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Derniers chiffres officiels

113 condamnés à mort attendent leur exécution dans les "couloirs de la mort" au Maroc (2014)
En 2012, 6 peines de mort ont été prononcées au Maroc et 10 en 2013.

Une situation en totale contradiction avec :

  • - les engagements pris par le Maroc avec les instances de droits de l'Homme,
  • - les recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER)
  • - la nouvelle constitution qui se réfère au droit à la vie et au droit international.

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Nouvelle constitution marocaine

EXTRAITS

Article 20 : “ Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droi t”.

Article 22 : “ Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique. (...) ”

Abolition !

Le Maroc sera-t-il le second pays arabe (après Djibouti) à abolir la peine de mort? Le royaume pratique depuis 1993 (date de la dernière exécution) un moratoire de fait.
Le débat
est lancé. Juristes, syndicats et partis politiques sont interpellés. Les associations plus que jamais mobilisées.
Le Maroc renforcera-t-il encore son image de pays soucieux des droits de l'homme en abolissant définitivement la peine de mort ?
liste des articles -

ACTU

L'Afrique en marche vers l'abolition. Le Burundi et le Togo abolissent. Le Kenya commue toutes les condamnations à mort (4000). Le Gabon a définitivement aboli la peine de mort (loi votée en février 2011), suivi du Bénin (en août 2011).

Ailleurs : Les élus du Sénat et de la Chambre des représentants du Maryland (Est des Etats-Unis) devraient voter dans les prochains jours une proposition de loi visant à abolir la peine de mort(fév/mars 2013) 

En Tunisie, bien qu'ayant signé le 20 décembre 2012, avec 109 autres Etats, le moratoire des Nations Unies sur l'application de la peine de mort, la Tunisie continue à condamner à mort. En février 2013, le 12 fév 2013, la chambre criminel de la cour d'appel de Sousse condamnait le tueur en série Kamel Lahouel.

En Algérie, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDDH) reçoit en nov. 2011 le feu vert de la présidence de la République pour entamer un programme national devant aboutir à l'abolition de la peine de mort dans la législation algérienne. Mais pourquoi cette proposition de référendum ?
Au Maroc, le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'IER dont l'abolition de la peine de mort. Un Collectif d'ONG appelait en mai 2011 le gouvernement à adopter l'abolition de la peine de mort et à l'inscrire dans la constitution. La Coalition mondiale contre la peine de mort a tenu son assemblée générale du 24 au 26 juin 2011 à Rabat.Le texte intégral de la réforme de la constitution proposée.
Art. 20 : "Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit".
 

- Le Réseau des parlementaires abolitionnistes ont annoncé officiellement, le 4/04/13 lors d'une rencontre avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, leur participation au 5ème Congrès mondial contre la peine de mort  organisé par ECPM à Madrid du 12 au 15 juin 2013.  

Mai 2014 : Les détenus franco-marocains emprisonnés au Maroc ne sont plus transférés en France en raison de la suspension des accords de coopération judiciaires entre les deux pays. Ils envisagent de recourir à la grève de la faim pour être entendus. Parmi eux, plusieurs se disent victimes de tortures. Le Maroc semble craindre pleuvoir les plaintes pour torture, après l'affaire des plaintes contre le chef de la DGST Abdellatif Hammouchi

- La peine de mort en 2012 : la carte du monde

12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 10:43

Rabat, Maroc - Le président du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH, public), Ahmed Herzenni, s'est prononcé en faveur de l'abrogation de la peine de mort au Maroc et de l'abandon des peines privatives de liberté pour les délits de presse, rapporte lundi le journal local "Al-Maghribia" (La Marocaine). Les tribunaux marocains continuent à prononcer des condamnations à mort, mais cette peine n'a pas été appliquée depuis 1994.

"Nous sommes pour l'abrogation de la peine de mort. Toutes les expériences ont montré que cette peine n'a aucune valeur dissuasive, et que la criminalité ne recule pas dans les pays où elle est mise en application", a souligné M. Herzenni, cité par le quotidien.

Cependant, il a indiqué que certaines conditions devraient être remplies pour favoriser l'application de ces prises de position, estimant que le plus important est que l'opinion publique, les magistrats, les avocats et les oulémas en soient convaincus et non seulement le CCDH.

M. Herzenni s'est également prononcé en faveur de l'abrogation de toutes les peines privatives de liberté du Code de la presse.

Le Code de la presse au Maroc comporte des peines de prison pour "les atteintes" à la religion, à la monarchie et à l'intégrité territoriale du royaume alaouite.

Créé en 1990 par Hassan II, le CCDH a été chargé par le roi Mohammed VI de mettre en oeuvre les recommandations de la commission Instance équité et réconciliation (IER) concernant le règlement des dossiers des violations graves des droits de l'Homme, commises au Maroc entre 1956 et 1999.
 
Rabat - 12/05/2008

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 12:38

Les organisations marocaines des Droits de l'Homme demandent depuis longtemps l'abolition de la peine de mort, que beaucoup considèrent comme une confiscation de l'un des Droits de l'Homme fondamentaux. Toutefois, ce sujet très controversé est loin de faire l'unanimité.

La Coalition Marocaine contre la Peine de Mort est encouragée par le vote intervenu le 18 décembre à l'Assemblée Générale des Nations-Unies, où 105 Etats membres se sont déclarés favorables à une résolution demandant l'abolition de la peine de mort dans tous les pays. Toutefois, cette coalition a fait part de sa déception au vu de "la nouvelle abstention du Maroc lors du vote sur cette question" et exprimé son espoir de voir le pays corriger son erreur et voter en faveur de cette résolution.

Selon cette organisation, une telle abstention est contraire aux obligations internationales du Maroc, en particulier celles que le pays assument du fait de son appartenance au Conseil des Droits de l'Homme. Elle est également contraire au rapport final de la Commission Justice et Réconciliation, approuvé par le Roi Mohammed VI.

Abdelilah Benabdeslam, le coordinateur de la coalition, a déclaré à Magharebia que le Maroc semblait être dans un état de contradiction. Il a expliqué que bien que le pays ait suspendu l'application de la peine de mort en 1993, de nombreuses condamnations à mort continuent d'être prononcées par les tribunaux et que le pays n'a pas encore ratifié la résolution des Nations-Unies.

De leur côté, les partisans de la peine de mort font valoir que la criminalité augmenterait si cette dissuasion était supprimée.

Un compromis entre abolition et peine capitale sans restriction a été proposé par Mustafa al Ramid, avocat et membre du secrétariat général du Parti pour la Justice et le Développement. M. Al Ramid a déclaré à Magharebia: "Nous ne sommes ni favorables à l'abolition complète de la peine de mort, ni au maintien du statut actuel, parce qu'il est terrifiant et horrifiant et n'apporte pas de garanties suffisantes aux accusés. Nous privilégions plutôt un nouvel examen des crimes passibles de la peine capitale… et sa limitation aux seuls crimes dangereux."

Les crimes politiques ne doivent pas être passibles de la peine de mort, a-t-il ajouté.

M. Al Ramid demande également l'activation d'un mécanisme de grâce par les familles des victimes pour épargner cette peine aux auteurs des crimes. De plus, il est d'avis que cette peine ne devrait pas être appliquée en-dehors d'un délai raisonnable (par exemple, dix ans), afin d'éviter les erreurs susceptibles d'être commises par les tribunaux.

Deux semaines avant le vote en session de l'Assemblée Générale des Nations-Unies le 18 décembre, le Ministre de la Justice Abdelwahed Radi avait déclaré au parlement que le Maroc ne se prononcerait pas en faveur d'une résolution des Nations-Unies sur l'abolition de la peine de mort. "La controverse est vive entre les partisans de l'abolition de la peine de mort et les partisans de son maintien. Nous nous abstiendrons de voter l'abolition de cette peine parce que nous n'avons pas encore résolu le problème", avait-il affirmé.

Il avait par la suite ajouté que "le Maroc souhaite ardemment ne pas voir ses tribunaux appliquer cette peine, qui ne nous paraît plus acceptable."

Seules deux des 133 personnes condamnées à mort depuis 1973 ont été exécutées, a ajouté M. Radi. La dernière exécution remonte à quatorze ans.

Naoufel Cherkaoui

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 21:50

La peine de mort a suscité une grande polémique lors de la réunion, mercredi, de la commission de la justice, de la législation et des droits de l'Homme à la Chambre des représentants, en présence du ministre de la justice, Abdelouahed Radi.

Les avis étaient partagés entre les partisans de la peine de mort qui y voient un moyen dissuasif de la criminalité, notamment l'homicide volontaire, et ceux réclamant son abolition car elle touche un droit important des droits de l'homme qui est celui du droit à la vie.

Ainsi, le député Abou Zaïd Al Mokrii El Idrissi du Parti de la justice et du développement (PJD-opposition) a plaidé pour le maintien de la peine capitale. ''Son abolition serait, un faux message pour les criminels et pourrait contribuer à une recrudescence de la criminalité'', a-t-il martelé. Le député du PJD a tenu à rappeler qu'un certain nombre de pays ayant une longue expérience démocratique et en matière de droits de l'homme demeurent attachés à l'application de la peine de mort.

Pour sa part, Latifa Jbabdi du groupe socialiste (majorité) a estimé qu'il est temps d'abolir la peine de mort, estimant qu'elle n'est plus adaptée à l'évolution du concept de la sanction dans les sociétés humaines.

De son côté, Habib Choubani, du groupe du PJD, a relevé que la peine de mort est une "problématique complexe ayant des prolongements religieux et culturels", appelant à l'ouverture d'un grand débat afin de parvenir à une formule consensuelle en harmonie avec les spécificités de la société marocaine.

Le Maroc indécis

A signaler que le Maroc s`est abstenu, lors du vote par l`Assemblée générale de l`ONU d`une résolution instituant un moratoire sur l`exécution de la peine de mort.

"On ne peut pas improviser des positions du jour au lendemain sur ce genre de questions", avait déclaré le ministre de la Justice à l'époque.

Pour rappel, et selon des chiffres officiels, seules deux condamnations à mort ont été exécutées au Maroc depuis 1973, la dernière a eu lieu il y a 14 ans.

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 13:08

La section marocaine d'Amnesty International rêve d'un Maroc exempt de peine mort. Raison pour laquelle elle a choisi de célébrer la journée mondiale de droits humains sous ce mot d'ordre.

A cette occasion, une lettre vient d'être expédiée à l'adresse du ministre de la Justice sommant le gouvernement à «prendre les mesures nécessaires» pour soutenir la résolution onusienne relative au moratoire universel sur les exécutions qui sera votée le 18 décembre par l¹Assemblée générale des Nations unies.

«La peine de mort ne doit pas avoir place dans toute société qui prétend valoriser les droits de l¹homme, l¹intimité de la personne et sa dignité» note Amnesty Maroc, avec l¹appui de nombreux arguments contre la peine capitale.
La violation du droit sacré à la vie, les erreurs judiciaires, le recours à cette peine pour la liquidation d¹opposants politiques, exacerbation des sentiments de revanche et de haine, absence d¹effet dissuasif sue la criminalité.
«Nous vous invitons d¹entreprendre des pas palpables pour garantir, sans retard, la signature et l¹approbation de la résolution» précise la lettre.
Outre cette initiative auprès du gouvernement, Amnesty Maroc organise en collaboration avec le Barreau d¹avocats de Tanger, demain samedi un sit-in symbolique d¹une heure à la place de l¹ONU au centre ville, partir de 16h à laquelle prendront part des acteurs politiques et associatifs favorables à l¹abolition abolitionnistes et défenseurs des droits de l¹homme.
Une table ronde sur le thème «Peine de mort : Où va le Maroc ?» sera organisée et caractérisée par l¹ouverture de pétitions à signer.
Par ailleurs, un atelier de formation sur les techniques d¹éducation sur les droits de l¹homme aura lieu à Marrakech dès ce vendredi.
En commémorant la journée mondiale des droits de l¹homme dans une ambiance de mobilisation en faveur du moratoire sur la peine de mort, Amnesty Maroc lance un appel à la société civile, partis politiques, syndicats et public pour «adhérer à sa campagne visant à l¹abolition de la peine de mort au Maroc et dans le reste du monde».
Il est à souligner que la résolution onusienne relative au moratoire sur la peine de mort a été adoptée en novembre dernier par la troisième commission à une majorité de 99 voix contre 52. Le Maroc a choisi de s¹abstenir à l¹instar de 32 autres pays.

Mustapha Znaidi

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 13:19


Le Maroc s’abstiendra à l’ONU, le 16 décembre prochain, lors du vote de la résolution instituant un moratoire sur la peine de mort. Cette décision est un recul, comparée aux engagements (pour l’abolition) pris par feu Mohamed Bouzoubaâ, l’ex- ministre de la Justice, et feu Driss Benzekri, ex-président du CCDH.

Cependant, une lueur d’espoir persiste : “Le ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, a lancé un appel aux juges pour ne plus prononcer des peines capitales. Et cela ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd”, nous a déclaré Youssef Madad, membre de l’Observatoire marocain pour l’abolition de la peine de mort. Pendant ce temps, 125 condamnés attendent toujours dans les couloirs de la mort.

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 14:00

Le Maroc, pays «abolitionniste de fait», s'abstiendra lors du vote, le 16 décembre, d'une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU instituant un moratoire de la peine de mort.


Le Maroc ne se prononcera pas contre la peine de mort lors du prochain vote par l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution visant à instituer un moratoire de la peine capitale.  L'annonce a été faite, mardi, par le ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, devant la Chambre des conseillers.
«Il y a débat au Maroc entre les abolitionnistes et les partisans du maintien de la peine de mort. Nous nous abstiendrons car nous ne sommes pas  encore arrivés à trancher», a déclaré M. Radi.
«On ne peut pas improviser des positions du jour au lendemain sur ce genre  de questions», a-t-il ajouté. Le ministre a néanmoins précisé que des discussions sont en cours  avec des ONG marocaines abolitionnistes, mais également avec des pays arabes et  musulmans sur cette question.
«Actuellement au Maroc, il n'y a consensus ni sur l'abolition ni sur le  maintien de la peine de mort», a souligné M. Radi.  Mais «le Maroc a une ferme volonté de faire en sorte que les tribunaux ne  prononcent plus ce genre de verdicts qui n'est plus accepté», a déclaré le ministre, ajoutant que depuis 1973, seules deux condamnations à mort ont été exécutées, la dernière il y a 14 ans. À noter que «le nombre de Marocains condamnés à cette peine s'élève actuellement à 125  personnes», a-t-il précisé. Par ailleurs, la résolution qui sera votée le 16 décembre par l'Assemblée générale de  l'ONU avait été adoptée en commission en novembre. Elle engage tous les Etats  qui pratiquent la peine capitale «à instituer un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort».  Un réseau d'ONG marocaines réclame régulièrement l'abolition de la peine de  mort. Le Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) avait soutenu  cette demande. La position du Maroc par rapport à la peine de mort «reste, à plusieurs égards, ambiguë», juge un récent rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH). Le rapport publié au terme d'une mission d'enquête sur la situation de la peine de mort au Maroc, estime que «d'un côté, les tribunaux continuent à prononcer la peine de mort pour des actes de terrorisme comme pour des crimes de droit commun». De l'autre côté, précise le même document, plusieurs manifestations publiques sur la peine de mort ont pu être organisées «avec succès, bénéficiant notamment d'une large couverture médiatique».
De même, souligne-t-on auprès de cette organisation qui regroupe quelque 155 organisation de défense des droits de l'Homme à travers le monde, plusieurs déclarations émanant de représentants des autorités ainsi que du Conseil consultatif des droits de l'Homme,CCDH, sur «une très probable et imminente abolition» ont été faites au cours des dernières années. «Nous souhaitons que la peine de mort soit abolie (...) et, qu'avec le  soutien de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l'interdiction absolue de la peine capitale soit inscrite dans la Constitution», avait déclaré en mars dernier l'ancien président du CCDH, Driss Benzekri, décédé le 20 mai. De même, d'autres acteurs concernés par la question à l'échelle de notre pays, notamment les parlementaires et la société civile, «se sont ouverts au débat sur ce sujet qui, aujourd'hui, ne semble plus tabou», souligne le rapport de l'ONG.
L'organisation note en ce sens, des «développements encourageants» et une «mobilisation croissante» de la société civile au sein de notre pays. En outre, au Maroc aucune personne n'a été exécutée depuis 1993, ce qui en fait un pays «abolitionniste de fait».


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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 03:30

Le Maroc se dirige progressivement vers un règlement de la problématique de la peine capitale, d'abord en diminuant le nombre des jugements, puis en ordonnant des sursis à leur exécution avant de les abolir définitivement, a affirmé le ministre de la Justice, Abdelwahed Radi.

La peine de mort n'est plus acceptée, a estimé M. Radi qui répondait mardi à une question à la Chambre des Conseillers, ajoutant qu'il s'agit d'une problématique compliquée qui, outre sa dimension légale, obéit à des considérations politiques, philosophiques, religieuses et morales, liées aux spécificités de chaque société.

Il n'y a pas d'unanimité au Maroc autour de l'abolition de la peine capitale ni autour de son maintien, d'où l'importance d'approfondir le débat sur cette question, a-t-il souligné.

Parallèlement, le Maroc contribue avec sérieux à ce débat aussi bien au niveau national (associations des droits de l'Homme) qu'international (Nations unies, organisations arabes et islamiques), a affirmé le ministre.

Il a également rappelé le colloque organisé par le ministère de la Justice en 2004 à Meknès, et qui a recommandé le recours à la démarche progressive dans le règlement de cette problématique.

Cette rencontre a constitué un tournant dans ce dossier, a fait remarquer M. Radi, précisant que suite à ce colloque, la nouvelle Loi pénale a diminué de 22 à 11 le nombre des crimes passibles de la peine de mort.

Depuis 1973, 133 personnes ont été condamnées à mort, et seulement deux d'entre elles ont été exécutées, a relevé M. Radi, ajoutant que le dernier cas d'exécution a eu lieu il y a 14 ans et que le nombre des condamnés à cette peine s'établit actuellement à 125 personnes.

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 00:16

La FIDH vient de publier le rapport de sa mission d’enquête réalisée au Maroc sur la situation et qui a pris fin en janvier. Selon l’organisation, l’abolition est «très probable et imminente»

La position du Maroc par rapport à la peine de mort «reste, à plusieurs égards, ambiguë», affirme un rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH). Le rapport qui sanctionne les travaux d’une mission d’enquête sur la situation de la peine de mort au Maroc, estime que «d’un côté, les tribunaux continuent à prononcer la peine de mort pour des actes de terrorisme comme pour des crimes de droit commun». De l’autre côté précise, le même document, plusieurs manifestations publiques sur la peine de mort ont pu être organisées «avec succès, bénéficiant notamment d’une large couverture médiatique». De même, souligne-t-on auprès de cette organisation qui regroupe quelque 155 organisation de défense des droits de l’Homme à travers le monde, plusieurs déclarations émanant de représentants des autorités ainsi que du Conseil consultatif des droits de l’Homme, sur «une très probable et imminente abolition» ont été faites au cours des dernières années. Par ailleurs, d’autres acteurs concernés par la question à l’échelle de notre pays, notamment les parlementaires et la société civile, «se sont ouverts au débat sur ce sujet qui, aujourd’hui, ne semble plus tabou», souligne le rapport de l’ONG.

L’organisation note en ce sens, des «développements encourageants» et une «mobilisation croissante» de la société civile au sein de notre pays. En outre, bien que le Maroc n’ait exécuté personne depuis 1993, ce qui en fait un pays «abolitionniste de fait», souligne-t-on auprès de l’ONG, 133 condamnés à mort, dont 5 femmes, sont toutefois détenus dans les couloirs de la mort des prisons marocaines.

En outre, relève la FIDH, à l’issue de son enquête conclue par une mission de suivi organisée fin janvier, la plupart des acteurs rencontrés se sont prononcés «en faveur d’une campagne en vue de la ratification du Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques». Le document vise, rappelons-le, à abolir la peine de mort. Au terme de sa mission et au regard de ces informations recueillies par ses enquêteurs, la FIDH a adressé, dans son rapport publié mardi 2 octobre, une série de recommandations aux différents groupes concernés.
L’organisation appelle, en premier lieux, le ministère de la Justice à régler les cas, objet de ses engagements pris auprès de la mission lors de la rencontre de janvier. La FIDH l’appelle également à «se conformer aux recommandations faites par l'Instance Equité et Réconciliation à l'issue des ses travaux et abolir la peine de mort dans les plus brefs délais».
En outre, la FIDH appelle les parlementaires abolitionnistes à «adopter une position commune claire». Pour ce qui du collectif des abolitionnistes relevant de la société civile, l’organisation internationale les incite à «coordonner davantage leurs efforts», entre eux et en direction des groupes parlementaires abolitionnistes, afin de «contrer une certaine inertie».
La FIDH appelle, en dernier lieu, la Coalition marocaine contre la peine de mort à, entre autres, s'ouvrir à des intellectuels, des artistes et des personnalités en vue et, à nommer des «ambassadeurs de l’abolition».
Pour rappel, le bureau international de la FIDH, présidé par la Tunisienne Souhayr Belhassen, compte 15 vice-présidents dont la présidente de l’OMDH, Amina Bouayach, et 5 secrétaires généraux parmi lesquels figure le Marocain Driss El Yazami.

Tahar Abou El Farah

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 00:07

RABAT (MAP) - Un appel à un moratoire universel sur les exécutions a été lancé par la Coalition mondiale contre la peine de mort, lors d'une conférence de presse, tenue mardi soir à Rabat, à l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, célébrée le 10 octobre de chaque année.

La Coalition mondiale contre la peine de mort présentera, à cet effet, à l'Assemblée générale des Nations unies une pétition signée par plus de cinq millions de personnes dans le monde appelant à un moratoire sur les exécutions et à l'abolition de la peine capitale.

Compte tenu de ""plusieurs signes encourageants"", le Maroc a été choisi pour lancer cette campagne internationale appelant les Etats à voter pour l'adoption par l'Assemblée générale de l'Onu d'une résolution pour un moratoire universel sur les exécutions de la peine de mort ou à s'abstenir, a indiqué Mme Odile Sidem-Poulain, avocate et ancienne secrétaire générale de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l'Homme.


Le Maroc, a-t-elle ajouté, est en mesure de jouer ""un rôle de leader dans la région du Maghreb"" dans ce domaine, car le pays compte plusieurs ONG, qui mènent une action de sensibilisation contre la peine de mort. Des déclarations de certains responsables vont également dans le même sens, a-t-elle dit.

Pour sa part, M. Abderrahim Jamaï, secrétaire général de l'Observatoire marocain des Prisons a rappelé que la peine de mort est toujours en vigueur au Maroc, notant avec satisfaction que la dernière exécution remonte à 1993 et ce malgré le fait que jusqu'à la fin de 2006 l'on comptait 129 condamnés à mort dont quatre femmes.

C'est pourquoi, a-t-il dit, il est nécessaire pour la Coalition marocaine contre la peine de mort de poursuivre le combat pour l'abolition de la peine de mort et la révision dans ce sens du code pénal marocain.

Le même appel a été lancé par Mme Amina Bouayache, vice-présidente de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme et Présidente de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme, selon laquelle la peine de mort est en contradiction avec la dignité et la liberté de l'être humain. C'est pourquoi, a-t-elle dit, il ne faut pas confondre justice et vengeance que représente la peine de mort et ce dans le but de préserver les droits des citoyens.

Elle a appelé aussi les pays arabes à placer le respect des droits humains au centre de leurs préoccupations et à se prononcer en faveur de l'abolition de la peine de mort, car il s'agit d'une peine inutile qui n'a jamais réussi à protéger la société de ses éléments les plus dangereux et à les dissuader de commettre des crimes.

De leur côté, MM. Abdelilah Benabdesslam, Coordinateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort et Ali Al Dailami, Coordinateur de la Coalition arabe contre la peine de mort et de la Coalition yéménite contre la peine de mort ont rappelé les difficultés auxquelles sont confrontés les abolitionnistes de la peine de mort dans les pays arabes.

Pour sa part, Mme Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort au Liban a livré un témoignage sur ses journées interminables dans le couloir de la mort, notant que son exécution par erreur a été évitée de justesse.

A ce jour, 131 pays ont aboli la peine capitale ou ont renoncé à l'appliquer.

Selon la Coalition mondiale contre la peine de mort, 1591 prisonniers ont été exécutés l'année dernière en particulier en Chine, aux Etats unis, en Iran, en Irak et au Pakistan.

Après cette rencontre de Rabat, organisée en collaboration avec la Coalition marocaine contre la peine de mort, quatre autres conférences de presse sont prévues durant le mois d'octobre à Porto Rico, Kinshasa, Lisbonne et New York pour inviter les pays à voter en faveur de la résolution qui sera soumise à la 62-ème Assemblée générale de l'ONU.

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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 12:31

Sexe, violence et politique. Un super-flic compile depuis 10 ans des enregistrements pornographiques de plus de 500 femmes, de personnalités politiques, médiatiques, etc. TelQuel, qui a pu avoir accès à plusieurs sources parmi les victimes et les enquêteurs, restitue, révélations à l’appui, l'histoire du plus grand scandale de mœurs qu’a connu le royaume.


En fait, l'affaire Tabit a réellement éclaté en août 1992. Bien loin de la scène du crime. Le feuilleton a démarré entre célibataires immigrés dans un appartement loué par des Marocains… dans la banlieue de Milan, en Italie. Les “amis” agrémentent leur soirée bien arrosée par le visionnage de vidéocassettes pornographiques. Première surprise : l'un des enregistrements semble mettre en scène des personnages marocains, comme leur accent le laisse penser. Deuxième surprise, et elle est terrible : l'une des protagonistes du film… est la propre sœur de l'un des spectateurs de la soirée, Saïd, MRE vivant depuis quelque temps en Italie. Le jeune homme essaie de masquer sa surprise et prétexte un besoin urgent de vomir. Il prend congé de ses amis et s'éclipse pour passer, seul, toute la nuit à ruminer des idées noires. Dès le lendemain, il décide de rentrer au Maroc, plus précisément à Casablanca, direction Derb El Kheir à Aïn Chok où réside sa famille. “Au début, il ne nous a rien dit, mais ce n'est que plus tard, lorsqu'il a été passé à tabac par les hommes de Tabit et alors qu'il craignait pour sa vie, qu'il s'est confié à plusieurs d'entre nous, amis du Derb”, raconte aujourd'hui l'un des amis de Saïd, qui vit toujours en Italie.

Le jeune homme, qui presse sa mère de questions gênantes, finit par obtenir le fin mot de l'histoire. Sa sœur Khadija, 18 ans, a fait la connaissance d'un certain “Haj” en 1991, alors qu'elle attendait le bus pour rentrer de Aïn Diab. Et puis un jour, elle n'est pas rentrée au domicile parental. Le lendemain, sa mère, qui a fait le tour de tous les commissariats, apprend que sa fille a été arrêtée la veille en compagnie de plusieurs prostituées pour “racolage sur la voie publique”. Le fameux “Haj”, Mohamed Mustapha Tabit, commissaire principal et puissant patron des RG à Casablanca, est-il déjà derrière cette arrestation, qui vaudra à Khadija un séjour de quinze jours en cellule ? Toujours est-il que la jeune fille, sans doute de peur de retourner en prison, cède définitivement aux avances du Haj chez qui elle emménage pratiquement, dans sa garçonnière du Boulevard Abdellah Ben Yassine, dans le centre-ville de Casablanca.

Saïd obtient l'adresse du Haj et s'y rend pour guetter l'apparition de sa sœur. Elle finit par se montrer, mais dès qu’elle l’aperçoit, elle remonte précipitamment les escaliers qui mènent à la garçonnière. Quelques instants plus tard, une fourgonnette de police s'arrête devant lui et l'embarque de force. Le jeune homme est roué de coups avant d'être bérarqué du véhicule de police, des kilomètres plus loin, sur la corniche casablancaise. “Je me rappelle parfaitement de cet incident. Mais Tabit, qui a tout orchestré de loin, était tellement puissant que les policiers de service n'ont pas osé lui demander la moindre explication”, se souvient aujourd'hui un inspecteur des renseignements généraux à la retraite, qui a suivi l'affaire de près.

Le jeune immigré, qui choisit à ce moment de s'en ouvrir à ses confidents, ne renonce pas pour autant à sa quête. Il change de véhicule pour éviter de se faire repérer et parvient, au bout de 15 jours de filature discrète, à isoler sa sœur qu'il “kidnappe” pour l'emmener chez des amis de la famille. Khadija raconte sa version des faits et Saïd, qui craint le pire, décide alors de filmer la confession de sa sœur. Dès le lendemain, sa décision est prise : il part à Rabat, direction l'ambassade d'Italie. Jouant de sa double nationalité maroco-italienne, le jeune homme déballe tout et le responsable italien, après avoir reçu une copie de l'enregistrement, promet d'en toucher un mot à l'un de ses amis au gouvernement marocain. Cet ami n'est autre que Abdellatif Filali, alors premier ministre. Ce dernier en informe le roi qui, après s’être informé, décide rapidement de mettre Haj Tabit hors d'état de nuire.

Hassan II, qui a probablement en tête l'idée d'une purge dans le corps de la police, décide de confier l'affaire à la gendarmerie royale, dirigée par Housni Benslimane. “On nous a prévenus de Rabat que des pontes de la gendarmerie allaient se lancer dans une enquête extrêmement sensible et que nous devions rester à leur disposition, notamment pour la rédaction des PV et la mise à leur disposition des noms et adresses des personnes qu'ils voulaient arrêter ou interroger. Mais nous ne savions pas vraiment de quoi, ni de qui il s'agissait”, se souvient notre source aux RG.

Les investigations sont menées par un corps d'élite formé par des hommes de confiance de Benslimane. Dès septembre 1992, les convocations et les dépositions se multiplient.

Le 2 février 1993, sans prévenir la police, une brigade de la Gendarmerie effectue une descente dans la garçonnière de Tabit. Le butin saisi est inestimable : 118 cassettes vidéo mettant en cause plus de 518 femmes et nombre de personnalités du monde politique, syndical, médiatique ou financier. La panique est à son comble quand l'information finit par faire le tour du pays. “Jusqu'à présent, il y a encore de grosses pointures du monde politique qui se demandent si on n'a pas gardé sous la main quelques cassettes à toutes fins utiles”, avance aujourd'hui encore l'un des enquêteurs. Quatre jours après la découverte du butin, Tabit est interpellé. Le scandale public peut éclater.

Brillant mais “déséquilibré”

Mais qui était donc Mustapha Tabit ? Et comment en est-il arrivé à provoquer un scandale aux dimensions aussi extraordinaires ? Début de réponse fournie par cet enquêteur de la gendarmerie, qui a participé à la préparation de son arrestation : “Humainement, il avait une structure mentale complexe. Professionnellement, il était aussi brillant que puissant…”. Détail que beaucoup ignoraient au moment des faits : Tabit a été instituteur (d'arabe) avant d'être policier. Affecté à Béni Mellal après un baccalauréat décroché en 1970, le jeune homme, fraîchement marié, semble mal vivre sa vie de couple. “Un policier connu dans la ville harcelait sa femme de ses avances. Un jour, et suite à une altercation, il a même réussi à envoyer Tabit en prison sous prétexte qu'il aurait insulté les institutions sacrées du royaume”, révèle notre source. Relaxé, le jeune instituteur continue de subir le chantage du policier. Tabit, et c'est là une autre révélation inédite, plonge dans la dépression. Il boude de plus en plus l'école, mais aussi le domicile conjugal, et se fait suivre en psychiatrie. “Quand on a consulté son dossier, on a su qu'il avait multiplié, à l'époque, les épisodes de dépression. Dans sa détresse, il a développé un complexe d'infériorité poussé à l'extrême, au point de faire une fixation sur les femmes, auxquelles il cherchera en permanence à prouver sa virilité”, raconte notre source. De fil en aiguille, le jeune homme finit par abandonner son poste d'instituteur, son couple, et Béni Mellal par la même occasion. En 1974, il franchit le pas et postule… à l'Académie de police de Kénitra.

Brillant, le jeune Tabit réussit facilement le concours d'entrée et décroche haut la main le grade d'officier. Il rejoint les RG même si, comme cela nous a été confirmé, il flirtera jusqu'au bout avec la DST. Pour son baptême de feu, Tabit choisit d'être affecté… à Beni Mellal, sans doute pour régler ses comptes avec le passé. Pas de chance, son ennemi juré, le fameux commissaire, a déjà été muté. Et personne ne saura si l'inimitié entre les deux policiers a eu une suite.

Finalement affecté à Casablanca, l'officier prend rapidement du galon. Sa fonction de commissaire des RG aidant, il établit un vaste réseau d’informateurs et le tout Casablanca n'a bientôt plus de secret pour lui. “Nul ne sait comment ça a commencé, mais il a finit par filmer des personnalités, marocaines mais aussi étrangères (officiels, hommes d'affaires) en pleins ébats sexuels”, explique l'une de ses sources. Tabit filme pour le compte de la police, mais aussi pour le sien. Et il compile les vidéocassettes.

Acteur et metteur en scène
Le commissaire utilise du matériel de pointe, généralement des Betacam incrustées partout dans le studio aménagé au Boulevard Abdellah Ben Yassine, où il invite des “amis”, par dizaines. Il filme aussi à l'intérieur de villas et d'appartements, généralement contrôlés par les services, dans d'autres villes du royaume. “Beaucoup de ces parties fines étaient à usage strictement personnel. Le commissaire y a d'ailleurs maintes fois convié ses propres amis, qui n'étaient pas toujours des policiers. Il lui arrivait aussi de confier le double de ses clés à l'un de ses nombreux proches”, poursuit notre source.

L'homme, qui a l'habitude de ratisser du terrain, chasse partout : à la sortie des hammams, devant la fac, au retour de la plage, etc. Les “prises” du commissaire sont parfois consentantes, séduites par l'élégance d'un homme au verbe facile. D'autres femmes sont prises de force, avant d'être filmées à leur insu et victimes, la plupart du temps, de chantage par la suite. C'est ainsi que le commissaire parvient, au fil des années, à se constituer une impressionnante collection de cassettes mettant en scène pas moins de 518 femmes. Détail : 184 d’entre elles, plus ou moins consentantes, sont des proches (épouses, sœurs, filles) de flics. Comme si la blessure de Béni Mellal, du temps où le commissaire était encore instituteur, le lançait toujours.

Publiquement, Mustapha Tabit, alias Haj Hamid (ou Mohamed), cultive l’image d’un homme à la piété exemplaire. Remarié depuis l'épisode de Béni Mellal, l'homme fort des RG à Casablanca a effectué plusieurs fois le pèlerinage de la Mecque et n'a pas l'habitude de boire, ni même de fumer. Le vendredi, il est rare, pour ne pas dire exceptionnel, qu'il rate la rituelle prière d'Addohr à la mosquée. L'une de ses nombreuses victimes raconte : “Il lui arrivait d'interrompre le coït pour faire ses ablutions et s'isoler pour les besoins de sa prière… Parfois, le vendredi, il quittait précipitamment la garçonnière le temps d'effectuer sa prière à la mosquée du quartier et revenir reprendre ses activités, comme si de rien n'était. C'est comme s'il y avait deux personnages en lui !”.

Les enregistrements vont de l'anecdotique aux scènes les plus hard. Sado-maso, flagellation, viols authentiques et déflorations sont légion. Et le trash n'est jamais loin, comme nous l'explique cet enquêteur qui a eu droit à de longues séances de visionnage : “Le plus dur, parfois, était les paroles, les dialogues échangés. Le Haj pouvait insulter, frapper, regrouper deux sœurs, une mère et sa fille, dans le même lit, et passer allègrement de l'une à l'autre”. Des flics, mais aussi des magistrats, des journalistes renoncent à regarder les enregistrements jusqu'au bout. Trop insoutenable. Mais toutes les images ne sont pas aussi “chocs”. “Sur certains enregistrements, on avait l'impression d'assister à un authentique film porno amateur. Un peu mal filmé, avec de vrais acteurs, des personnes consentantes”.

Grâce aux multiples caméras planquées dans la garçonnière, Tabit varie les angles de vue, les plans. Sur certains enregistrements, il réussit même à réaliser de surprenants montages. Comme la fameuse cassette 32, une sorte de “best of” de toutes les bandes existantes, où Tabit, cette fois, disparaît de la scène pour laisser la place à diverses célébrités marocaines dans des positions compromettantes… L'une de nos sources explique : “Le commissaire avait dédié des enregistrements à telle ou telle personnalité, ce qui semblait parfaitement rentrer dans l'exercice habituel de sa fonction (faire chanter et collaborer des icônes du monde des affaires ou de la politique). Mais sur cette fameuse cassette 32, il a rassemblé, par un subtil jeu de montage, un cocktail de personnalités et de situations sexuelles provenant de séances différentes, étalées sur de nombreuses années”. Cette cassette, on le sait, a disparu par la suite du dossier d’accusation… pour ne plus jamais réapparaître.

La chaîne de production (le terme n'est pas exagéré) est alors si bien huilée, et les complices tellement nombreux, que le commissaire en arrivent à s’assurer les services d'un célèbre gynécologue, souvent sollicité pour des avortements ou des réfections d'hymens. Notre enquêteur confirme : “Il arrivait que l'une des filles supplie Tabit de ne pas la toucher, arguant qu'elle était vierge et promise à un mariage très prochain. Le commissaire pouvait parfaitement passer outre, la déflorer, avant de l'expédier dès le lendemain chez le gynécologue !”. Il est utile de savoir que pendant ce temps, Tabit continue à suivre ses différents traitements psychiatriques. L'argent (du racket) n'est pas son seul moteur, il y a autre chose, le besoin, probablement, de (se) prouver sa virilité. “A la fin d'une séance de groupe, il pouvait demander à l'un de ses partenaires, sans arrêter l'enregistrement : alors tu m'as trouvé comment ? Je ne t'ai pas épaté, je ne l'ai pas fait souffrir, hein ?”.

Que se passe-t-il alors exactement dans la tête du commissaire que le tout Casablanca connaît déjà ? Quels usages personnels a-t-il pu faire de tous ces enregistrements étalés sur près de dix ans ? Aujourd'hui encore, il n'existe guère de réponse définitive. “Tabit collaborait avec la police secrète (DST, DGED) et lui rendait de menus services, notamment via les enregistrements qui ont permis de piéger diverses personnalités. Mais il ne se contentait pas de cela et, avec le temps, il est devenu de plus en plus incontrôlable”, fait remarquer notre source. Personne ne peut certifier, aujourd'hui, que le commissaire n’a pas aussi écoulé sa “marchandise” dans différents réseaux internationaux de pornographie. Chose qui expliquerait notamment l'arrivée de la fameuse vidéocassette, mettant en scène Khadija, jusqu'en Italie.

Le feuilleton de l'année 1993
Quand Tabit est arrêté, en février 1993, ce ne sont pas les raisons de l’inculper qui manquent. Plusieurs femmes avaient déposé plainte contre lui, mais sa puissance et les dossiers sulfureux qu'il consignait avec soin sur tout un chacun, du simple inspecteur au wali, en passant pas le préfet de police ou encore les magistrats, faisaient de lui un personnage intouchable. Pour le traîner devant la justice, il a donc suffi de piocher. L'une de ces affaires remonte à l'été 1990, quand le commissaire Mostafa Benmaghnia, chef de la police judiciaire de Hay Mohammadi, reçoit dans son bureau une jeune femme de 26 ans, qui insiste pour déposer une plainte pour viol contre un certain “Haj Hamid”, le nom d'emprunt habituellement utilisé par Tabit. Benmaghnia se souvient des faits : “Selon les dires de la plaignante, Haj Hamid l'aurait menacée avant de l'introduire de force dans son appartement et de la violer. Je n'ai eu aucun mal à recouper le numéro d’immatriculation du véhicule avec celui de Tabit, célèbre patron des RG à Casablanca”. Benmaghnia confie la patate chaude à son supérieur hiérarchique, Ahmed Ouachi, commissaire divisionnaire et chef de la sûreté de la préfecture de Hay Mohammadi-Aïn Sebâa, lequel avise également sa hiérarchie. Les choses en restent là. Quelques jours plus tard, Benmaghnia est surpris de recevoir un télex du cabinet de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale) qui le somme de quitter la PJ du Hay Mohamadi pour retourner à son ancien poste dans l'arrondissement de Casa-Anfa. L'affaire est ainsi enterrée, oubliée, jusqu'en 1993, avec le démarrage du procès Tabit.

L'instruction lancée dans la précipitation va ainsi déterrer toutes ces histoires et bien d'autres, pour animer le feuilleton de l’année 1993. La consigne est alors répercutée sur l'ensemble des appareils sécuritaires et judiciaires du pays, pour enfoncer au maximum le commissaire. En plus d'être un gigantesque scandale de mœurs, l'affaire Tabit est éminemment politique. Le procès, qui s’ouvre le 18 février, est ainsi marqué par de nombreux vices de forme. L'homme va être soumis à la torture à plusieurs reprises et des témoins de l'époque parlent “d'un procès expéditif où le commissaire fut tout le temps sommé de se taire”.
La sentence tombe le 15 mars : Mohamed Mustapha Tabit est condamné à la peine de mort pour “attentat à la pudeur, défloration, viol avec violence, rapt et séquestration d'une femme mariée, actes de barbarie et incitation à la débauche”.
Une trentaine de personnes, dont des policiers et des victimes, sont condamnées à diverses peines de prison, allant jusqu'à 10 ans. Septembre 1993, Tabit est passé par les armes. Driss Basri, alors tout puissant ministre de l'Intérieur et patron de la DST, saisit l'aubaine pour opérer une purge à la tête de la DGSN. La famille de Tabit et ses victimes seront longtemps - et injustement - stigmatisées, parfois en public. L'une des personnes incarcérées dans la foulée du procès, un gradé de la police, meurt en détention. Un autre gradé, même gracié des années plus tard, après avoir été jeté en prison, n'a jamais pu réintégrer la fonction publique : il gagne aujourd'hui sa vie en conduisant un grand taxi…

Abdellatif El Azizi

 


 

Tabit face à la mort. Le film de son exécution

Tabit, contrairement aux usages, n'aura pas passé plus de six mois dans le couloir des condamnés à mort de la Prison centrale de Kénitra. Arrêté en février 1993, il a été exécuté le 5 septembre de la même année. Ce jour-là, à l'aube, le quartier des condamnés à mort s’éveille au chant du muezzin, appelant à la prière d'Al Fajr. Haj Tabit fait sa prière. La dernière d'une vie particulièrement mouvementée. Puis l'homme est conduit à l'extérieur de la prison, à quelques kilomètres de Kénitra. Une section des Forces auxiliaires fait le guet. Le poteau est déjà planté. Un groupe de personnalités est là pour assister à l'exécution de la sentence : le directeur de la prison, le médecin de service, des magistrats, en plus de Housni Benslimane, patron de la gendarmerie, d'Ahmed Midaoui, fraîchement nommé directeur général de la police, et de Mohamed Lididi, directeur de l'administration pénitentiaire. Pour sa dernière volonté, le commissaire demande au juge Lahcen Tolfi (l'homme des missions délicates, le même qui a jugé des affaires aussi célèbres que celles des Saoudiens présumés terroristes en 2002, de Slimani et Laâfora, etc.) la permission de communiquer à sa femme un numéro et le prénom d'une personne. Le magistrat accepte la requête et lui demande de prononcer la “Chahada” avant d'être conduit devant le peloton d'exécution. Face aux fusils braqués sur lui, Tabit s’est montré digne. “Je suis condamné pour des choses que tout le monde fait. Sauf que les gens qui ont été condamnés avec moi n'ont rien à voir avec cette histoire !”, aurait balbutié le condamné. Sa famille, à laquelle on a injustement refusé de le voir avant son exécution, a reçu plus tard son corps dans un cercueil scellé. La tombe de Tabit se trouve, depuis, au cimetière dit Rawdat Chelh à Casablanca


 

 

 

 

Questions. Les énigmes de l'affaire Tabit

Plus d'une décennie après le fameux procès du commissaire véreux, de nombreuses questions sont restées sans réponse.

1. Pourquoi le fameux enregistrement n° 32 (impliquant des personnalités politiques de premier plan), dont Tabit a constamment réclamé le visionnement par la Cour, n'a-t-il pas été retenu parmi les pièces à conviction, ni même consigné dans les PV établis à l'époque ? Selon des témoins du procès, à chaque fois que le commissaire évoquait cette cassette vidéo, il provoquait une panique indescriptible au sein du Tribunal et la Cour levait immanquablement la séance.

2. Pourquoi le commissaire a-t-il été sauvagement torturé alors que les pièces à conviction étaient en possession des enquêteurs et que l'homme n'a pas véritablement nié ce qu'on lui reprochait ?

3. Pourquoi la famille du commissaire a-t-elle été privée de le voir une dernière fois, la veille de son exécution ?

4. Pourquoi le cercueil qui a été enterré au nom de Tabit au cimetière de Rawdat Chelh à Oulfa a été scellé et la famille empêchée de voir le corps de leur proche ?
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Published by Abdellatif El Azizi - dans Presse Maroc
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CoalitionsMaghreb

LE MAROC
Née le 10 octobre 2003, la Coalition Nationale pour l'Abolition de la Peine de mort au Maroc (CNAPM) rassemble aujourd'hui 7 ONG :

L'Observatoire Marocain des Prisons / L' AMDH / Le Forum marocain pour la Vérité et la Justice / L'OMDH / Le Centre pour les Droits des Gens (CDG) / L'association des barreaux d'avocats au Maroc / Amnesty International section marocaine.
LA TUNISIE
a également sa Coalition nationale contre la peine de mort, fondée à Tunis le 14 juin 2007 par 7 ONG de défense des droits de l'Homme et une centaine de personnalités des arts, du spectacle et des lettres.
article

 

 

 

 

 

L'ALGERIE
Le 10 octobre 2009, la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme) crée l'Alliance algérienne contre la peine de mort. Un premier pas vers l'abolition !

 

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Algérie, Tunisie, Maroc.
Qui abolira en premier ?

* L'Algérie est le seul pays arabe à avoir voté pour la résolution en faveur d'un moratoire sur la peine de mort adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2007

* La Tunisie. Le président Ben Ali s'était engagé à ne jamais signer l'exécution d'un condamné à mort (interview du Figaro Magazine, nov. 2007). Le gouvernement de transition a annoncé qu'il allait signer le 2ème protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort .

* Le Maroc Le mouvement du 20 février demande l'application des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation comprenant l'abolition de la peine de mort. Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) mis en place par le roi en mars 2011 devrait agir en ce sens.  

 

________

 

Etat des lieux de la peine de mort au Maroc (vidéo)  http://www.dailymotion.com/video/xl8sln_mustapha-znaidi-au-rassemblement-de-soutien-a-troy-davis-a-paris-21-09-2011_news 

 

TORTURE / Sur les 141 pays au monde accusés par Amnesty International de pratiquer la torture, le Maroc figure parmi les cinq États où la pratique de la torture est la plus systématique.

Hchouma !

 
Top 5 des pays exécuteurs : Chine (2400 exécutions!), Iran, Irak, Arabie saoudite, États-Unis  (2013). 
La Chine, l’Iran et les États-Unis ont constamment figuré sur la liste des 5 pays ayant exécuté le plus grand nombre de prisonniers depuis les six dernières années. La Chine est responsable, et de loin, du plus grand nombre d’exécutions.