel, hebdomadaire marocain indépendant. Deux à trois mois plus tard, les «travaux» de construction du tunnel libérateur, auraient alors débuté.

Creusé sous les toilettes d’une des cellules, à trois mètres de profondeur, le tunnel longeait sur une vingtaine de mètres le tracé d’une canalisation d’eaux usées franchissant le mur d’enceinte de la prison et menant sous le jardin du directeur, par lesquels les évadés ont pris la fuite lundi 7 avril à 5 h 30 du matin. «Petites cuillères, casseroles et barre de fer» , rapporte unanimement la presse, ont permis aux détenus pour la plupart âgés entre 25 et 35 ans de déblayer le tunnel. Les mottes de terre dégagées étaient entassées dans une quarantaine de sacs de farine, «provenant du four à pain de la prison», qui auraient été retrouvés dissimulés dans les deux cellules exiguës.

L’absence évidente de fouille minutieuse et régulière des cellules des détenus a relancé, au Maroc, le débat sur les conditions de détention du millier de prisonniers islamistes répartis dans sept prisons à travers le royaume. Incarcérés en masse après les attentats de Casablanca en mai 2003, les détenus salafistes ont fini par progressivement s’organiser.

Quartiers réservés. En mai 2005, une première grève de la faim de quarante-huit jours avait conduit les autorités pénitentiaires à desserrer l’étau dans lequel ces prisonniers étaient jusque-là maintenus. Visites conjugales, téléphones portables, cellules de deux à trois prisonniers contre une vingtaine en moyenne, les islamistes, isolés dans des quartiers réservés, ont ainsi vu leurs traitements sensiblement s’améliorer par rapport aux détenus de droit commun. «Leur nombre fait qu’ils peuvent faire pression sur l’administration sans compter que, le plus souvent, les gardiens sympathisent avec ces détenus qui font leur prière», note Abderahim Mourtadade, président de l’Association des familles des détenus islamistes. «Et puis, les gardiens sont débordés. A Ain Borja, à Casablanca, on compte sept gardiens pour 200 prisonniers islamistes qui finalement s’autogèrent».

Prisons vétustes et surpeuplées, gardiens sous-payés, le système pénitentiaire marocain est au bord de l’implosion. Les 60 000 détenus que renferment les 59 prisons partagent un lit à trois dans des cellules où l’on compte à peine 1,5 mètre carré par détenu. Conscients des enjeux, les pouvoirs publics ont lancé la construction de 4 nouveaux établissements pénitentiaires en 2005 quand pourtant 20 centres supplémentaires seraient nécessaires, expliquait cet automne le ministre de la Justice, plaidant pour une rallonge budgétaire. Alourdies par une justice prompte à appliquer de lourdes peines, les prisons débordées et corrompues ont laissé s’échapper en 2006 une vingtaine de prisonniers, 12 d’entre eux avaient été rattrapés.

Lundi, les 9 islamistes dont 2 membres d’une cellule terroriste responsable en 2002 et 2003 de meurtres et d’enlèvement particulièrement violents étaient toujours en fuite. Dans un message accroché au mur de la cellule, les évadés, qui s’excusaient «pour le dérangement», précisaient ne vouloir faire du mal à qui que ce soit «si personne ne [leur] fait du mal».

Nadia Hachimi Alaoui, 18 avilr 2008, Libération, France

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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 00:55

RABAT - Des parents de détenus islamistes à Kenitra, en grève de la faim depuis neuf jours, ont demandé jeudi au Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) et au ministère de la Justice le transfert de leur mari ou fils vers des prisons proches de leur domicile, a-t-on appris auprès des familles.

L'un de ces 36 grévistes de la faim de Kenitra, Abdelhak Mouhine, condamné à perpétuité, a été transféré jeudi matin à l'hôpital dans un état grave, selon Abderrahim Mahtade, président d'Annassir, une association de soutien aux prisonniers islamistes.

"Les 36 détenus ne s'alimentent plus depuis le 16 juillet et sont décidés à aller jusqu'au bout. Notre démarche vise à informer les autorités sur leur sort pour qu'elles ne puissent pas, en cas de malheur, prétendre qu'elles ne savaient pas", a-t-il affirmé à l'AFP.

Une délégation a été reçue au CCDH par le responsable de l'unité chargée de la protection et des violations des droits de l'homme qui a promis de transmettre le dossier au Conseil, selon une des participantes.

Par la suite, M. Mahtade a eu un entretien avec le secrétaire général du ministère de la Justice Mohamed Lididi. "Il a promis d'étudier cette question des transferts et nous attendons sa réponse", a déclaré à l'AFP le président d'Annassir.

Après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, cinq attaques-suicides quasi-simultanées qui avaient fait 45 morts, dont 12 kamikazes, et des dizaines de blessés, plus de 2.000 islamistes avaient été arrêtés, dont 1.087 condamnés à différentes peines, 56 à la prison à perpétuité et 17 à la peine de mort, selon des chiffres officiels.

Les 800 détenus islamistes du Maroc achevaient jeudi une grève de la faim de 48 heures, en solidarité avec les 36 prisonniers de Kenitra.

Jeudi, une vingtaine de parents des grévistes de la faim, originaires de Casablanca et de Meknès, en grande majorité des femmes, étaient venus jeudi dans la capitale. Elles étaient pour la plupart vêtues d'une djellaba, coiffées d'un simple foulard, et deux seulement portaient la tenue islamique stricte qui couvre entièrement le visage.

"Je ne rends visite à mon mari qu'une fois tous les deux mois car l'autobus et les taxis à partir de Cabablanca me coûtent 100 dirhams (9 euros)", a expliqué Noura Khoudir, la femme de Rahim Abdelhak, 32 ans, condamné à la prison à vie après les attentats de mai 2003.

"La vie est déjà très dure sans mari pour nous soutenir, nous demandons seulement aux autorités de nous la faciliter un peu", a expliqué la mère de Belreki Taha, condamné à perpétuité à l'âge de 19 ans et qui marche avec des béquilles car il a reçu, selon sa mère, 7 balles dans les jambes lors de son arrestation en mai 2003.

"Bien sur que le transfert n'est qu'un peu d'aspirine pour soigner une plaie beaucoup plus grave, mais au moins cela soulage", a confié de son côté Fatiha Mohamed Taher Hassani, qui a épousé il y a un an Omar Marouf, 42 ans, condamné à mort.

Cette femme, qui porte le hijab, avait été auparavant l'épouse de l'islamiste marocain Abdelkrim Mejjati, tué en avril 2005 lors d'affrontements avec les forces de l'ordre saoudiennes à Ryad.

(©AFP / 26 juillet 2007 17h35)

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21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 00:15

Le nombre de décès dans les prisons suscite des inquiétudes du côté associatif. L’Observatoire marocain des prisons (OMP) et l’Association marocaine des droits humains (AMDH) expriment leur préoccupation.


Une fois de plus, nos prisons font parler d’elles. Des associations ont attiré l’attention, hier, sur le nombre croissant des décès enregistrés dans les pénitenciers. La mort de cinq détenus à Casablanca, Kénitra, Souk Larba et à Oujda, en quelques jours est à l’origine des ces inquiétudes. Dans un communiqué, l’Observatoire marocain des prisons (OMP) évoque la nécessité d’engager des enquêtes "impartiales et sérieuses" afin de déterminer les causes et les responsabilités dans ces décès. Même son de cloche du côté de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Le bureau central de cette dernière a vivement critiqué les conditions inhumaines dans lesquelles sont forcés de vivre les détenus. L’AMDH a lancé un appel, dans un communiqué, pour le respect des droits des personnes détenues et a rejoint l’OMP dans sa demande d’ouvrir une enquête.


Au moins 90 personnes ont trouvé la mort alors qu’elles purgeaient leur peine dans les prisons. Et d’après le rapport annuel de l’OMP de 2005, 124 détenus ont perdu la vie dans les prisons. L’origine du décès pour 36 d’entre eux est liée à une pathologie cardiaque, 30 autres à une pathologie pulmonaire, alors qu’une dizaine souffrait de différentes infections particulièrement digestives et cancéreuses. Le nombre de suicides enregistrés en 2005 n’est pas aussi important, selon le rapport de l’OMP qui fait état de six cas de ce genre. Les raisons des décès restent donc, en majorité, liées aux maladies chroniques, mais surtout à l’absence d’une prise en charge correcte. L’OMP a souligné dans son rapport que le budget alloué à l’achat de médicaments ne dépassait guère les 400.000 DH, tandis que celui consacré à l’acquisition de fournitures médicales était de l’ordre de 342.320 DH.  En matière de contrôle, les différentes commissions provinciales n’ont effectué tout au long de 2005 que 73 visites dans les prisons. Ce qui se traduit, d’après l’OMP, par une visite annuelle par centre qui est «très insuffisant vu l’ampleur des problèmes».  Il faut rappeler que le Maroc compte un total de 59 prisons qui ont accueilli 79.571 détenus en 2005. Au 31 décembre de l’année dernière, ils étaient 50.933 détenus dans les prisons, dont 1.227 femmes.

L’OMP a recueilli de nombreuses plaintes sur les conditions de détention et sur l’état des lieux en matière de prise en charge. Dans son rapport 2005, il fait état notamment du cas de Mahjoub Farhani qui était détenu à Oukacha. Ce dernier, souffrant d’une maladie cardiaque aurait perdu la vie pour cause d’insuffisance en matière de traitement et du refus de son transfert à un hôpital. L’OMP a envoyé une lettre au directeur général et au ministre de la justice afin d’ouvrir une enquête à ce sujet. Ce contexte légitime l’appel de l’OMP à la nécessité d’harmoniser la législation marocaine avec les conventions internationales des droits humains surtout en ce qui concerne les conditions minimales de traitement des détenus.

Leila Hallaoui
(21 nov. 2006)

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 19:00

La situation des prisons sous la loupe de l'Observatoire marocain des prisons : Protéger les droits des prisonniers

Dans son rapport relatif à l'année 2005, présenté jeudi soir à la presse, l'OMP appelle les autorités concernées à améliorer les conditions de vie dans les prisons, conformément aux conventions internationales en matière des droits humains et à la législation nationale régissant le secteur carcéral.

Mettant en avant «la nécessité  urgente d'harmoniser» cette législation avec les dites conventions, pour ce qui porte sur les conditions minimales de traitement des détenus, il recommande une mise en oeuvre «effective» des principes de non discrimination à l'égard des femmes, et également des garanties assurées par la législation du pays.
Outre l' «opérationnalisation et la mise en oeuvre» des commissions de surveillance des prisons, l'OMP demande la «promotion de peines alternatives non privatives de liberté et de peines assorties de sursis», et   le lancement de «programmes  éducatifs et de loisirs réguliers et permanents» au profit de la population carcérale.
L'ONG exige également une amélioration des «conditions morales et matérielles» des fonctionnaires de l'administration pénitentiaire, afin de leur permettre de «s'acquitter de leurs missions d'éducation et d¹encadrement selon les normes internationales de droits humains».

De même, les autorités pénitentiaires sont invitées à décider une hausse de budgets alloués aux prisons, pour leur permettre d'assurer des «conditions de dignité humaine aux détenus en conformité avec les conventions internationales».

Concernant ses rapports avec la société civile, l'administration des prisons est appelée à «s'ouvrir» sur les ONG et à «faciliter leur travail», afin qu'elles «puissent mieux accomplir leur mission».
Se montrant très préoccupé par les conditions plus difficiles de personnes condamnées à mort, l'OMP rappelle sa doléance relative à l'abolition de la peine de mort.

Créé en 1999 par des militants des droits de l'Homme, l¹OMP est une ONG qui aspire à la protection des droits des prisonniers.
Ses objectifs portent sur l'observation des conditions de détention, la collecte, traitement et suivi de plaintes relevant des détenus et de leurs familles qui sont victimes de violations de droits fondamentaux. Il oeuvre aussi pour l'information et la sensibilisation des responsables et l'opinion publique à la situation dans les prisons.
La réforme du système carcéral à travers la révision des lois et l¹abolition de la pine de mort, figure parmi les actions importantes de plaidoirie de l'organisation.
Composante du mouvement de défense des droits humains, l'OMP est membre des coalitions marocaine et mondiale contre la peine de mort.

Depuis sa création, il a dans son actif, de nombreux rapports importants renseignant sur la question carcérale au Maroc.
«Après plusieurs années d'observation et de suivi des situations de prisonniers et de prisons, nous insistons sur la mise sur pied d'une politique carcérale fondée sur l¹ouverture sur la société civile, l'humanisation des prisons et la détention du prisonnier dans des conditions préservant sa dignité » déclare l¹avocat Abderrahim Jamai, secrétaire général de l'OMP à l'occasion de la présentation du raort 2005.
«Nous insistons cette fois aussi sur la problématique de la mise en oeuvre de lois régissant les établissements pénitentiaires, restant lettre morte, même si ces lois ne sont pas au niveau de nos attentes», ajoute Abdallah Massdad, membre du bureau exécutif de l'OMP, qui fait partie du bureau central de l¹AMDH (Association marocaine des droits de l¹Homme).
La prison «doit revenir à sa vraie mission, celle de protéger la société»  estime Jawad Skalli, membre responsable à l'ONG qui était parmi les exilés marocains à l'étranger pour plusieurs années.

Mustapha Znaidi

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 02:50

Le problème de la surpopulation carcérale fait partie des "grands obstacles" qui continuent de gêner les efforts déployés pour l'humanisation des conditions d'incarcération, même s'il y a eu des effets positifs de l'augmentation du nombre des établissements pénitentiaires, estime l'Observatoire marocain des prisons. 

"Les établissements pénitentiaires reçoivent plus que le double de leur capacité d'hébergement supposée", a affirmé jeudi le président de l'Observatoire Abderrahim Jamaï, dans une conférence de presse pour la présentation du rapport annuel de son institution.

La surpopulation a des "conséquences graves" sur la vie dans l'espace carcéral, en ce sens qu'elle favorise la promiscuité et la violence et gêne grandement les fonctionnaires dans l'accomplissements de leur mission d'encadrement des prisonniers

Le rapport fait état d'"insuffisances de services", particulièrement en matière d'hygiène personnelle, d'alimentation, d'enseignement, de formation professionnelle et de soins de santé.

Le rapport propose plusieurs recommandations pour l'amélioration de la situation dans les prisons marocaines, notamment "la nécessité urgente d'harmoniser la législation marocaine avec les conventions internationales des droits humains, particulièrement en ce qui concerne les conditions minimales de traitement des détenus", ainsi que la mise en uvre "effective" des principes de non discrimination et des garanties offertes par la législation nationale et l'abolition de la peine de mort.

L'observatoire se prononce aussi pour une "opérationnalisation" des commissions de surveillance des prisons, l'ouverture et la facilité de travail des organisations de la société civile, la promotion des peines alternatives et des peines assorties de sursis, l'amélioration des conditions morales et matérielles des fonctionnaires, l'augmentation des budgets des établissements pénitentiaires et la mise sur pied, à l'intention de la population carcérale, de programmes "réguliers et permanents" d'éducation de loisirs.

L'Observatoire marocain des prisons est une organisation non-gouvernementale (ONG) fondée en 1999 par des militants des droits de l'homme.

Cette institution se fixe pour objectif de protéger les droits des détenus à travers la surveillance de la situation dans les établissements pénitentiaires au Maroc.

MAP

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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 00:44

RABAT (MAP) - Un détenu de la prison locale d'Aït Melloul s'est suicidé, samedi matin, par pendaison après avoir attaché un drap à une canalisation de la douche à l'intérieur de la cellule qu'il partageait avec d'autres incarcérés.

Le détenu Jouicha Abdelghani a trouvé la mort après avoir été transporté à la clinique du pénitentiaire pour recevoir les soins nécessaires, indique un communiqué de la direction de la prison d'Aït Melloul dont copie est parvenue samedi à la MAP.

Le directeur de la prison précise que le détenu, qui purgeait une peine de dix ans notamment pour constitution d'une bande criminelle et vol, est atteint d'une maladie mentale, ajoutant qu'il recevait des soins dispensés par un psychanalyste à l'hôpital régional d'Inezgane.

Le communiqué note que la direction de la prison a saisi le parquet général et la police judiciaire qui se sont dépêchés sur les lieux du suicide, ajoutant que la famille du détenu a également été prévenue.

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 11:30

Le Maroc est encore une fois cité dans l'affaire des « black sites » (sites secrets de détention). Selon le dernier rapport d'Amnesty International, le Royaume aurait bel et bien participé au transfert secret de prisonniers dans le cadre d'opérations de "restitution" orchestrées par la CIA.

Dans ce rapport, "Etats-Unis hors de portée des radars : vols secrets torture et disparition" qui a été rendu public le 6 avril dernier, le Maroc figure en bonne place. Dans le chapitre réservé aux "transferts vers la torture", L'ONG s'étale sur le cas de Mohammed Haydar Zammar, l'un des membres présumés de la "cellule de Hambourg". Ce ressortissant allemand d'origine syrienne a été interrogé par les autorités allemandes après les attentats du 11 septembre, puis relâché pour insuffisance de preuves. Il a ensuite voyagé au Maroc où il passa quelques semaines avant de prendre des vacances sur l'Ile Maurice. A son retour, en décembre 2001, il est arrêté à l'aéroport Mohammed V par des agents de renseignements marocains "agissant, selon toute vraisemblance, sur la base d'informations fournies par l'Allemagne". Il y passera deux semaines où il sera "interrogé par des agents des services de renseignements marocains et américains, puis transféré à Damas à bord d'un avion Gulfstream V affrété par la CIA, apparemment pour qu'il y soit questionné sous la torture", peut-on lire dans le rapport. Dans cette partie réservée au cas Zammar, Amnesty International apporte des preuves de l'implication du Maroc dans cette opération, notamment en citant le témoignage de Robert Baer, un ex-agent de la CIA. Celui-ci affirme clairement que "les Etats-Unis ont obtenu la collaboration du gouvernement marocain pour que Zammar soit interpellé au Maroc, transféré en Jordanie puis en Syrie ». Le rapport revient également sur les fameux voyages organisés par la CIA et les itinéraires empruntés par les avions. Là encore, le Maroc est présent.

L'ONG le cite dans les itinéraires de trois des quatre avions utilisés dans cette opération. Au total, il s'agit, selon l'ONG, de 22 voyages ayant transité par Rabat et de deux par la ville de Marrakech. Le dernier document d'Amnesty coïncide avec le procès de Binyam Mohammed, qui accuse ouvertement les Marocains de l'avoir torturé pendant dix-huit mois. Lors d'une première audience, tenue début avril au tribunal de Guantanamo, l'avocat de ce citoyen britannique d'origine éthiopienne a répété devant le juge que Binyam a admis toutes sortes de choses pour échapper à la torture qu'il aurait endurée au Maroc.

Binyam enfonce le clou

Binyam lui, a répété en substance ce qu'il avait auparavant déclaré à la presse, notamment à "The Observer", comme aux organisations de droits de l'homme. Il parle de différents procédés de torture dont il a été victime lors de son passage sur le territoire marocain : suspension, blessures à l'arme blanche… Dans une de ses récentes déclarations, Clive Stafford Smith, l'avocat britannique de Binyam ne cache pas sa colère et sa frustration. « Si vous pensez que des gens ont subi des traitements cruels à Guantanamo, ce n'est rien en comparaison avec ce qui se passe ailleurs. Un de mes clients s'appelle Binyam Mohammed. Il a été remis au Maroc. Nous avons les numéros de vols. Nous disposons même des noms des soldats à bord du vol. Il a été torturé pendant 18 mois. On lui a tailladé le pénis avec une lame de rasoir, bon dieu ! Et maintenant, l'armée américaine est en train de le juger à Guantanamo », s'insurge-t-il lors d'une interview accordée à "Democracy Now".

Binyam qui a été interpellé par la police pakistanaise, le 10 avril 2002 à Karachi, dit avoir été transféré au Maroc trois mois plus tard. Il y aurait été torturé pour admettre ses liens avec José Padilla, celui que le gouvernement U.S accusait d'avoir planifié un attentat à la bombe sale. Le même Padilla a été acquitté par la suite par la justice américaine ! Pour l'éventuelle présence de sites secrets au Maroc, comme pour les détentions secrètes de présumés membres d'Al Qaïda sur notre sol, la réaction du gouvernement marocain a été catégorique.

Le porte-parole du gouvernement, M. Nabil Benabdallah, a carrément accusé le Journal Hebdomadaire qui a publié nombre d'articles sur ce sujet de faire dans le factice. « Cet hebdomadaire se prête à un jeu dangereux et pernicieux susceptible de semer le trouble au sein de l'opinion publique à travers la publication d'informations mensongères d'une grande gravité, sans prendre la peine de les vérifier au préalable », avait-il déclaré à l'agence MAP en janvier dernier.
Même son de cloche chez l'ex-ministre de l'Intérieur, El Mostapha Sahel, qui n'a pas hésité à montrer "son indignation face à ce genre d'informations irresponsables", tout en déplorant que « certains médias n'hésitent pas à publier de fausses informations sans se soucier de leur impact sur l'opinion publique ni sur l'image du Maroc ». Une image qui se trouve maintenant sérieusement mise à mal par un rapport d'une ONG au-dessus de tout soupçon et par des témoignages devant une cour de justice américaine !

Au total, il s'agit de 22 voyages ayant transité par Rabat et de deux par la ville de Marrakech.

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 00:00
Centre de réinsertion des jeunes détenus

La vie ne s’arrête pas à la prison, ni au fait d’en avoir fait ! A l’intérieur de ce bâtiment à la façade grise, moche, même monstrueuse, des centaines de jeunes détenus, enfants et adolescents, continuent de vivre leur vie. Leur désormais «ordinaire» qui ne leur ferme en rien les portes de l’avenir. Dans cette prison pour mineurs, on apprend un métier, on fait des études, du dessin ou du jardinage… rien de monstrueux !
Le temps semble s’arrêter devant cette énorme porte en fer, à peine trouée d’un côté pour permettre au gardien d’entrevoir les visiteurs. Une dizaine de femmes chargées de paniers et autres sacs ont commencé à arriver depuis la matinée. Formant des petits groupes, elles ne manquent pas de sujets de conversation. Car derrière ce mur, chacune à un fils emprisonné. Nous sommes devant le centre de réinsertion de jeunes détenus de Aïn Sebâa à Casablanca. 11h précise, la porte s’ouvre pour les quelques visiteurs. Les visites étant permises tous les jours à l’exception du week-end. Les familles ne se bousculent pas pour autant. Pas moins de 1055 jeunes prisonniers sont enfermés dans ce bâtiment. Le nombre de visiteurs ne dépasse pas une petite dizaine par jour. Parmi les détenus, aussi jeunes soient-ils, il y en a qui ont passé des mois dans cette prison sans jamais avoir reçu la visite d’un seul proche.

Houssine en est un. Cet enfant de 13 ans n’a jamais reçu une seule visite, même pas de ses propres parents, depuis son incarcération il y a 9 mois. “Ils habitent loin dans la campagne. Ils ne peuvent pas se déplacer pour me voir”, explique-t-il sans rancune. Petit chouchou du centre et de sa «Mama Assia», Houssine est a priori un gentil garçon, discret, presque timide. Derrière son air visiblement calme et réservé, le petit cache décidément un sacré caractère nerveux. Preuve en est la raison de son incarcération : “J’ai commis un meurtre!”, lance-t-il, timidement, mais sans état d’âme… “Je travaillais dans le commerce de poisson. Un matin j’avais commencé normalement ma journée de travail lorsqu’un gars est venu me déranger, il m’a provoqué et poussé à bout. Je lui ai mis le couteau que j’avais dans la main à l’intérieur du ventre”. Le détenu, très jeune, complètement inconscient certainement en effectuant cet assassinat attend toujours que le jugement final le concernant tombe. En attendant, il ne perd pas son temps. Les neuf mois qu’il a passé dans le centre lui ont permis de suivre des cours de menuiserie dans le cadre de la formation professionnelle ouverte à tous les jeunes détenus. L’enfant habile se balade désormais avec son luth. Son désormais motif de fierté, puisqu’il a réussi à le fabriquer lui-même. “Maintenant que j’ai l’instrument, j’ai envie de me mettre à apprendre de la musique. Je voudrais devenir musicien”, confie-t-il tout sourire.

«Mama Assia», une bouffée d’oxygène quotidienne

Dès qu’elle apparaît derrière les barreaux, les adolescents montrent des signes de joie. Assia El Ouadie ne laisse pas passer un jour sans aller à la rencontre de ses enfants des différents centres de détention de mineurs qu’elle dirige. A peine arrivée, Assia commence par faire un saut très rapide à son bureau où elle vérifie l’avancement des demandes de sorties de certains pour les fêtes. “A présent, les enfants peuvent enfin bénéficier de leur droit à la sortie pendant quelques jours, le temps de passer certaines fêtes avec leurs familles”, signale-t-elle.

Le droit de certains prisonniers à sortir pour les fêtes existe pourtant depuis longtemps dans la loi marocaine sans jamais être appliqué. Certaines conditions sont tout de même à remplir. Pour se voir accorder ce privilège, le détenu demandeur doit ainsi avoir déjà fait l’objet d’un jugement final, avoir purgé au moins la moitié de sa peine et, enfin, présenter l’assurance d’avoir une famille pour l’héberger à l’extérieur. Tout en examinant les demandes, Assia El Ouadie parle affectueusement du centre, de ces centaines d’enfants et d’adolescents qu’elle materne. “Notre travail ici est simple : faire sentir et surtout faire comprendre à ces jeunes qu’ils ne sont pas différents de ceux restés à l’extérieur. Qu’ils ne sont que des êtres humains susceptibles de commettre des fautes. Des fautes, ils en ont commis mais peuvent tout aussi bien se faire pardonner. Généralement, nous arrivons à leur transmettre ce message à notre niveau, encore faut-il que la main leur soit tendue à l’extérieur… ce n’est souvent pas le cas malheureusement !”, regrette El Ouadie. La main leur est effectivement rarement tendue à l’extérieur. Une fois dehors, ils sont agressés par les jugements de leur entourage. Souvent prénommés “ouled lhebss” (les enfants de prison), il leur devient difficile de s’intégrer socialement, encore moins professionnellement. La réintégration scolaire devient, pour sa part, des plus difficiles…

La tournée d’Assia El Ouadie fait le plus grand bien aux jeunes détenus. Dès qu’elle dépasse les barreaux de fer pour se mélanger avec les centaines de jeunes détenus, ces derniers se précipitent l’un après l’autre, pour lui faire une demande, se plaindre d’un problème, partager une bonne nouvelle venue de l’extérieur, ou alors simplement se contenter de l’embrasser affectueusement sur la tête. Le premier réflexe de la directrice était de s’assurer auprès de l’un des éducateurs que «ses» enfants avaient bien chanté l’hymne national la matinée.

Et c’est parti pour une longue tournée de 2 bonnes heures dans l’ensemble des pavillons du centre. Elle commence par la cuisine, où certains jeunes semblaient absorbés par leurs marmites. Une dizaine de détenus se sont ainsi improvisés cuistots. De la bonne ambiance dans l’air, nécessaire pour supporter la charge du travail qui les attend : faire à manger à plus de 1000 jeunes, dont la plupart sont des adolescents en pleine croissance.
On s’est soigneusement réparti les tâches. Les uns s’occupent donc de préparer le pain par centaines d’unités, d’autres épluchent les légumes, d’autres encore s’occupent de nettoyer instantanément la cuisine pour éviter d’être encombrés. Au menu de cette journée, “des tajines aux sept légumes”, annonce fièrement l’un des garçons complètement absorbé devant une petite montagne de pommes de terre. Ils n’oublient pas les bonnes manières en invitant chaleureusement leurs visiteurs à rester pour le déjeuner…

L’activité ne manque pas !
A l’heure où cette dizaine de bénévoles s’occupent à préparer à manger à leurs co-détenus. Certains fainéants comme il y en a partout s’amusent à jouer du baby-foot dans une salle de jeu, ou encore papotent tranquillement entre copains dans les couloirs du centre.
D’autres, par contre, ne sont pas moins occupés. Le temps qu’ils auront à rester enfermés dans le centre, il y a moyen de le rentabiliser en apprenant un métier ou simplement en poursuivant ou démarrant les études.

L’activité artistique n’est pas des moindres. Ce matin, le professeur de dessin et de peinture est fidèle à son engagement tout à fait bénévole au sein du centre. Abderrahmane Masik, «Haj Abderrahmane», comme l’appellent ses élèves, divise sa classe en deux niveaux, celui des débutants et des plus avancés. “Je leur fais dessiner des choses gaies, qui portent un peu d’optimisme”. Ce jour-là, les quelques artistes en herbe devaient dessiner une table sur laquelle étaient interposés un téléphone fixe et une plante verte. “Le téléphone signifie les bonnes nouvelles et la plante est signe de vie et de fraîcheur. Je ne veux plus les voir dessiner des barreaux ou un torse nu avec une bougie brûlant dessus. Ce genre de dessins classiques toujours liés aux prisonniers. Je veux qu’ils dessinent la vie et l’espoir”, insiste Abderrahmane Masik.

A la sortie du pavillon, un petit jardin parfaitement bien entretenu donne bien de la vie au centre. Une belle ouverture colorée soigneusement proportionnée. Au fond du jardin, les travaux ne sont pas encore terminés… Derrière un si beau travail, trois enfants de la ville de Ben Slimane, incarcérés pour une affaire de vol d’une épicerie dans leur ville. “Cela fait exactement un mois et un jour que nous sommes ici”, précise l’un d’entre eux. Un mois aurait suffi pour les faire intégrer à la vie du centre. “En arrivant, ils étaient complètement effrayés de l’idée de séjourner ici. Ils n’arrêtaient pas de pleurer”, se rappelle Assia El Ouadie. “Quand j’ai appris que chez eux ils travaillaient dans l’agriculture, j’ai pensé qu’il ne fallait surtout pas les enfermer, mais leur donner l’occasion de ne pas s’éloigner de leur environnement. Les trois adolescents ont donc désormais pour tâche de s’occuper du jardinage au sein du centre”, enchaîne-t-elle.

Pour l’anecdote, Assia se rappelle les premiers jours de ces trois enfants lorsqu’on leur a proposé de s’occuper de l’entretien du jardin. La première réaction de l’aîné du trio aurait été de préciser : “A Ben Slimane, on travaillait à 35 dirhams la journée. Combien on nous payerait ici ?”… Les responsables du centre auront pris le temps qu’il faut pour expliquer aux enfants, sans les brusquer, que tout travail ici ne peut être rémunéré. “Vous êtes ici chez vous, tout ce que vous le faites vous le faites pour vous…”, leur signale d’un ton maternel leur désormais «Mama Assia».
Le jardin mène donc au troisième pavillon réservé aux activités de la formation professionnelle. Plusieurs salles autour d’un patio indiquent plusieurs types d’activités auxquelles les jeunes détenus peuvent s’inscrire au choix. Dans la cour, une voiture «Renault 4» est dans tous ses états. Les étudiants inscrits aux cours de mécanique s’en servent comme modèle. Ils la décortiquent, puis la réparent et rebelote. Cette voiture se trouve être leur outil de travail, dont le moteur, les pneus, la carcasse, les portes, et autres pièces, sont faits et défaits sans cesse à chaque fois que les apprentis mécaniciens devaient passer à la pratique.

Étudier en prison, c’est possible
La vie appartient bien à ceux qui se lèvent tôt, et ceci est d’autant plus valable pour les jeunes prisonniers. S’ils sont tous dans l’obligation (ou presque) de se rendre aux classes tous les jours, peu nombreux sont ceux qui se montrent assidus. Certains préfèrent faire la grasse matinée, mais rien n’échappe à l’administration pédagogique du centre qui se trouve être, dorénavant, sous la houlette directe du ministère de l’Education nationale.

Voilà, en effet, un bout de temps que la direction des prisons ne s’occupe plus de l’aspect pédagogique des études au sein du centre. “On a longtemps revendiqué un tel fonctionnement. Les fonctionnaires de la direction des prisons ne sont pas en mesure de tout chapeauter. Il faut que les gens de l’Education nationale s’occupent de l’enseignement, que ceux de la Formation professionnelle s’occupent des ateliers et autres activités et que les professionnels de la Santé publique aient également un bureau au sein du centre. Nous avons réussi à réaliser les deux premiers objectifs, mais les négociations sont actuellement en cours avec le ministère de la Santé pour les faire venir à l’enceinte même du centre”, explique Assia Al Ouadie.

Des problèmes persistent cependant affectant la qualité et la fréquence des cours au sein du centre. Le personnel enseignant au sein du centre est financièrement lésé : “Ils perçoivent leurs salaires avec beaucoup de retard, obtiennent difficilement des augmentations, encore moins des promotions”, s’indigne Assia El Ouadie. Ceci explique bien les grèves répétitives des enseignants du centre…
Parmi eux, il n’y a pas que des personnes détachées du ministère de tutelle. Hamid Farah, professeur des maths dans le centre depuis quelques mois, n’est autre qu’un ancien détenu. Condamné à la peine de mort en 1991, il a bénéficié de la grâce royale il y a 8 mois de cela. Hamid Farah n’a pas pour autant quitté le milieu carcéral.

Il y revient régulièrement, bénévolement, pour assurer les cours de mathématiques aux jeunes du centre. “Pendant les 13 ans que j’ai passé en prison, j’ai été autodidacte, raconte-t-il. Il faut dire qu’il y a dix ans, l’ambiance était tout autre dans une prison même pour mineurs. Nous étions détenus dans des conditions beaucoup plus difficiles. On n’avait pas les mêmes opportunités dont bénéficient ces jeunes aujourd’hui. Ni ateliers, ni classes, ni activités artistiques ni formation professionnelle. Je me rappelle que même les journaux, on se les procurait clandestinement parce qu’on n’avait pas le droit d’en lire au sein de la prison», développe-t-il.

Et c’est tant mieux si les jeunes détenus ont aujourd’hui plus de chance et de possibilité de d’épanouir dans un pareil centre. A signaler que cette année, cinq de ses jeunes détenus se préparent à passer les examens du baccalauréat et envisageraient même de s’inscrire, si tout va bien pour eux, dans des branches universitaires. Ils auront éventuellement la possibilité de suivre des cours universitaires, toujours à l’intérieur des locaux du centre.

Le centre est doté d’un pavillon administratif et social, divisé en deux services, et qui s’occupe exclusivement du suivi social de ces jeunes. D’abord le service de préparation à la réinsertion (SPR). “Parce que la réinsertion de ces jeunes dans la société commence dès le premier jour de leur détention”, précise un accompagnant social dans ce service.
Le deuxième service s’intéresse au «post-carcéral» qui a pour tâche d’accompagner les sortants. Puisque, explique-t-on, il n’est pas question de lâcher les détenus dans la nature sans leur assurer un suivi social, et même psychologique si besoin est. Ce service fait même des tentatives d’insertion professionnelle au profit des détenus ayant bénéficié d’une formation professionnelle pendant la durée de leur détention.
“Un chef d’entreprise qui souhaite garder l’anonymat nous a fait l’immense faveur d’intégrer dans son entreprise 22 jeunes sortants du centre. Il s’apprête actuellement à en intégrer 8 autres. Nous lui sommes très reconnaissants au nom de ses jeunes avec lesquels nous gardons d’ailleurs très étroitement contact”, de conclure, fièrement, Assia El Ouadie.
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 Assia El Ouadie : Une main de fer dans un gant de velours !

Assia El Ouadie a une personnalité qui frappe, un caractère qui marque et des manières qui rassurent ! Par sa sagesse, son regard, ses façons discrètes mais fermes, sa générosité débordante… «Mama Assia», pour les jeunes détenus, a ce petit quelque chose de rassurant. Cette chose qui fait qu’elle arrive à remplacer, le temps qu’il faut, la maman de chacun des détenus du centre, «ses» enfants pendant toute la durée de leur détention, et même à leur sortie…
Que ce soit le centre de réinsertion des jeunes détenus de Aïn Sebaâ, ou toutes les autres maisons de réformes qu’elle dirige à travers le Maroc, Assia El Ouadie le fait d’une main de fer mais dans un gant de velours auquel les jeunes prisonniers sont d’ailleurs bien sensibles. Car derrière l’affreuse muraille du centre, la vie continue, chaleureuse, familiale et utile pour ceux qui savent en profiter. Et cela, c’est en très grande partie grâce au militantisme de cette femme de cœur. Juriste de formation, magistrat de profession pendant plusieurs années, cette native de la ville de Safi, en 1949, a été pour beaucoup dans le changement du monde pénitentiaire au Maroc, notamment pour les mineurs.

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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 23:57

Les détenus mis en cause après les attentats du 16 mai 2003, étaient en grève de la faim pour réclamer une amélioration de leurs conditions de détention.

Cette grève de la faim de 48 heures, entamée le 2O mars dernier par plusieurs détenus, vise à sensibiliser la direction générale des prisons aux revendications des prisonniers salafistes, a déclaré Abderrahim Mouhtadi, responsable de l'association Ennasir, association de soutien aux détenus du 16 mai dernier. Les grévistes de la faim exigent une amélioration de leurs conditions de détention, incluant un meilleur accès aux soins et aux médicaments, a indiqué Mouhtadi. Ils demandent également à être transférés dans des prisons proches de leur famille.

Si ces revendications ne sont pas prises en compte, les grévistes devront entamer une grève de la faim ouverte.

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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 00:00

La libération des prisonniers politiques sahraouis, notamment Ali Salem Tamek, Mohamed Moutawakil et d'autres militants favorables aux thèses séparatistes, est sans doute une question de jours.

Selon certaines sources, la direction de la prison Lakhel de Laâyoune aurait déjà informé les activistes pro-Polisario de l'imminence de leur libération. Mais pour l'instant, c'est l'attentisme qui prévaut. Par ailleurs, les mêmes sources assurent que la libération aura lieu, vraisemblablement, après le discours royal prévu le samedi 26 mars à Laâyoune. Cet acte interviendrait pour "favoriser le climat d'apaisement", souligne un officiel marocain, mais sa concrétisation dépendra de l'évolution de la visite royale au Sahara.

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CoalitionsMaghreb

LE MAROC
Née le 10 octobre 2003, la Coalition Nationale pour l'Abolition de la Peine de mort au Maroc (CNAPM) rassemble aujourd'hui 7 ONG :

L'Observatoire Marocain des Prisons / L' AMDH / Le Forum marocain pour la Vérité et la Justice / L'OMDH / Le Centre pour les Droits des Gens (CDG) / L'association des barreaux d'avocats au Maroc / Amnesty International section marocaine.
LA TUNISIE
a également sa Coalition nationale contre la peine de mort, fondée à Tunis le 14 juin 2007 par 7 ONG de défense des droits de l'Homme et une centaine de personnalités des arts, du spectacle et des lettres.
article

 

 

 

 

 

L'ALGERIE
Le 10 octobre 2009, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme) crée l'Alliance algérienne contre la peine de mort. Un premier pas vers l'abolition !

 

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Algérie, Tunisie, Maroc.
Qui abolira en premier ?

* L'Algérie est le seul pays arabe à avoir voté pour la résolution en faveur d'un moratoire sur la peine de mort adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2007

* La Tunisie. Le président Ben Ali s'était engagé à ne jamais signer l'exécution d'un condamné à mort (interview du Figaro Magazine, nov. 2007). Le gouvernement de transition a annoncé qu'il allait signer le 2ème protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort .

* Le Maroc Le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation comprenant l'abolition de la peine de mort. Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) mis en place par le roi en mars 2011 devrait agir en ce sens.  

 

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Etat des lieux de la peine de mort au Maroc (vidéo)  http://www.dailymotion.com/video/xl8sln_mustapha-znaidi-au-rassemblement-de-soutien-a-troy-davis-a-paris-21-09-2011_news 

 

TORTURE / Sur les 141 pays au monde accusés par Amnesty International de pratiquer la torture, le Maroc figure parmi les cinq États où la pratique de la torture est la plus systématique.

Hchouma !

 
Top 5 des pays exécuteurs : Chine (2400 exécutions!), Iran, Irak, Arabie saoudite, États-Unis  (2013). 
La Chine, l’Iran et les États-Unis ont constamment figuré sur la liste des 5 pays ayant exécuté le plus grand nombre de prisonniers depuis les six dernières années. La Chine est responsable, et de loin, du plus grand nombre d’exécutions.